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Voici donc le recit de mon voyage seule en Chine a l ete 2008, du 14 juillet au 20 aout.
Pour en faciliter la lecture j ai inverse l ordre des posts pour que vous puissiez les lire dans l ordre de leur ecriture.
Ni accent, ni apostrophes, ni guillemets- clavier special oblige- je vous laisse deviner.
L'integralite de mes photos se trouve sur Flickr, cliquez sur les albums puis choisissez l option detail pour voir les photos en entier, et non en petits carres mal decoupes!!!
http://www.flickr.com/photos/23670999@N04/sets/
Si vous avez des questions concernant cet itineraire, n'hesitez pas a me contacter!
Quelques livres, liens internet pour poursuivre le voyage:
LIENS
D'autres photos recoupant mon voyage sur le blog de mon ami marc:
http://hastenteufel.name/blog/
...et une jolie reflexion sur le voyage en solo sur le blog de cette jeune femme:
http://chambre110.blogspot.com/2008/07/catalanne-chili-mai-2006.html
LIVRES
(en anglais le plus souvent, mais une recherche chez un libraire en ligne avec le nom de l auteur vous permettra de voir s il existe une traduction en francais...)
-GUIDES: Le Lonely Planet n est pas extraordinaire pour la Chine, mais reste indispensable. Preferez les guides Time-out pour les villes comme Hong-kong ou Shanghai (mais le lonely est tres bien aussi a hong-kong pour les ballades dans les nouveaux territoires..)
BEAUX LIVRES
China revealed:a portrait of the rising dragon, Basil pao
Magnifique livre de photos, couvrant toute la chine et plein d infos sur les differentes regions traversees...Pas trouve mieux!
-FICTION:
Fleurs de Chine , Wei Wei
Destins de femmes entrecroises, dans la chine de la revolution culturelle a nos jours. Tres beau livre, plein d histoires passionnates , et ue exploration intime des mentalites chinoises...a lire!
La montagne de l'ame, Gao Xingjiang
Du lourd, du serieux...un prix Nobel! Long voyage poetique a pied a travers la Chine...A lire plutot au retour ou apres avoir lu d autres livres plus facile, sinon on risque de se perdre un peu! pour amoureux confirmes ;)
Son travail d artiste peintre en revanche est tres accessible et merveilleux!
-NON_FICTION
Tao-to king, Lao-tseu
le grand classique pour tenter de comprendre la pensee philosophique taoiste. A glisser dans la poche partout avec soi...des textes tres courts, souvent d une beaute et d une verite fulgurante..parfois plus obscurs...
River Town , Peter Hessler
....immersion dans une petite ville du Sechuan avec Peter Hessler tout juste debarque en Chine en 1997 pour enseigner l'anglais...magnifique et plein de rencontres d une grande humanite. C'est lui qui m'a fait tomber en amour avec le sechuan!
Oracle Bones, Peter Hessler
....la suite, Peter est devenu journaliste a Pekin, toujours tres interressant, mais ce second livre m a moins touche...
China Road, Rob Gifford
Le meilleur livre pour comprendre la Chine d aujourd hui et ses racines historiques, le beau voyage plein de rencontres passionnantes d un journaliste base en chine , sur la route qui relie Shaghai au Kazakhstan. A lire absolument. Vision tres synthetique et subtile, et profonde comprehension des enjeux de la chine d aujourd hui, et cours d histoire express meme pas barbants!
Colors of the Mountain, Da Chen
Recit d une enfance dans la campagne chinoise pendant la revolution culturelle, d un enfant stigmatise a cause des origines bourgeoises de sa famile. Incroyablement touchant, ecrit simplement mais formidablement bien, prennant, passionnant! Les quelques pages sur la durete du travail dans les rizieres sont inoubliables, on en sort marque au fer rouge.
Cousin Felix meets the Buddha, Lincoln Kaye
Quelques annees en chine avec ce journalitse marie a une taiwanaise. Style magnifique, extremement litteraire, et une decouverte tres poussee, tres intime de la Chine. Parfait pour aller plus loin, pas pour commencer...
Chemins de poussiere rouge, Ma Jian
Lemouvante traversee de la chine rurale par un dissident chinois au debut des annees 80. Passionnant, et plein de decouvertes sur ce qu etait la chine a cette epoque pas si lointaine
Les Cygnes sauvages, Jung Chang
Fameux best-seller encore interdit en chine aujourd'hui. Un pave a s'offrir absolument (d occase ca doit se trouver facilement...), a travers le destin de la grand mere, la mere et la fille, c est toute l histoire de la chine contenporaine qui defile. On apprend enormement de choses (pas toujours gaies...) c est bien ecrit et tres emouvant. Un must.
Riding the iron Rooster, Paul Theroux
Voyage en train a travers la chine il y a 20 ans...L auteur un peu pedant agace parfois, mais son rythme nous entraine sans peine de train en train, de provinces en provinces das ce voyage qui dura un an...beaucoup de choses iterressantes a decouvrir.
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Publié à 11:52, le 9/09/2008, Mots clefs :
Hello Hongkong, Bye Bye S ingapore et la tranquilite...bienvenue a ...tout et nimporte quoi!!!
Ca commence vraiment peinard, un petit tour en bus (moins cher et plus sympa que le fast train!!!) me voila a central...jusqu ici tout va bien , tout le monde il est sympa et en fait des tonnes pour maider a trouver mon chemin...eh oui, mon couchsurfer qui devait venir me chercher a l aeroport s est excuse, il est parti faire un tour a macau, il revient vers 17h, pas de probleme on s appelle...sauf quil veut toujours pas me donner son addresse...bon peut importe, zen , je trouve sans soucis la consigne a bagage, et en avant...
Premiere etape , une agence pour booker mon train pour shangai, premier probleme, plus de place lundi prochain...pas grave je passerai par guangzhou, et les seules places qui restent c est n importe quoi...depart guangzhou 8 h du mat, arrivee a....4h20 du mat le lendemain exactement...top cool...le tout coute une 15 aine d euros en plus, plus la chambre d hotel a guangzhou...pas grave welcome china!!!!
Aprem sympa a trainer dans les trues prendre les fameux escalators qui montent de central a mid levels, chercher des cafes wifi (y en a quasiment pas!!!!ben non, gratuit y a pas du tout!!!) et papillonner de premieres impressions en premieres impressions...la foule..la vitesse a laquelle les gens marchent (rien a voir avec singa!!!) le bruit partout, le bip bip bip strident des feux et stressant quand ils passent au vert...vite vite vite courrez, faut pas trainer la c est vert!!!les rue
s et trottoirs etroits...le corporate feeling partout quelques belles pieces d architecture moderne au passage, un new york qui aurait retreci au passage, tout compresse ave en plus des pentes a 45 degres...puis NYC toujours, la ca devient tendance chinatown, les vieux quartiers de negociants avec les magasins plein de caisses et porteurs partout, les odeurs de poisson seche et de plantes aromatiques bizarres, les immeubles colles les uns aux autres partout le vieux vieux vieux bien crade et le rutilant, le vieux surtout le vieux et des tours partout, des tours d appartements collees en rang serres designs annees 70, la foule, la vitesse, marcher marcher marcher...
je n en peux plus!!! ca tombe bien c est l heure , 5 heure, mon couchsurfer va m appeler d un instant a l autre...5h 5h30 6h...je suis toujours sur ma terasse de starbuck ou tout le monde vient trainer et personne consomme et tout le monde s en fout et non y a pas de wifi....6h30 toujours rien...pas d appel...je lance un timide sms..pas de repomse, je commence a sentir l arnaque, je pars reperer la station de metro, bouger, pas laisser l enervement , la deception monter...presque 7h...j appel...rien appel coupe, 3 fois..je m enfonce dans le metro, je connais mon sort, ma destination...mirador mansions...
ca sonne pas top et c est pas to
p...juste un poil au dessus que les fameuse chongking houses,,juste un poil,,,dehors c est crade , facade lepreuse de chez lepreuse, dedans shopping center 7s plein de boutique d indiens, tailors, sac and co,,,et normalement des guesthouses aux etages....du pire au tres propre safe correct.....queue de folie aux ascenseurs et escaliers..pisseux..sentant la pisse...bref, je le savais, l accueil est peu ragoutant... je le savais aussi, c est un labirynthe et c est tres dur de trouver la guesthouse recommandee dans le guide...je me lance...echec total, rien qui ressemble a une guest correcte, il est presque 20h et j ai pas de chambre...heureusement juste mon petit sac avec moi, le gros toujours en consigne, mais quand meme...epuisee (levee a 4 h) , sur les nerfs..melange de colere, de tristesse de deception de sentiment de trahison...je trouve pas guesthouse, je redescends par les escaliers pisseux, un garde gentil m aide..une guest recommandee a un comptoir a cote d un ascenseur, mais y a personne..un jeune chinois vraiment je m en foutiste tient le stand a cote, il appelle quelqu un, un indien vient...je me doute de l arnaque, lilly guesthouse c est chionis comme nom, ca pas indien...ca se confirme quand on depasse l etage indique dans le guide, oui oui lilly c est des amis, c est aussi bien ici, on file les chambres quand c est complet a lilly...je suis pas dans une guest clean, je le sais, c est un plan d indiens...mais bon la chambre est presque propre il est 20h je suis a bout de nerfs, j ai vu aucune autre guest je suis paumee, j ai besoin de savoir que je peux dormir quelque part, je file mes dix euros, je signe..je laisse rien dans la chambre, je pars chercher mon sac...en cherchant l ascenseur je vois la super guest recommandee par le lonely, je parle a la patronne , adorable, me renseigne pour le lendemain, quand je lui dis ou je passse la nuit elle fait la tronche...hum hum...pas grave, je pars chercher mon sac...metro couloirs ascenseur..
tout est bon...ouf...je suis de retour...dans l ascenseur avec moi 4 indiens...tiens ils vont au meme etage..tiens, ils ont vraiment des tres tres tres sale gueules...yeux injectes, silences pas naturels chez des indiens, traits fermes, marques, emprunts d une certaine mechancete...franchement ils font peur..je les laisse sortir avant moi,,,,oh surprise!!!! ils vont a ma guest...ni une ni deux je file a la guest de la patronne (chinoise) sympa et aux chambres impeccables.. je fais un coup de blonde perdue dans hong kong...j ai besoin d aide svp...et j obtiens une jolie chambre avec fenetre vast
e et tout et tout pour 20 euros,,,tant pis pour mes 10 euros, ma securite avant tout...franchement les mecs avaient une tres tres sale tronche, franchement je pense que je craignais rien (la patronne m a dit, il me serait rien arrive la-bas...) mais je pouvais...quoi dans la chambre a cote? des deals pas cleans? de la drogue? des putes, ce soir je pouvais pas...
au final super chambre,je me plains pas...et une copine, la patronne qui m a prise sous son aile...quant au couchsurfer debile qui me plante a 19h...qui me text meme pas une excuse bidon...?ben, sans commentaire, c est juste immonde de faire ca a une nana qui debarque pour la premiere fois dans un endroit qu elle connait pas...the hell with him!!!
moralite: toujours suivre son instinct, je le sentais pas le mec, je le sentais pas du tout, trop desinvolte...
moralite 2: plus jamais de couchsurfing chez les riches, ils connaissent rien a la vie...
moralite 3: toujours acheter la vodka hors taxe a l aeroport pour offrir au couchsurfer, au pire des cas elle sera la pour vous reconforter si les choses tournent mal...
allez! bon 14 juillet!!!
Day 2
Enfin des nouvelles de mon couchsurfer..il est a osaka...ben evidemment, je pouvais toujours attendre...urgent business...oui oui, mais bon, un petit message aurait ete sympa...histoire de prevenir, meme au dernier moment...
enfin bon...apres une courte nuit me revoila a 7h30 du mat a l assaut des trottoirs encombres de salary men...hi ho hi ho..c est l heure d aller au boulot...je descends vers le sud , vaguement vers le depart des stars ferries...rien d ouvert...pas un 7/11 pas une echoppe qui vendrait un bon porridge de riz...pas un coffee shop..rien...star ferries station enfin, salary men toujours et...guere mieux...je finis par degotter un starbuck et emporte mon cafe et une vague viennoiserie dans l espoir de deguster mon petit dej devant la jolie vue sur la skyline de honk kong island...mais rien pas un banc...je me pose sur un bout de pave dans un recoin du port, c est calme, c est beau, ca fait du bien...plus tard j arrive au parc de kowloon en remontant ...curieux melange de jardin et d attractions...tres tres structure, pas terrible...mais trouver enfin de la verdure!!!! ouf je respire!!! c est dans le coin du parc que j apprecie vraiment ce moment de tranquilite...ca sent l eucalyptus et la serenite...un groupes de vieux hong kongais se retrouvent la pour repeter des chants et musiques traditionnelles tandis que plus loin dautres pratiquent leur tai chi quotidien...l ambiance enfin est douce, opresque chaleureuse, zen et humaine...je decouvre que c est la part de shanghai que je prefere...le shanghai des vieux, de ce qui n ont plus
besoin et ne peuvent plus courrir partout tout le temps...l apres midi je decouvre plein de micro >jardins<, trois arbres et 4 bancs, peuples de vieux monsieurs reunis pour jouer aux echecs chinois, bavarder ou juste s assoir la et regarder passer la vie effrennee des autres...que des hommes, pas de femmes, sauf tot le matin...a croire qu elles, elles ne s arretent jamais, ou qu il n est pas correcte de le montrer...les femmes a l interieur...ou discutant longuement au bord du trottoir a l occasion d une petite course qui du coup les occupera une heure ou deux...
un hong kong au ralenti, a l arret que j aime tout de suite, tant le rythme effrayant de la ville me deplait, je ne me fais ni a la foule ni au bruit ni a la vitesse...c est comme un grondement constant d aggressivite, une maree sourde et butee qui engloutit tout et ne laisse le temps ni de vivre ni de respirer...je me souviens de new york et je ne sais plus, etait-ce pareil ou moins asphyxiant, ai-je seulement une douzaine d annee de plus et moins d energie pour apprecier le de ces megalopoles?...c est presque angoissant cette concentration incroyable d activites, d hommes et de marchandise dans un si petit espace, et tant de mouvements de trajectoires qui se croisent ...et parfois s ecrasent...les bus deboulent a toute trombe, prennent leurs virages secs , en pleine vitesse, les pietons poussent et slaloment...tout le monde court de partoutn en une bruyante pagaille...et ca me rend songeuse...comme si en entassant tout ca, en concentrant tout ca, soudain le finalite de chacun de ces mouvements disparraissait, comme s il n en restait qu une masse informe et aggressive d energie et matiere deployee absurdemment...comme si l absurdite de nos courses se devoilait dans cet embrras monstrueux...entassemant monstrueux d appartements dans des immeubles degoulinants de crasse, de marchandises dans une telle multitude d echoppes qu on se demande si tout ca un jou
r est vraiment consomme., entassement de caracteres chinois partout enormes en peinture, en neons, clinquants, faut que ca crie, que ca se voit.....entassement de vies humaines , visages fermes, regards sombres, on est pas a la fete, on est pas a manille...
pourtant la plupart des gens sont gentils, dans les marches, les magasins..de ci de la, une reveche qui vous fait la gueule et vous insulte presque meme si vous faites l effort de parler chinois, mais pas mal de sourires et de gentillesse dans les interactions, au pire le plus souvent une indifference silencieuse...
Pas vraiment un enfer, mais clairement pas un paradis...non je preferais ne pas trainer de trop ici, hk n est pas ma ville, pas ma vibration.
day 3
bon...mais c est joli quand meme!!! j ecris du haut du Peak que l on atteint par un tram tres rigolo qui monte a 45% sur la montagne tres tres pentue!!!...la vue est magnifique et j espere faire durer ma biere jusqua ce que hong kong s eclaire quand la nuit tombera dans une heure...magnifique oui...et pour la premiere fois je ressens cette magi
e de hong kong...la fameuse baie...dans mes souvenirs mythiques dans mes fantasmagories dans mes lectures hallucinees la baie de hong kong etait couverte de bateaux, de cargos et de jonques..le port etait sale et bruyant...dans la realites les jonques ont disparu...depuis...des decennies???
j attends de rencontrer un vieux hong kongais qui me raconte son hong kong d hier, celui qui n est plus...je peux toujours rever!!!
depuis mon arrivee je ressens ici comme une absence d exotisme...je crois que c est plus ou moins aussi ce que j avais ressenti a bangkok deja, et dont je parlais avec Richard...oui Bangkok, c est sympa mais dans le fond...bof...je ressens un peu la meme chose ici, c est interressant oui...etonnant, exaltant? non . L ai je vu trop souvent a la tele? ou est ce de vivre a singapore?s et connaitre par coeur les boutiques chinoises, les epices, les plantes et les poissons seches? leur maniere de manger, de parler, d interagir...oui ils sont chinois et alors? le spectacle ne m amuse pas vraiment, je me sens en dehors, sur la touche...je pense que quand on debarque d europe tout surprend..la chaleur moite, les mega shopping centers, les coffee shops et leurs tables rondes, les baguettes, les odeurs...tout est exotique...mais quand on a depasse ce cap de l exotisme, et il est de fait depasse d avance quand on vit deja en asie, ne serait ce l asie soft de singa, que reste t il? un spectacle, pas vraiment surprenant, une somme de sensations differentes de la maison mais qui ne permettent aucun reel depassement...surtout quand la langue est un tel barrage...
je regardais hier soir les restaus et leurs menus 100% chinois, des restaus ou je ne peux pas commander, une experience que je ne peux pas partager, et je revais a l italie et sa douce familiarite...juste un peu decale..juste assez pour se sentir ailleurs, pas assez pour se sentir exclu...globalement ici je me sens exclue, condamnee a me contenter d un spectacle pas vraiment fascinant....a le regarder de l exterieur...
Heureusement tel zorro couchsurfing est arrive...couchsurfer number 2 est au rendez vous...je l ai retrouve vers 13h dans son petit appart au 42 etage d une tour donnant sur le port...il dessine et peint lui aussi, ecrit des scripts de dessins animes et fait des voix aussi de temps en temps...tout de suite je me suis sentie a l aise...hong kongais , il a etudie
5 ans a LA , le theatre d abord puis la production audiovisuelle...c est drole le sentiment immediat de familiarite, on pourrait se rencontrer n importe ou dans le monde, etre de n imoporte ou...memes interets...vies pas tres differentes...
ce soir il me fera visiter des galleries puis on ira boire un verre, demain je suis livree de nouveau a moi meme, et vendredi je le suis dans une grosse soiree...
quel bonheur d etre chez quelqu un, de ne plus etre seul et etranger en territoire inconnu, mais invite par quelqu un d ici...
En attendant le soleil se couche doucement sur hong kong...dusk comme disent les anglais, un mot que j adore....je sais que j ai enormement de chance d etre ici a regarder ce spectacle, meme si j attends impatiemment la chine, et les coins de campagne que je compte explorer, hk est un peu oppressant...vu d en haut j oublie tout et comprends pourquoi tant d expats tentent de vivre un peu en dehors de hk, la ou il y a un peu de verdure et de cla
me...les oiseaux se mettent a piailler...c est pour bientot!!!j attends impatiemment la nuit et ses neons..ce soir je sors, un peu...
day 4
Et voila! un coup de couchsurfing et tout s arrange! Apres une petite soiree dans le quartier de Lan Kwai Fong et quelques comparaisons sociologiques singapore/HK sur la vie nocturne des expats...(tiens, les filles du
coin aiment pas les expats ou quoi? plein de blancs seuls au bar...sans filles autour...curieux!!!)...et quelques echanges de bons titres de livres avec un prof de litterature anglaise...un kebab et au lit!
Reveil en beaute sur la terrasse au 43 eme etage et la vue imprenable sur le port et le traffic du petit matin...taxis rouges et bus a imperiale filant a toute trombe sur les avenues, le tout reflete par les vites-niroirs des buildings...cest un truc que j adore depuis le debut, ici on construit les buildings facon miroirs...miroirs legerement deformants qui renvoient une vision poetique et chaotique de la vie et de l architecture environnante....
Plaisir egalement de se reveiller dans une vraie maison , avec au mur des peintures, des photos de moments sympas passes en famille ou entre amis, le frigo qui ronronne dans la cuisine...youpi, je suis a la maison a hong kong...
Vers 10h on traverse la rue pour un mega brunch dim sum...me voila enfin a partager la vraie vie des !!!! en l occurrence une foule de seniors entre eux ou accompagnes de leurs petits enfants, tout le monde attable autour des fameuses tables rondes dans une salle debordant de deco kitsh...ca caquette de tous les cotes et de toute evidence c est aussi festif que le bingo de nos campagenes :)
le menu evidemment est 100% en chinois, sans photos, et c est mon hote, matt, qui se charge de la commande...delicieux!!! sur fond de the chinois bienvenu pour se rehydrater apres les bieres de la veille...!! Puis Matt retourne au boulot, chez lui dans sa chambre, il ecrit en ce moment les dialogues d un dessin anime japonais destine a etre exporte en inde...il comprend pas un mot de japonais, donc il regarde les images...et imagine les dialogues!!! ...mieux vaut avoir garde un esprit d enfant!!!en ce moment il suit egalement a l universite des cours !!!...ou quelque chose comme ca...melange de zen et de neurologie pour percer les mysteres de sa propre creativite et la mettre en pratique...tres tres serieux (cours universitaires!!!)...et de l avis de matt, genial!!!
Moi je me perds une bonne demi heure dans la foret de buildings ultra-mordernes (euh, celui la , c est le china bank ou le HSBC????) et la jungle des passerelles pietonnes et autres guet-apens pour pauvres heres non motorises et finis tout de meme apres moult grognements et suees par denicher le pier ou m attend mon ferrry pour cheung chau.
Merveille des merveilles...une jolie ballade d une demi heure et je me retrouve sur cette petite ile sans voitures ni moto (seuls les tracteurs sont autorises...)...
Apparemment tous les ports du monde se ressemblent...surtout les petits ports de peche...Ce pourrait etre le Croisic ou Hyere...bateaux de peche colores amarres dans le port, et promenade bordee de restos et cafes tout le long ou l on se regale de fruits de mer et de biere fraiche...ca zigzag en velo de partout, touristes (japonais!!!) et locaux se croisent dans la bonne humeur et, on leche nonchalament son cornet de glace et tout le monde finit par se perdre dans l entrelacs des petites rues derriere le port...oui, je me crois au Croisic!!! ou bien un petit port grec dans les cyclades, ou la corse...ca sent l ete et les vacances sous le soleil de plomb...ca sent la fete et la chaleur d etre ensemble, ca sent la sieste a midi et le demi a la fraiche sur les coups de 5 h...ca sent l italie dont je revais hier...villegiature, farniente, et plaisir d etre la tout simplement...la familiarite, j en parlaisd hier, m y voici aujourd hui...je ne me sens pas un poil exclue je connais les codes ici, ce sont les memes partout dans le monde..
En grimpant les ruelles, peu a peu on s eloigne du vilage, plages, criques et chemins tranquiles se succedent au milieu d une vegetation formidable, melange de mediterrannee et de tropiques...pleins de pins qui rappellent qu a hk on est de retour en zone plus temperee...ca sent bon, les oiseaux chantent et les cigales sont de la partie (hum, pas les provenciales, les tropicales un peu plus...euh...creepy!!!..stridentes et violentes...) en chemin je rencontre mon vieux hong kongais (ben oui, y a qu a demander!!) emigre ici depuis 20 ans..retraite..anglais parfait, charmant...helas nos chemins se separent avant que j aie pu lui demander comment etaient les jonques chinoises sur la baie...ni les quelques japonaises, ni le lezard tricolore et metallise (bleu vert orange!!!) que je croiserai en chemin ne sauraient repondre a ma question...alors j abandonne pour linstant!!Matt me dit que oui, il y a 20 ans il y en avait encore mais qu elles ont toutes disparues...qu il les regrettent...soudain je me souviens...10 ou 11 ans..connaissance du monde, hong kong...il y a 20 ans..des jonques et un port suintant l exotisme..masis oui c est de la que viennent mes fantasmes hong kongais!!! J apprends quand meme que ce petit village sans voiture rassemble..30 000 habitants! rien ne le laisse penser tant on se sent en vacance ici, dans quelque bled paume!
Fameuse journee en tous cas... je remets ca demain a lamma island...
j ai trouve mon petit paradis a hong kong...la ou tout le monde reve de prendre retraite..un peu comme vivre au Croisic et se retrouver a new york en 30 minutes de ferry!!! miam miam j en redemande!
moralite 1: il y en a pour tous les gouts a hong kong...
moralite 2 : il n y a qu a demander...le repas des locaux, le sentiment de familiarite, le petit bout de nature...hier je reclamais...aujourd hui je l ai!!! ;)
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Publié à 03:07, le 9/09/2008, Hong Kong Mots clefs :
Day 4
Encore une nuit, encore une belle journee ensoleillee...hier soir retrouvailles a lan kwai fong le quartier de nuit des expats avec Tony un ami de richard deja reencontre a singapour...excellente soiree avec ses amis , tous plus ou moins travaillant pour reuters, tous expats evidemment...la distinction entre expats et locaux est bien plus forte ici qu a singapour...j avais deja remarque la premiere nuit avec matt qu il y avait tres peu de locaux dans le bar et qu on me regardait un peu de travers, genre mais que fait elle avec des chinois? hier au bar pas un seul local, 100% expat...c est rigolo car d un coup on a l impression que les hommes vous regardent , alors qu a singapour on passe plutot inappercues, nous les filles blanches...
Excellente soiree en tout cas...que des esprits brillants autour de la table et les discussions deviennent vite philosophiques...j ai meme droit a une brillante explication de la philosophie de Derrida par Joseph, un ami de Tony, journaliste (reuters...il suit le marche des et ecrivain a ses heures perdues...) du declin du romantisme et de l exotisme, aux formes comparees de l ecriture journalistique et litteraire en passant par par une etude comparative de l art et de la litterature...la soiree fut chargee en neurones, boostes par quelques bieres et une shisha tres sympa dans un bar plein de libanais ou, oui, on fume la shisha en buvant un whisky sur fond de techno...
De tres bons moments donc, meme si j avoue que je suis un peu etonnee, limite choquee par cet apartheid expats-locaux...il y a certes bien plus d expats ici qu a singa, mais je pense que la raison est plutot a chercher du cote de l histoire...hong kong est restee une colonie jusqu a il y a 10 ans, tandis que singa accedait a son independence il y a plus de 40 ans...autant l esprit colonial a perdure a hong kong, tandis que les britanniques s interressaient plus a l epanouissement du business qu a l education anglophone des masses, autant a singapour, tout a ete fait pour pousser l education anglophone au maximum et faire des singapouriens des citoyens du monde, tandis que l expats n etaient absolument plus dans l esprit collectif des colons, mais des invites sur le territoire...
Quoiqu il en soit malgre les brumes alcooliques de la veille, le reveil fut vif et heureux, en ligne de mire lamma island, autre petite ile, a 20 minutes de ferry de Hk. re-bonheur de monter sur le ferry, regarder s eloigner la skyline, si jolie a regarder de loin, si oppressante de l interieur...verification faite, oui les immeubles sont effectivement incroyablement denses a hong kong...c est unique au monde tant de tours collees les unes aux autres...a se demander s ils pourront un jour en faire tomber une sans tout faire tomber dans un diabolique jeu de dominos!!!
lamma est bien moins peuplee, 3000 persoonnes parait il , mais beaucoup plus occidentalisee, pas mal de backpackers et d artistes mal rases trainent sur l ile...C est aussi beaucoup plus sauvage, autant les alentours du port sont semblables a cheung chau autant tres vite on quitte les petites maisons basses et la vegetation tropicale pour grimper a flanc de montagne dans des paysages qui rappellent beaucoup la corse en fait...le soleil tape tres fort et comme l humidite est de la partie les grimpettes sont loin d etre une partie de plaisir, en plein cagnard...des qu il y a un brin d ombre je me pose, juste pour le plaisir de ne rien faire et d etre posee la, reposee...passe l exotisme, je crois que ce qu il reste de l immense plaisir de voyager c est le temps dit mort..c est a dire le temps offert a la contemplation...et ce sont ces temps mort que l on s offre si rarement chez soi qui font vraiment le voyage, l exploration d un ailleurs...
Il y a une ou deux jolies plages ici...imparfaites mais sympas! a singa on se baigne avec vue sur les cargos, ici on se baigne avec vue sur la centrale electrique qui defigure l
ile! Je finis par me trouver un mini pavillon deserte, avec vue improbable sur la mer et les montagnes et peinard, je sors mon bouquin pour une petite séance de lecture delicieuse sur ma ...evidemment l ile doit etre blindee de monde le week end, mais en semaine comme ca, avec le soleil, la mer, les rochers, c est l evasion totale et un vrai bonheur!!petite biere au retour de ma balade au cafe waterfront, avec vue sur le port, le dernier James Blunt en fond sonore, le soleil qui descend tranquillement sur l horizon, les montagnes en ombres chinoises...et le wifi gratuit evidemment pour checker mes futures guesthouses, le plan de guangzhou.celui de shanghai etc...
Que demande le peuple! la biere est deux fois moins chere qu a hong kong, la serveuse philippine, Sue, est adorable et souriante elle vient bavarder entre deux clients, me raconte l ile me demande d ou sort mon mini ordi, combien il coute etc...
... et tout respire les vacances...dans 20 minutes je reprends mon ferry, retour dans la foule et la jungle de beton...zen zen zen...j ai trouve mon rythme ici, journee dans la nature, nuit dans les neons...
a suivre...
day 5
encore une nuit sous les neons, encore une belle journee, encore une ile...La nuit sous les neons c est encore avec Matt, un ami a lui organise une soiree, alors nous allons jetter un oeil...ma vodka free tax de l aeroport nous met en forme et nous voila de retour a lan kwai fong, le quartier de nuit...et c est vrai que c est un peu fou avec une foule serree et enervee de fetards et des bars partout hurlant chacun leur musique a qui mieux mieux...mais ce n est pas non plus ce que j avais imagine, tout un quartier grouillant de fetards, en fait il n y a quasiment qu une rue et si c est un peu moins design qu a singapour, ce n est qu en apparence...les bars de nuit sont tous les memes, partout dans le monde...la clientele est peut etre un peu plus funky ici et totalement overdress, robe longues ou fourreaux de pailletes le tout monte sur talons vertigineux, les filles veulent en mettre plein les yeux et concurrencer les neons! Beaucoup d expats dans la rue, une large majorite...
Heureusement le club ou l on va est cache dans les etages, la il n y a que des locaux...avant on va boire un verre dans un bar chicos au trentieme etage d une tour accrochee a flanc de montagne,(ben oui, hong kong island c est que de la montagne!!!)...vue imprenable sur un building notamment, cet etrange gratte ciel qui nous fait beaucoup rire car il n a aucune fenetre!!! an architectural statement ...il faut croire, mais il ne fait surement pas bon travailler dans ce donjon!!! Matt me raconte que les rues sont pleines de flics en civil pret a intervenir au moindre soupcon de drogue, et on assistera effectivement a des fouilles...Hong kong est presque aussi surveille que singa, et tres reglemente . Partout on retrouve les panneaux qui font l ordinaire de singapour....interdit de fumer, amende 1500 dollars, interdit de cracher, 1500 dollars, interdit de jeter des ordures...etc...faut croire que ca marche car la ville est propre et et extrement sure. Au final , bien plus compressee et peuplee que singa, mais pas si differente. Meme securite, meme efficacite...singa est juste la cousine de province...Mais les deux villes se detestent cordialement, concurrence oblige, on trouve meme plein de clips, de chansons et videos aggressives sur you tube...un vrai combat de coq!
Reveil un peu pateux le lendemain, je charge mon sac sur le dos, et c est reparti pour les mirador mansions qui maintenant ne me font plus fremir dun poil...c est devenu la routine et en moins de deux je retrouve une petite chambre au rabais, 150 dollars, soit 12 euros environ, tele et wifi dans la chambre, et vue improbable sur un monstrueux chantier sous les fenetres...qu importe, je ne fais que passer, et les travaux cessent a la nuit tombee...ouf!!!
un coup de ferry et me voila repartie pour une nouvelle ile, lantau....a l arrivee du ferry je saute dans un bus qui traverse l ile, je m attends a un petit quart d heure de route le long de la cote...malheureuse!!!!faut regarder l echelle de la carte avant d imaginer des choses!!!en fait je viens de m embarquer pour trois quart d heure d expedition sur des routes de montagne!!! Lantau est la plus grande ile de hong kong, plus de 20km de long...elle est tres peu habitee, au moins sur la cote sud donc on depasse tres vite les derniers petits immeubles pour entrer en pleine campagne...ou plutot en pleine montagne!!! c est absolument incroyable, on dirait la corse!!! le plus haut pic culmine a pres de 1000m et les montagnes se succeddent vertigineuses et acerees. Sur les flancs exposes a la mer, juste un peu de vegetation rase a meme la roche renforce le sentiment d etre perdu au coeur de la corse, et il y a meme des vaches en liberte qui trainent sur la route (pas de sangliers...non!!).... Il faut vraiment imaginer new york, et a quelques encablures une ile couverte de vallees desertes et sauvage! 
Le bus longe au passage quelques tres belles plages longues et reveuses et apres deux trois cols on finit par atteindre Tai O le village de pecheurs a l autre bout de l ile. Je retrouve avec bonheur l ambiance paresseuse des petits villages de pecheurs, maisons de deux etages couvertes de ceramique grande ouvertes sur la rue, vieux assis a l ombre jouant aux echecs chinois ou juste regardant la vie passer sous leurs yeux, gamins a bicyclettes.. La peche est au coeur du village, pas seulement les petites barques colorees arrimees partout, mais aussi cette odeur de poisson seche qui enveloppe le village. des dizaines d echoppes vendent partout un incroyable bric a brac venu du fond des mers : absolument tout est seche, poisson, huitres, moules, calamars, concombre des mers, crevettes, coquilles st jacques, etc...L endroit est tres repute et les Hong kongais viennent de toute l ile faire ici leurs emplettes de la mer. En s enfoncant dans le village on s eloigne des jolies maisons claires couvertes de carrelage pour entrer dans le vrai quartier des pecheurs: de minuscules barraques soigneusement assemblees a l aide de plaques de metal vissees les une aux autres. Pas de la tole ondulee, non de beaux panneaux miroitant qui forment de minuscules cases ou s entassent les familles de pecheurs, comme un campement de mini caravanes. Tout le monde a hong kong ne peut pas etre un tycoon.
La rue s acheve sur un petit temple et une baie; c est maree basse et des mamies s affairent avec leurs petits enfants, la chasse aux coquillage est ouverte! ... je pense au croisic a quelques milliers de km, ou la-bas aussi, a maree basse, on prend son seau pour aller cueillir les coquillages... L aeroport est a moins d 1 km a vol d oieseau,de l autre cote de l ile, avec le metro et l airport express train, le bel aeroport ultramoderne qui transportent d un bout a l autre de la planete managers overbookes et touristes emmerveilles.
Sur le chemin du retour, une jolie surprise m attend: mon vieux hong kongais!!! il est assis sur un banc sur la place du village et m interpelle en allemand, decidemment tout le monde croit que je suis allemande...il a plus de 70 ans et a peu pres dix fois moins de dents ce qui brouille un peu son elocution mais son anglais est parfait. Au mot france il s eclaire et me raconte qu il est fou de peinture francaise, notamment toulouse lautrec. Il a eu beaucoup de chance...c est le bishop de hong kong qui lui a paye ses etudes...le bishop aimait jouer au basket avec des jeunes, il etait bon au basket, alors voila, il s est retrouve a l ecole alors qu il etait monte a hong kong pour gagner sa croute et aider sa famille. Il s est decouvert une passion pour la connaissance, et 60 ans plus tard son livre de chevet est toujours l encyclopedia brittanica. Il est interissable sur la culture chinoise, les carcateres et leur beaute...leurs secrets aussi. Il m explique qu un art ancien et mysterieux permet de lire l avenir dans les caracteres, il suffit de faire ecrire un caractere particulier a quelqu un pour que se devoilent les mysteres de son destin...Wilfred, Wilfred Choi est son nom, il est toujours sur la place du village.Passez lui dire bonjour si vous venez a hong kong, et parlez lui un peu francais, il aimerait tant apprendre...
Je quitte lantau a regret, j ai vraiment adore ce village perdu entre la mer et les montagnes, et je suis emerveillee par la vegetation locale. Je n ai jamais vu 90% des arbres que vois ici, ni tropicale ni temperee, la vegetation est certainement le trait le plus exotique de hong kong.
Je suis de plus en plus impressionnee par hong kong...Ou, ailleurs dans le monde peut-on a la fois profiter de la mer, de la montagne et de tous les plaisirs d une capitale internationale? c est tellement facile ici de passer la journee en pleine nature et de rentrer le soir voir un film arty et boire des coups dans un club a la mode sous les neons des gratte ciel!
Apres une telle journee neanmoins lan kwai fong et ses bars hurlantsne me tentent pas et je finis par denicher un petit pub anglais presque calme; seul le cricket diffuse en live sur 15 ecrans asssure l animation, Joseph, le journaliste, me rejoint avec sa fiancee, dernier tour d horizon singa-hk, dernieres anecdotes...la nuit prend fin doucement et il ne me reste plus qu a affronter la foule interlope de nigerains, libanais et autre indiens qui trainent devant les miradors mansions toute la nuit, Heureusement les gars de secu checkent tout le monde a l entree; seuls rentrent ceux qui ont une raison d y etre et c est en toute securite que je regagne mon lit...
day 6
grande expedition aujourd hui je m enfonce en RER local dans le fin fond des Nouveaux Territoires, en quete d une ile ,encore, evidemment...Debarquement dans une ville de banlieue, le temps de se perdredans les meandes du super mall local avant de trouver le bus 299, et hop c est parti pour une ballade express 100 % hong kong. La moitie du chemin n est qu une suite interminable de banlieues, des tonnes et des tonnes de tours serrees comme des sardines et portant des noms improbables: le est un ensemble de 4 tours collees les unes autres autres, grises et sales. Des tours donc a perte de vue, sur fond de montagnes vierges et farouches, mais aussi des pistes cyclables et toute une petite activite dominicale...joggeur, hikers et pic-niqueurs forment de joyeuses melees, et personne n a l air si malheureux que ca de vivre entasses dans des cages a poules!!! La seconde partie du voyage est une splendide viree a travers les montagnes et le long d une baie extraordinaire...la mer lovee au mileu des montagnes et des dizaines d ilots flottants jusqu a l horizon...un vrai paradis...melange de fjords nordiques et de villegiatures tropicales...
Kong Seng , tout le monde descend, c est la capitale de ce peit paradis, plein de barques sur lesquelles les pecheurs vendent dans des bacs en plastique leur peche de la nuit encore vivante , plein de promeneurs et plein de restaus a fruits de mers dont la devanture est systematiquement un vivier geant rempli de tout ce qu on peut imaginer manger venant des profondeurs de l ocean...ambiance bonne enfant...ne manquent que les glaces pour se croire a concarneau...
Ce n est pour moi qu une etape...encore un bus, encore une viree fantastique dans des vallees desertes, et enfin voici le ferry...un petit quart d heure de bateau, et le village de Tap Mun m accueille , tout indolent sous le soleil du midi. D apres le guide il n y a rien, juste quelques barraques a snacks, pas de restau..Le guide doit dater car depuis une dizaine de tout petits restaus a fleuri, et a en croire la refection extensive du temple en cours, l argent ne fait plus defaut!!! Il n y a rien a faire ici a part flaner dans les rues et regarder les gens vaquer a leurs occupations, tout est a moitie endormi.. Juste au dessus, la montagne...et toute l ile a explorer...jungle et sentiers paumes. Mais il fait chaud, tres chaud, les sentiers sont mal indiques et ma mini ballade s acheve piteusement au cimetierre local, sur les hauteurs...je creve de chaud, le chemin en beton s arrete...peut etre le sentier reprend il de l autre cote du cimetier? Je m avance et ...aaarrrgh!!! un chien surgit...noir, gros et large et tres tres mechant...ni une ni deux je fais demi tour, pas du tout rassuree, en cherchant juste a garder mon calme pour ne pas l exciter. Joseph m a raconte hier la meme mesaventure dans un autre petit cimetierre, et je sais ce qui va suivre, non pas un chien, mais une meute de chiens tres tres mechant a mes trousses! Vous voila prevenus, les cimetierres chinois sont biens gardes!!!
Je rejoins tres vite la seule terrasse digne de ce nom...et quelle terrasse..le toit de tole est refrigere par un systeme d eau coulant en permanence, le fan tourne paresseusement, le patron parle trois mots d anglais et il est absolument charmant...et la vue est tout simplement a tomber...rochers, barques de peche multicolores mer turquoise et cirque montagneux a l horizon. Ils servent le meilleur ice lemon tea de tout hong kong avec un citron entier dans chaque verre, et c est un bonheur de vous ecrire depuis ce petit bout de paradis alangui...
Repos bien merite apres 6 jours de peregrinations hong kongaises.
Tout le monde me disait, une semaine a hk c est trop, tu vas t ennuyer...a mon avis c est pas tout a fait assez...encore des reserves a visiter, des iles ou je serais bien retournee, bref vous avez compris, autant j etais sceptique au depart car hk ne ressemblait pas au mythe que je m etais cree, autant je quitte hk enthousiaste...tout ce que j attendais m a decu, tout ce que je n attendais pas m a emerveille...
N hesitez pas a passer quelques jours ici si vous etes en asie, sur le chemin du viet nam par exemple, c est le moyen le plus facile de decouvrir la chine sans les tracas de la chine (bordel ambiant, pollution, bruit, et grossierte...comme se faire cracher dessus tout le temps...etc) Et je ne connais aucun endroit au monde ou il est si facile de se ballader partout et de se retrouver si vite en pleine nature, d un coup de metro et de bus, ou simplement en ferry...et nul besoin de parler mandarin ou cantonnais, on trouve toujours quelqu un qui parle anglais, et contrairement a leur mauvaise reputation , j ai trouve les hong kongais tres sympas :)
j espere vous avoir coinvaincus!
Prochain rendez vous: Etape a Canton!
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Publié à 03:13, le 8/09/2008, Hong Kong Mots clefs :
Canton (Guangzhou) – un jour
...et c est parti pour l aventure!!! Je ne pars pas franchement pour canton de gaite de coeur, le stop over m est impose car le train direct pour shanghai etait complet...donc au programme de la journee, deux heures de train pour canton, une journee sur place et depart a huit heure le lendemain pour shanghai...
On m a prevenu, les cantonnais (et ceux qui ont immigre dans le coin pour venir gagner des sous) sont grossiers, pequenauds, et obnubiles par l argent : si tu fais pas gaffe on va te cracher sur tes chaussures...tous ces paysans sans maniere...bah je deteste canton, moi aussi...etc etc...autant dire que ca ne s annoncait pas gai pour une premiere etape!
Le lonely planet n etait guere plus enthusiaste...a le lire, a part gouter la super cuisine locale, pas des masses de trucs a faire dans le coin, le petit ilot colonial au sud de la ville, ancienne concession occidentale , un parc ou deux, un marche local ou il ne faut pas aller car on maltraite les animaux qui attendent dans leur cage qu on vienne les devorer...bon, sympa tout ca...ah si, c est genial pour le shopping....bon bon bon... y a pas le choix, alors ce sera canton...
Ca commence mal effectivement, 2h de train pseudo luxueux, traduire un frigo a 18 degres (dehors c est 32..hum!) et un paysage a mourrir d ennui: rien que de la plaine marecageuse, et partout des usines et des immeubles super moches...welcome in china!!!ben oui, c est ici qu on fabrique TOUT ce qu on consomme partout ailleurs dans le monde, du tshirt a la fourchette, de la basket a la gente allu en passant par le tupperware...effectivement, il en faut ddes usines et des dortoirs!
Enfin la gare de canton, me voila arretee a la douane, accusee de vouloir faire passer du saussicon en douce en chine!!! he ho! ca va, je sais que je suis francaise, mais bon quand meme!...apres la fouille de rigueur, on me laisse passer...avec mon pull en laine je fais se marrer tout le monde dans la queue du taxi, eh oui, je suis encore refrigeree moi! j ai pas le gene air-conditionne!..allez, je l avoue, le systeme chaotique est super au point, 4 taxis embarquent en meme temps et la queue qui aurait dure deux plombes a la gare de lyon file en moins de deux.
Mon taxi a l air tres sur de la ou on va...alors je le laisse faire...sauf qu on depasse la gare centrale ou je dois trouver mon hotel (je suis arrivee gare de l est, je repars de la gare centrale ) et qu il continue, 100 m apres.
il rale: bon c est ou votre truc?
...euh je sais pas moi, j suis jamais venue, y a un numero la...
mouais
...euh ils disent a l est de la gare, la on est a l ouest...
mouais, faisons demi tour...
bon ben on y arrive! le chauffeur est tout content tout fier et me fait un grand sourire!!!
hotel de chaine, hotel de gare, pour 15 euros grande chambre un peu passee mais (a premiere vue...ha ha ha!!!) nickel, pas de quoi se plaindre (a voir!! ha ha ha!)!!
Tellement bien (de jour) que j ai pas envie de ressortir. Mais le devoir m appelle, faut aller jeter un oeil a la gare pour demain matin...hum..pas tres envie, la viree en taxi a ete desperante, rien que des grandes avenues et des immeubles sans ames...pas tres engageant...
La gare est construite sur le modele chino-communiste typique: une immense place, et un immense batiment bas. Sur la place c est le grand chasse croise de l ete, c est les grands departs: en chine c est tous les jours les grands departs. Une foule monstrueuse part a l assaut du batiment, et se retrouve derriere des barrieres, tickets a la main pour pouvoir rentrer....ben voila, j irai pas plus loin, on verra la suite demain...mais je comprends pourquoi on m a dit d arriver une heure en avance!...ah oui evidemment, y a rien d ecrit en anglais...
Suit la quete desperee sous le soleil de plomb de l entree du metro!!! je vais vite decouvrir qu a canton le metro se cache, qu il y a 15 sorties mais aucune evidente ..et pas de panneau reconnaissable de loin. Metro super propre et moderne et l autre bout, encore un paysage desesperant d echangeurs routiers, d autoroutes, de chantie rs , de passerelles et de vague batiments gris...top!!!
Bon, l ile de shanmian est la, allons y pour voir... apres tout le fracas de l arrivee c est une oasis de, calme, une ile sur la pearl river: on y accede par de petits pont fermes de lourdes grilles, car les chinois n avaient pas le droit d y entrer, francais et anglais se partageaient les lieux. Aujourd hui pas de voiytures, des immeubles europeens type 19eme, de grands arbres et rues tranquilles..C est tres agreable, une oasis, vraiment, mais c est un peu mort au couer de l apres midi torride, et jai faim!!!
Direction le fameux marche donc, juste de l autre cote de la riviere, je me dit que je suis sure de trouver a manger!!! pas gagne, pas si vite! le premier pate de maison ou je m engage est celui des des fruits legumes et animaux seches...on seche tout, absolument tout!!! des champignons noirs gigantesques, des milliers d hippocampes, des bouts de tendons decharnes, des cuisses de poulet , des herbes aromatiques en tout genre...dans la moiteur les odeurs enveloppent chaque rue, c est envoutant..mais toujours rien a manger!!!
Les gens sont assis, beaucoup dorment n importe comment dans n importe quelle position, d autres jouent aux cartes, d autres naviguent entre les clients charges de ballots et cartons enormes, le quartier est vaste et on dirait qu on y trouve tout ce qui se mange sur terre...mais que du sec!!! rien a se mettre sous la dent a l instant...alors l exploration se poursuit, de ruelle en ruelle je m enfonce dans les trefonds du ventre de canton...fruits legumes viande poisson, non plus en gros mais au detail, les rues sont aussi minuscules que les etals et plus je m enfonce plus j hallucine, une sensation de moyen age, de retour dans les siecles passes...je decouvre un canton que je croyais ne jamais avoir la chance de connaitre, un canton eternel de ruelles et de marchands ou rien n a change depuis des siecles a part les diables, les bicyclettes et les ventilos!!!
Mais toujours rien a manger...enhardie je poursuis et tombe sur quelques vendeurs de scorpions!!! des centaines de scorpions grouillants dans des bassines en plastique...aaaargh!...
Enfin un stand de petits pains fourres! je fais mes reserves et achete quelque fruits, maintenant il ne me reste plus qu a trouver un couteau pour eplucher!!!
zut, j entre dans le quartier des vendeurs de produits pour coifffeurs...des dizaines de boutiques identiques!!!puis voici la bonneterie...rubans au metres et boutons par milliers...et je comprends!!!Le marche dont parlait le guide n est qu une minuscule partie d un enorme bazar ou tout absolument tout se vend...ce grand bazar, c est canton...ou plutot le sud de la ville que je decouvre...peu de grandes avenues , surtout des enfilades infinies de petites rues ombragees ou l on circule a bicyclettes et de ruelles minuscules...droite gauche, droite gauche...suffit de garder le nord pour ne pas se perdre et le spectacle est magique!!!
Ecrire c est choisir des mots pour decrire certaines scenes selectionnes...impossible a canton!!! tout grouille tellement de vie et d energie, a chaque instant il se passe tant de choses, tant d anecdotes, tant de tableaux incroyables superposes...je suis ebahie, eberluee et follement heureuse, d avoir , en rejetant le guide au fond du sac decouvert ce petit monde incroyable ou pas grand monde ne s aventure apparemment...en tout cas on me regarde, beaucoup, a la chinoise, tres tres fixement...regards jamais aggressifs, juste curieux, tres curieux.
Je quitte les allees commercantes pour les allees plus residentielles, minuscules allees, minuscules etals et foule rentrant du boulot dans la lumiere doree...les immeubles sont un melange de vielleries tombant en ruine, de quasi taudis et de sortes de petits hlm de 4-5 etages, mais rien de stalinen, des alllees, des coursives, des marches, des etals et la vie qui explose de partout...c est la chine que je suis venue trouver et je la trouve au premier rdv!!!
le contraste est frappant avec les rues tres commerciales remplies comme chez nous de magasins de fringues et de cosmetiques...tout est modene criard sur fond de dance et de techno et tous les ados sont la a courir partout les bonnes affaires,,,,mais meme la il y a une sensation de fete, une energie du feu de dieu et des sourire qui partout sautent de visages en visages...
Juste derriere une de ces avenues commercante je trouve mon petit food center! une allee aux delices ou je veux (presque!!! ha ha ha..) tout acheter, tout manger! ravilolis soupes fruits de mer...tout est donne tout est appetissant..
Au milieu des ados curieux je mange une brochette de calamars pimentes et des huitres grillees a l ail.. cout du festin , un euro...
Le repas de base, une soupe de nouille partout a canton se trouve pour 0,5 euros...
Et je continue mes peregrinations dans l immense bazar,,,pieces de bijoux, perles, vis ,ecrous, robinets, pistons, chaussures...la meme echoppe parfois sur 500m, 800m... tout un quartier a chaque fois...mais toujours pas de couteau pour couper mes fruits!!!!
Je ne desarme pas, je sais que vais le trouver...et ca continue et encore et encore!!!
Epuisee a 18h30 je m apprete a faire demi tour pour trouver mon metro...une petite allee, un quartier residentiel grouillant de monde, un bon feeling, hop je m enfile...je me lance...et oh oh oh!!! miracle, je le trouve mon marchand de couteaux, juste une cariole au bord de la rue ou les commeres marchandent leurs machettes...et la trone mon petit coutteau de voyage...
mission accomplie!!! je n aurai pas trouve le quartier des coutelliers, mais juste le coutellier du quartier..aiguille dans la botte de foin cantonnaise!
Je ne trouverai jamais ma station de metro car en fait , la station n existe pas, c est juste le chantier au milieu de la place! normal que les gens me regardaient bizarrement quand je leur demandaient le metro!!!Un coup de taxi , et je retrouve le calme inoui de l ile shanmian...en regardant la pearl river, large, tranquille, et propre vue d ici, et en sirotant ma biere, j apprecie le calme retrouve tout en me pinant pour croire ce que j ai vu aujourd hui!!! la chine la chine!!!la chine en ebullition la chine d hier et d aujourd hui si melees qu on ne sait pas s il y a vraiment une difference...les allees minuscules, le soleil du couchant sur le visages des gens rentrant du boulot, l ombre des arbres dans les allees, les enfants, les jeux de balle et de glissade...partout ce sentiment de quartier, de communaute chaleureuse...et plein de beaux sourires....
alors affreux sales et mechants les cantonnais???
faite moi rire, faites moi rire...alors voila, hong kong c est peut etre la chine facile et light, mais Canton est une ville incroyable , au charme fou...et pas si compliquee que ca a decouvrir!
J espere que vous aurez un jour la joie de la decouvrir avant que toutes ces ruelles ne soient detruites, car elles le seront c est certain, et surement plus vite qu on ne le croit...l esprit de canton survivra peut etre...moi je reviens en fin de sejour pour prendre mon avion et je suis enchantee, ouf ! d ici la ils auront pas tout rase!
J ai passe aujourd hui une des plus belles journees de ma vie et je suis bien decidee a ne plus jamais ecouter les conneries proferees par les expats, voyageurs patentes, et autres je suis passe la avant et moi je te dis que c est naze...
Moralite : faut essayer!!!
ps: euh, j ai pas essaye le brochettes de scorpions dans mon petit food market..je sais pas , ca me disait pas!!! mais y en a qui se regalaient...miam,avec les cafards et les scarabbes aussi!
ps2: par contre j essaye une nouvelle chambre dans mon hotel en ce moment...la premiere etait infestee de punaises...les fameux bed bugs!!! aaargh! le personnel charmant n a pas fait d histoire pour m en trouver une nouvelle...deluxe, et..propre!!!pour de vrai!
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Publié à 03:16, le 7/09/2008, Canton Mots clefs :
mardi 22, train canton shanghai
mon premier train en chine!!! j ai tant lu de recits de voyages en train en chine que je m attends a la grande aventure! 20h de train d un coup, pas moins..
voila comment je me retrouve a 7h du mat a faire la queue avec des centaines de chinois charges comme des mules, precieux ticket en main, pour franchir les barrieres et entrer dans le saint des saints...
Jolie queue au debut, presque net, deux lignes de trois personnes par rang...et soudain bang! une megere sans maniere debarquee du fin fond de la queue se jette sur l entree des barrierres entrainant a sa suite une armee de resquilleurs. C est la maree humaine tout le monde pousse comme un malade, j ai une tete de de plus et un sac a dos, ca tombe bien, et moi aussi j aime pousser dans le tas, une qualite indispensable en chine quand il s agit de prendre n importequel transport collectif.
A l interieur il s agit de dechiffrer les panneaux et comprendre le systeme. C est tres parcimioneusement traduit en anglais, genre un panneau sur dix mais au final j y arrive. En fait il y a des salles d attente facon salle d embarquement ou on attend le train, quand les portes vers le quai s ouvrent, deuxieme ruee vers l or, deuxieme melee...Apres tout est super bien organise: une hotesse par wagon qui verifie les tickets, des couchettes dont chacun respecte les numeros...et voila, c est parti!
C est rigolo car on ne baisse jamais les couchettes. J ai celle du bas, la plus chere, et les gens me demandent s ils peuvent s y assoir car a la base c est la mienne et je peux en disposer a n importe quel moment. La pire c est celle du haut claustrophobique et sans vue du tout; c est la moins chere...
Le train a bien change en vingt ans; en classe couchette dures, celle de la classe moyenne ou je suis, c est extrememnet propre. Personne ne crache, tout le monde range sagement les ordures qui sont regulierement ramassees et le wagon est regulierement balaye et lave par l hotesse. L hotesse est un joli mot car la jeune femme exhale surtout un parfum communistico-martial!
Des wagonnet de mangeaille (nouilles instantannees et boissons, fruits pre-decoupes et vrai repas de riz et de viande passent regulierement, et si les chinois semblent grignoter tout le temps les vrais repas sont a midi et 18 h ou tout le monde se met a table comme un seul homme. Il faut dire qu a bord du train la vie communautaire est bien reglee: a 13h l hotesse vient brusquement fermer les rideaux partout...Weishenme? je demande timidement a ma voisine. Xuexi de shihou...c est l heure de se reposer...Je vole un petit coin de rideau pour continuer a regarder un peu le paysage, mais bien vite comme tout le monde je me mets a la sieste. Meme chose a 22h: extinction des feux, et pas une loupiotte qui traine.
Je suis tentee de sortir ma lampe de poche pour finir mon chapitre...et puis non, je me laisse porter par le mouvement collectif et revasse un temps dans le noir avant de m endormir...
je me decouvre plus zen et plus souple dans ce voyage que je ne l ai jamais ete, explorant avec plaisir ce mode de vie ou on ne decide pas tout, ou on ne choisit pas...et ca fait du bien de se laisser porter, de se laisser aller...
En t6oute securite...
15 min avant l arrivee dans votre gare, l hotesse viendra violemment secouer votre couchette pour etre sur que vous ne ratiez pas votre gare.
Que dire d autre... Que c est bon de traverser ainsi la Chine en chaussettes sur sa couchette avec des voisins tout aussi zen, tout le monde en pantoufles a regarder filer rizieres et montagnes...a traverser la vie des autres si confortablement installes. Que c est parfois un peu inconfortable quand meme quand on voit depuis la fenetre des bataillons de chinois a chapeaux pointus comme sur les images d Epinal, dans la boue jusqu aux genoux, le dos casse en deux a repiquer le riz. Oh oui c est beau une riziere, mais ca fait mal, tres mal au dos.
Autour de moi, de tout evidence, personne n a jamais plante de riz, pas dans cette zone affluente de classe moyenne (prix du ticket 35 euros...) Une petite fille et sa maman viennent me parler en anglais. La petite a 9 ans et deux ans d anglais dans les pattes, lecons individuelles a la maison. Son vocabulaire est encore incomplet mais sa diction et sa comprehension impeccables. Maman veille au grain, papa fait le repetiteur occasionnel, la petite part tres bien dans la vie.
Cette courte rencontre me fait du bien car a part ellles personne ne m addresse la parole meme si tout le monde voit bien que je parle chinois, enfin presque!
Je comprends que si je veux pratiquer mon chinois, va vraiment falloir que j apprenne a faire le premier pas!
mercredi 23 arrivee a shanghai
Arrivee a shanghai impeccable: le train a un bon quart d heure de retard, du coup, a 4h45 le soleil est en train de se lever et ce n est pas la nuit angoissante qui m accueille sur le parvis mais l aubre brumeuse...
Traversee mysterieuse de shanghai sous la brume rose de l aurore; autoroutes urbaines, echangeurs et gratte ciels , le paysage habituel de la grande metropole chinoise. Puis soudain on tourne dans la rue ou habite Sam, le couchsurfer qui m accueille a shanghai. C est une petite rue plantee d arbres, debordant de charme dans le calme du matin.Comme d hab le taxi grogne bien en chemin en me demandant des precisions sur l addresse, mais j ai droit a un grand sourire a l arrivee.. Les explications de sam sur le chemin sont un peu vagues et je rentre par erreur chez un voisin (ouf il dort bien!!!) mais je finis par trouver sa jolie maison facon cottage europpeen divise en appartements, tous occupes par des familles chinoises. Parquets en bois, mobilier rare et viellot. Sam est ascete, il se contente de peu mais l appart est vraiment chouette, ce cote europpeen perdu de vue depuis paris.
Comme je me sens en forme je me dis que 5h30, c est parfait pour une ballade a la fraiche. Evidemment nous sommes en chine et je suis pas la seule debout! les petits restos vendent leurs premieres brioches a la viande, des femmes font frire de petites crepes a la ciboulettes le long des rues, et ma premiere impression de shanghai est parfaitement idyllique. Quelques promeneurs de chiens, quelques durs travailleurs sur leurs bicyclettes chargees de monstrueux chargements, des vieux faisant du tai chi dans les parcs...le tout sur les franges de la french concession, cette ancienne enclave coloniale qui a garde sont charme europpeen avec se platanes et ses petits immeubles bas.
Je rentre a la maison (et oui! je me sens deja chez moi!!!) avec quelques crepes et baos pour le petit dej.
Sam se reveille alors que j allais piquer du nez sur son vieux sofa accueillant en velours rouge rape...cafe...on se reveille doucement et on fait connaissance...
Sam comme je m en doutais est quelqu un a connaitre. Depuis deux et demi en chine il bosse son chinois a fond travaillant seul le plus souvent et a atteint un sacre niveau! c est encourageant.. Pour gagner sa vie il donne des cours d anglais, juste assez pour payer ses 180 euros de loyer, et le tres strict minimum qui lui suffit pour vivre. Il a vecu d abord dans le nord glacial a harbin, pres de la siberie, puis a chengdu au sechuan, et il est arrive il y a 4 mois a shanghai. Il vit litteralement d eau fraiche, ne se soucie trop de rien et vit une vie parfaitement zen, faite d apprentissages, de travail, le moins possible et de nombreux voyages. Il compte ensuite partir vivre un temps en italie puis en amerique latine mais n arrive pas pour l instant a se detacher de la chine, une attraction qu il n explique pas, si ce n est par le challenge. Il connait les chinois parfaitement et me donnera plein de bons conseils pendant mon sejour sur la maniere de les gerer.
Mais le plus souvent on parle ensemble, d art de litterature et de creation.
C est un garcon qui fait enormement de bien. A 27 ans il a encore le cote brouillon de la jeunesse mais il respire un equilibre profond qui degage des vibrations formidables. Simplicite et non consumerisme...
Ce n est pas neanmoins le meilleur guide touristique de shanghai, il sort rarement de son quartier et prefere vivre tranquille dans son coin.
Bref il a peu de conseils a donner sur shanghai.
Il me confirme juste que les gens ici sont rarement sympas et accueillants et qu il faut faire avec...le reste de la chine n a rien a voir.
En tout cas il me met genereusement le pied a l etrier, maccompagnant au metro, et m achetant au passage une carte de la ville et m aidant a negocier ma carte de telephone chinoise..Hote parfait, vraiment.
Reste a partir a l assaut de shanghai avec comme seul objectif vu que je suis crevee par le voyage de me renseigner sur la suite du voyage...ou prendre le bus pour ma prochaine etape wuyuan???? le lonely planet dit juste qu il y a un bus c est tout...
Plan d attaque: aller voir
-l office du tourisme
-une agende de voyafe
l-a gare routiere centrale (qui je suis sure n est pas la bonne)
Ca tombe bien ca me permet de passer par des coins plus ou moins touristiques et checket si ca vaut le coup...
Suivent des heures de peregrinations ubuesques dans un shanghai super moche super chaud et etouffant et super desagreable!!!
Ji An temple pour commenser...un faux vieux temple reconstruit...bof bof, je vais meme pas voir, les chinoiseries architecturales je l avoue me fatiguent..
L office du tourisme est une catastrophe ridicule! le type est en train de manger...
comment faire pour aller a wu yuan, pour acheter les billets de bus?
prenez le train
y a pas de train
allez a la gare
mais y a pas de train a wuyuan
allez a la gare...
on me rensdeignera la bas?
non, mais mais vous pouvez louer un taxi.
mais oui bien sur... et depenser 200 euros pour aller en taxi a wuyuan :) merci beaucoup monsieur pour le conseil...
L agence de voyage est au fameux ren min park, place du peuple...
L hotesse vient m accueillir. ah, vous voulez prendre un bus et louer l hotel ? Non, juste le bus.
Ah ben non, on peut pas.
Bon, entre les deux ont defile des km d immeub;es modernes super moches dans un cagnard epouvantable, avenues trop larges, foules mornes et pressees, circulation etouffante...meme le parc etait saoulant avec ses rabatteurs escrocs voulant absolumenrt pratiquer l echange culturel avec moi dans un salon de the ou je paierai 300 euros ma tasse...
Franchement je me dis que j ai la haine, que shanghai est super moche et que les gens sont super desagreables ici...Bien habilles, c est sur!! les filles les mieux habillees d asie meme si vraiment pas les plus jolies, mais pour le reste c est completemet saoulant,moche, sans ame, sans grace, aggressif, usant...
Il me reste un gramme d energie alors je tente la gare routiere...evidemment elle n existe plus elle a ete rasee depuis l an dernier...ben oui, shanghai evidemment...J achete dans une echoppe un paquet de double happiness, ma marque de cigarette, a une vendeuse tellement boudeuse que je me dis, ma fille c est perdu d avance, je me lance quand meme et lui demande ce qu il est advenu de la gare routiere, et ou je peux acheter mon billet...et la, miracle elle se reveille, me sourit regarde le guide se creuse la tete et m indique une agence de voyage qui a survecu au naufrage de la gare routiere...c est pas ecrit dessus ...enfin si, mais en chinois!!! normal que j aie pas percute!!!
Guide en main je m approche courageusement du comptoir repetant mes phrases chinoises...et la zorro arrive!! un chinois se precipite et me dit je vous ai vu demander a tout le monde , je peux vous aider, traduire...et voila!! 10min a gerer l employee au comptoir et m obtenir tous les renseigmements!! un ange!!!
ah la la merci!!! de rien, ca me permet de pratiquer mon anglais...
Vraiment du baume au coeur...d un coup ca me reveile et me redonne courage..je me dis que je suis fatiguee et que je me fais peut etre une mauvaise idee de shanghai et qu on verra demain...
Metro pour rentrer, et au lieu de suivre l itineraire pris le matin avec sam, je m enfonce dans des petites rues pour retrouver la maison...miracle!! il est la le shanghai que j ai cherche toute la journee...petites rues, petites maisons basses, immeubles occasionnels, vraie vie de quartier...vendeurs ambulants, papys dans la rue en pleine sieste, enfants qui jouent a bicyclette...ca deborde de vie, de charme, de rires alors que le soleil devient moins cruel...
De dieu ,de dieu de dieu..j ai courru toute la ville en quete d un shanghai qui etait la, a ma porte, a mes pieds!
Esthetiquement rien de specialement beau, c est pas les hutongs de pekin, meme pas des minuscules allees typiques comme a canton...non, juste des rues normales...mais la beaute elle est chez les gens, dans leurs regards, leurs interactions, leurs vie...
Et je conmprends pourquoi sam sort si peu de son quartier...
Tout n est pas perdu...il y a encore quelques endroits sympas alors a shanghai!!!
jeudi 24 2eme jour a shanghai
2 eme jour a shanghai et je commence a me reconcilier doucement avec la ville...tout doucement... rien de spectaculaire, j ai juste eu l occasion de me ballader dans des coins un peu pllus humains...
On oublie la grande rue commercante sans aucun interet, on oublie le fameux Bund aussi... Franchement c est quoi ce delire touristique autour du bund??? dun cote le grand boulevard colonial et son avenue a 10 voies...de l autre Pudong, la chine facon 21 eme siecle , ses gratte-ciel ....d un cote les immeubles debut 20eme siecle, style banque europeenne, mega laids, lourdingues, grisatres, de l autre la pseudo elegance ultra moderne..hum hum...franchement ca n a aucun interet a part aller regarder les chinois s extasier devant ce double panorama. Les alentours sont chaotiques, pollues et le plus souvent d enormes chantiers poussiereux. Malgre tout c est un peu plus vieillot que les coins ou j ai echoue hier, moins haut et moins froid. Je retrouve les petits stands de bouffe que j aime et les mini restaus et une senasation de bazar agreable apres la modernite vaste et moribonde d hier.
Par les petites rues derriere le bund je descends tranquillement vers la vieille ville. Le guide m a prevenu , c est la chine ancienne, le vieux shanghai facon disney. Au centre le fameux Yu garden, palais chinois entoure de jardins, l attraction la plus fameuse de shanghai, avec evidemment le bund...Foule assuree, je passe mon tour, j ai deja trop vu de palais chinois a pekin, je suis rassasie et la foule, je ne supporte plus. Je pense que la devise de ce voyage sera : toutes les attractions touristiques tu fuiras!
Cela dit le cote disney du quartier n est vraiment pas si terrible que ca...qualite made in china oblige, le faux-vieux a tres vite pris une patine reelle et on dirait que des qu on les autorise de nouveau a vivre a l ancienne, avec pied sur rue, les shanghaiens retrouvent le plaisir de se laisser aller...Donc rien de leche ici, et comme partout on s endort sur les pas de portes au milieu du bric a brac accumule au fil des annees....
Enfin je decouvre le vrai vieux shaghai: des maisons basses de deux trois etages, des allees minuscules, des echoppes partout...Les maisons n ont rien de charmant, en briques, petites et un peu sales, on est pas dans la splendeur de la chine ni l exotisme architectural, mais ca deborde de vie, et, comme par miracle, les gens redeviennent sympas!! des sourires, des petites discuts...Est ce parceque dans ces quartiers a taille humaine on a garde du temps pour l autre, ou est ce que beaucoup d immigres d autres regions de chine habitent desormais ces quartiers insalubres et promis a la destruction? les numeros de telephone graffes partout sur les murs (numeros destines aux emigres des provinces, ce sont des qui leurs promettent des permis de residence contre beaucoup d argent...) font penser a la deuxieme option...
Je suis heureuse de me ballader dans ces quelques quartiers en sursit, mais c est aussi extremement poignant...La quasi totalite de ceux indiques par le guide qui n est vieux que d un an ont deja disparu et ceux qui restent sont litteralement de minuscules ilots au milieux d oceans de chantiers qui les cernent, dans un an ils auront tous disparus.
De ce vieux shanghai il ne restera rien , absolument rien, quelques quartires secrets comme celui de sam peut etre, a la lisiere de la french concession, mais qui eux aussi seront bientot detruit.
C est vraiment comme asssister au massacre a la tronconneuse d un chene centenaire.
Je sais que comme moi vous avez surement lu des tonnes d articles sur le sujet, comme moi vous avez deja lu les arguments en faveur de ce ...ces quartiers sont insalubres, les chinois sont bien contents de se retrouver dans des tours avec l eau courante..a 20km du centre ville. Franchement ce reste a voir, et je vous jure qu apres la journee d hier a errer comme une ame en peine dans ce shanghai sans ombre ni ame, trop vaste, trop motorise, il est impossible de ne pas avoir froid dans le dos en se promenant dans ces derniers ilots d humanite promis au grand massacre.
D autres modeles etaient possibles, de renovation , de redeploiement plus lent, plus humain.
maintenant il est trop tard de toute facon. Tout est promis a la destruction.
La chaleur est absolument terrible, comme a sinagpour les jours ensoleilles et sans vent, en pire encore, mais a singa le soleil finit toujours par se cacher, ici il ne faiblit pas du matin au soir et le metier de voyageur est bien douloureux de 10h a 16h...la solution c est de marcher lentement et faire de tres nombreuses pauses des qu il y a un bout d ombre, mieux encore se refugier dans les parcs avec les vieux, la ou la chaleur est plus torelable. Chaleur qui ne decourage pas les valeureux sportifs qui s agitent dans les zones de culture physique, les memes qu a singa, avec des appareils metalliques, un peu comme dans les clubs de gym mais qui se servent du poids du corps comme unique resistance. C est ingenieux et ca marche, j a i essaye a singa! Certains parcs sont non fumeurs, c est ecrit en enorme a l entree, mais contrairement a hong kong ou personne ne se risque a en griller une, ici tout le monde fume clope sur clope allegrement, y compris les fameux sportifs sur leurs engins!!!
En tout cas c est beau, c est calme et c est humain un parc, et ca fait du bien. Plein de scenes de vie aussi, comme cette petite fille qui se fait mal sur l un des appareils et ce met a hurler...le pere qui a deja deux bambins a ses cotes n en a que faire, il la releve brusquement et poursuit son chemin. C est un campagnard a la peau halee, au regard dur et aux manieres brusques. La petite reste en plan et continue d hurler. Tous les vieux se retournent et regardent la scene. Le pere continue de s en aller...Il revient une minute plus tard, tirant violemment la gamine par le bras, encore en pleurs.
Comme tous les gamins du monde, ce n est pas de douleur qu elle pleurait. Elle pleurait parce qu elle avait eu mal et peur, elle pleurait pour que quelqu un la prenne dans les bras, la console et la rassure. En chine on a pas de temps a perdre dans de telles mievreries.
Ce soir elle aura surement droit a une bonne raclee pour lui apprendre a ne pas faire des manieres comme ca en public.
La ballade continue, direction xitandi, le nouveau modele hype de deveploppement urbanistique: on sauve quelques vielles maisons, on les retape et on en fait un coin bobo...bon, l architexture c est vrai est jolie, melange de quartiers ouvrier anglais et de chinoiseries, ca valait le coup d etre sauve. A part ca rien a voir, starbuck and co et pleins de restaus chics pour nouveau riches...Le seul endroit en ville ou on peut diner al fresco...on a meme fait saute quelques batiments pour creer des placettes a l europpeenne, les chinois en raffolent et le modele s exporte dans tout le pays. C est minuscule et vaguement ridicule, mais qui sommes nous pour juger?
Osui a paris on a pas tout demoli, bien que haussman ait fait du bon boulot, mais on a aussi peu a peu vide la ville de tous ses , de toute la vie de quartier qui y grouillait...renovation, gentrification, loyers en fleche...
Plus doux, pas de bulldozer comme ici, juste la loi du marche tout aussi implaccable.
Les centres villes se vident de leur vie, shanghai devient invivable, on rase tout on fait des tours...nous on a pas tout rase, mais on fait partir toutes petites gens et maintenant on rame our retrouver un vivre ensemble, un art de vivre en ville...
Etape suivante, la french concesssion. Le premier matin je n en ai vu que la frange ouest la plus calme la plus bourgeoise avec ses grandes villas, ses ambassades et son calme nonchalant. Plus intime, la partie est est censee etre celle des artistes, des designers, des architectes, des pubeux...en un mot, celle des bobos!!! Je crains de decouvrir une sorte d enclave bien lechee, propre sous toutes les coutures, bien designee, bien mignonne mais un peu morte avec ses boutiques de fringues hype et ses bars a la mode.
hum..a l eau!!! c est pas du tout ca...D abord c est immense...et epuisant a parcourir a pied! (delphine, lis l echelle de la carte avant de te lancer comme ca!!!)...et c est pas du tout mort ou bobo ou quoi que ce soit.
Rien a voir avec le petit ilot de canton, ce vaste district qui etait interdit aux chiens et aux chinois durant la periode des concesssions occidentales a depuis longtemps etait repris en main par les chinois. Aujourd hui toute une vaste classe moyenne chinoise y vit et ca n a rien d un desert mignon mais infertile, rien non plus d un ghetto bobo. C est un quartier plein de vie, un quartier pas forcement populaire mais pas non plus elitiste. En fait bars boutiques designs etc sont disperses ou reclus dans certaines rues, le reste mele joyeusement magasins de fringues viellottes pour commeres, epicerie du coin, bonneterie, petits restaus...tout et n importe quoi en fait comme n importe ou.
Je traverse le quartier vers 17h quand tout le monde rentre du bureau soulage d avoir survecu a une nouvelle journee de fournaise; les velos filent dans tous les sens, les pietons se bousculent sous les platanes et les voitures vrombissent de partout. La seule vraie unite du coin ce sont les platanes sagement ranges a la francaise le long des rues et la hauteur des batiments, 4 - 5 etages maximum...sinon c est un joyeux bazar architectural, entre notting hill et deauville pour les villas bourgeoises, minis cites facons sncf, immeubles berlinois un peu de tout , tout emmele. Question ambiance ca me fait penser a la rue des pyrennees, mais a plat...et chinois! les occidentaux ne sont pas si nombreux et l ambiance general est totalement chinoise.
Visiblement les gens sont heureux de vivre ici, tres heureux....soudain je me dis que le vrai shanghai c est celui ci...pas celui qui est en train de mourrir sous les buldozers, insalubre et destine a mourrir, pas celui des condos et tours de hlm baties a tout va. Un shanghai bati bas et large mais avec de vraies rues et la possibilite d une vraie vie, ou tout respire a la fois la modernite et un plaisir vieux comme le monde a vivre ensemble. Bref c est l europe revisitee par la chine, et d un coup je me demande si les europeens n ont pas invente en realite la seule architecture urbaine capable de rendre les gens heureus...ni sale, ni aseptisee, ni trop individuelle et vaste et etale comme la suburbia americaine, ni trop entassee comme les vieilles cites chinoises, ni trop vertical et inhumain comme ces tours sans ames...
En tout cas ce shanghai je l aime, je l aime vraiment, meme s il est tout aussi epuisant que le reste, avec les bagnoles, la pollution, les velos partout, les feux qui ne sont la que pour faire joli comme les sens de circulation. Un shanghai pour faire rever les bobos du monde entier, authentique et rigolo avec son architecture a taille humaine, ses vieilles maisons qui s ecroulent les unes sur les autres et ce charme fou qui suinte de partout...Tu m etonnes que tous les europpeens veulent habiter ici!!! c es le seul endroit vivable de shanghai...mais ouh la la la! quand on prend l habitude d ici...en sortir ce doit etre infernal!!!
Et voila...fallait chercher...une fois de plus shanghai me surprend, la french concession je la voyais pas comme ca du tout, vivante et energique. En tous cas je suis certaine que le vrai shanghai est ici,shanghai qui n existait quasiment pas avant l arrivee des europpeens , shanghai enfant incestueux de l europe et de la chine.
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Publié à 03:19, le 6/09/2008, Shanghai Mots clefs :
vendredi 25...la grande merveille de chine...
Aujourd hui, on part avec sam se mettre au vert...direction hangzhou, a 150km au sud...hangzhou et son lac chante par tous les poetes classiques...
Mais d abord un mot de la soiree d hier...ma premiere nuit dans shanghai. C est fou comme la nuit peut changer une ville! L obscurite masque les laideurs, les neons reveillent les rues les plus tristes et les visages s eclairent de la joie d en avoir fini avec une journee de boulot....
C est vraiment la premiere fois que je me ballade le soir dans shanghai et l impression est toute differente...plus de gris, plus de trottoirs brulants, plus d avenues trop larges, shanghai brille de mille feux et meme la foule semble plus legere.
Ma station de metro, un mega hub ou se croisent 3 lignes de metro entre quatre giga malls, est transfiguree, tout devient leger et joyeux. Dans le grand parc au bas du shopping center une fete s improvise...la un homme donne des cours de ...euh..? salsa...? il se dehanche et montre a une gamine comment s y prendre...plus loin sur fond de musique pseudo dance chinoise une multitude de couples s elancent entre valse et musette tandis qu a cote on se dechaine sur des karaoke improvises. D autres sont tout simplement assis sur les pelouses et apprecient le semblant de fraicheur; il a fait 38 degres a l ombre aujourd hui, et plus de 80 % d humidite!
Les petites rues se vident de leurs chalands, on remballe les etals, les bicyclettes vous filent entres les pattes comme des bourdons survoltes de tous cotes et les commercants ont definitivement repris leur poste prefere, sur la chaise longue devant leur echoppe.
A peine le temps de prendre une douche et sam debarque d excellente humeur me proposant une petite sortie.. Sure! zanmen zou ba! on y go (je lui apprends quelques phrases de vrai francais! )...direction les franges est de la french concession, chez son ami tatoueur, celui chez qui il a passe son premier moi a shanghai.
C est une chinoise costaude et tatouee de pied en cap qui ouvre la porte du pire maelstrom imaginable. Niche au coeur d une cite hlm des annees trente, avec evier collectif a l entre pas entre chaque etage, escaliers de bois et feeling tres vieux machin europpeen (mais y a quand meme des salles de bains perso maintenant...euh..peut etre pas a tous les etages...), parseme d un soupcon de chic napolitain (la lessive seche partout dehors sur le labyrinthe de fils electriques..), l appartement est un capharnaum absolu ou regne en maitres tom et jerry, tom, petite chienne adorable sauvee d un pet shop peu scrupuleux, et jerry le chaton ramene il y a 3 j du magasin de de fruits, 1 mois et une folle envie de sauter partout...Entre les crottes de chat, les megots et les cadavres de bieres je trouve 20 centimetres propres sur le sofa pour poser mes fesses, et le proprietaire des lieux, un gros costaud tatoue, sort en slip de la douche...Elle est chinoise, il est irlandais , et tiennent un magasin de tatouage celebre en ville. Elle a fait l objet de tout un tas de portraits dans la presse etrangere; avec ses tattoos sur le cou elle est l embleme du new shanghai....en fait elle vient de harbin, tout au nord, qu elle a fuit justement parce que la haut ca ne se faisait je remarque tout de suite sur le bras de mon hote des motifs made in jerome bosh. Je lui en fait la remarque. etonne il me dit que personne n a jamais su de quoi il s agissait...s en suit une conversation exaltee sur bosh, la peinture du 15 eme siecle les sectes post millenaristes et notre passion commune pour les representations du jugement dernier en peinture...entre deux whisky, 10000 gallipettes de tom and jerry qui se poursuivent inlassablement et ..les crottes de chat partout!
En un coup de taxi on se retrouve au windows underworld (references evidente a windows on the world...le fameux bar qui se trouvait en haut des twin towers de new york...)...un bar souterrain sans un gramme de design, un bar, un espace pour danser, des baffles..et en avant la musique! les bieres ne coutent rien, 10 kwai, 1 euros...tout juste 6 fois plus cher qu a l epicerie, autant dire rien...tout le monde est la pour boire danser et s amuser sans chichis , les tournees se succedent , les discuts aussi avec plein d amis de sam venus d un peu partout...le galleriste venu du nord, harbin, et qui a fui le coin a cause de son homosexualite, refugie sexuel a shanghai en quelque sorte...l americain exalte qui debarque de chengdu ou il a passe trois ans, amoureux comme tout le monde semble t il du sechuan, l australo-taiwanaise super sympa, ambassadrice de la communaute des couchsurfers avec qui je parle beaucoup de shanghai et singapour, des visions differentes de la vie et de la societe dans ces deux villes...foin de parlottes, un autre bar nous attend, une sorte de bunker souterrain que l on atteint apres traverse un long tunnel...jungle music a fond ambiance dark, c est new york!...je retiens surtout les parfums de souterrains, l odeur de cave que je n ai pas sentie depuis des annnees...moins assepetisee que singa, shanghai reveille en moi de nombreux souvenirs enfuis...ah les odeurs!
Compare a singapour c est donne, sans chichi, anar dans l esprit et plutot rigolo!...ce n est pas representif de la nuit a shanghai, juste un apercu des lieux ou se retrouve une certaine communaute, ca tombe bien, c est celle qui ne frime pas, celle qui me manque a singa..
Reveil brumeux et difficile comme on l imagine...on part en excursion, mais avec sam on stresse pas, on se pointe juste a la gare sans se pressser et on verra bien!!!
On voit tres bien car dans l immense aerogare facon aeroport futuriste, un train nous attend justement! On a pas de places assises donc on reste dans l entre wagon avec les fumeurs, et franchement je m attendais a pire...rien a voir avec l inde tout reste bien ordonne, pas de foule insupportable, juste un peu de monde pose la, debout ou assis sur des ballots...A la premiere gare ca se vide et une chinoise vient nous chercher, venez vite y a de la place ici!! vraiment sympa...
Voyager avec sam est un bonheur! Son chinois est parfait et il y a toujours une occasion d engager la discut; il m ouvre les portes d une autre chine, souriante et ravie d echanger avec l etranger, simple et chaleureuse. je souffre de ne pas comprendre mieux le chinois...je comprends les accents clairs et distincts, pas ceux des petites gens, meles d inflexions provinciales et empate par une dentition malheureuse. Je me sonsole, au moins on me comprend..... du balayeur a la paysanne en chemin pour rentrer a la maison jusqu au voisin de bus, on discutera avec tout le monde!
Rien est evident en chine et mieux vaut ne pas avoir peur de demander, mais je pense que meme sans parler un mot on y arrive, en montrant les plans, a force de grands gestes et d immenses sourires. Les gens semblent parfois un peu fermes, c est juste de la reserve, et si on demande de l aide on est sur de l avoir..et si comme sam on se demerde super bien en chinois, on arrive vite a faire eclater de rire tout un bus de citadins...
Hangzou donc c est la merveille de chine, un lac magnifique orne de batiment delicats, la grande destination, le reve des jeunes maries...je m attends a des troupes de touristes infernales mais c est juillet, la chaleur est atroce et c est un jour de semaine... et le lac est immense...donc pas si catastrophique que ca, on peut encore apprecier et meme s isoler dans des coins secrets...mais avant le lac, une heure d embouteillages a travers cette ville qui est aussi extremement moderme et prospere, hangzhou, 6 millions d habitants, c est la chine qui gagne..
Le lac est un enchantement, partout la foret et les entrelas du lac, les petits pavillions poses au bord de l eau.
Il fait chaud, tres chaud. Poses au bord du lac a fumer une cigarette avec le balayeur on se rend compte qu il fait si chaud que meme sans bouger un doigt nous suons comme des fous, a grosses gouttes..humidite ...90%
Un orage raffraichit l atmosphere et apres un diner bien epice nous rejoignons cette fois la gare centrale...embarquement au dernier moment...sans resa evidemment. C est le super train rapide equivalent du tgv climatise a mort et absolument non fumeur, bourre de touristes occidentaux...on trouve une place par miracle et le chinois d a cote nous propose de partager a trois les 2 sieges. Conversation enflammee sur la notion de liberte, ..euh en chinois, donc moi j ai droit qu a la traduction1!!
Ce train est une experience assez violentes compare a celui du matin, plein de gens simples en route vers leur famille, leur boulot leurs amis. Un train legerement chaotique, libre et sympatique. La c est le tgv, froid, aseptise. on se regarde avec sam, on pense la meme chose!
Venez vite en chine, tres tres vite. bientot il n y aura plus que des tgv.10 ans je vous donne dix ans , sachant que chaque mois qui passe un pan entier de la chine s effondre, bientot on voyagera en chine de bout en bout en tgv, on vivra dans de grandes tours et on mangera des mac do et des pizzas hut partout.
Et on ira admirer hangzhou en vitesse supersonique. 5 minutes d arret pour la photo.
Une anectdote pour finir, sam a shenzheng, le grand atelier de la chine, un cafe dans un starbuck, un orage, tout le monde se refugie par terre sous un auvant, sam au milieu des serveurs et des ouvriers du coin entame la discut, assis a meme le sol...
Passe un jeune chinoise chargee de sac (faux) prada.
Il parle chinois avec tout le monde; elle l interpelle en anglais:
why do you do that?
because it s nice, people nice, we are talking about china...
(la politique, les loyers, l inflation. les migrations., les conditions de vie etc..
and you? what are you doing?
shopping.
why?
Grand blanc. Grand desarroi. La demoiselle s eloigne sans un mot.
Bonne nuit shanghai, demain derniere journee avant le bus pour la campagne!!!
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Publié à 03:21, le 5/09/2008, Hangzhou Mots clefs :
samedi 26: dernier jour a shaghai
Sam m a convaincu de tenter de faire un tour en fin de parcours a Chengdu, dans le Sechuan, en 3 semaines c est pas gagne donc il faut que je me remette en route des demain!
...une derniere journee donc, juste le temps de faire un tour au fameux marche de Jipulu acheter deux trois tshirts pour la route, et aller visiter le shanghai arty de Mogushan Lu...
Le marche est assez affreux , dans une zone sale et pauvre, et vraiment pas accueillant. Toutes les horreurs sorties des entrailles des usines de shenzhen se retrouvent ici, la foule est dense sur les 4 etages de vieux shopping center et rien ne donne envie de trainer.
J ai quand meme droit au passage a mes vraies toilettes chinoises: une grande salle avec des murets de 50cm de hauteur et 15000 chinoises qui se regardent entrain de faire leurs besoins et se precipitent des qu une se libere...J avoue que je passe mon tour en me disant que ca peut bien attendre!!!
Moshugan lu est d une autre trempe... en gros encore une friche industrielle recuperee d abord par des artistes, puis les galleries ont suivi et les artistes pour la plupart sont repartis...Excellente surprise neanmoins, la premiere gallerie que je visite presente des tableaux tres proches des miens dans l esprit et la technique. Intriguee je me renseigne sur l artiste...qui debarque tout souriant! La cinquantaine, cheveux longs et barbichette, il est taiwanais et ne parle que le chinois avec un accent terrible! Heureusemnet j ai rendez vous avec amelia, une autre couchsurfeuse , passionnee d art et qui s est propose de faire le guide. Elle est impeccable en interprete et c est tres frustrant de voir qu elle je la comprends super bien, mais que lui, c est impossible!!! On parle un peu boutique et technique, les possibilites d exposer sur paris, l art a taiwan et a shanghai...il nous fait visiter son magnifique atelier au dessus de la galerie. Wouah! C est ca je crois le reve d un artiste!!! une grande gallerie et juste au dessus un grand atelier!!!
Il vient chaque mois a shaghai gerer sa galerie, et vit a taiwan le reste du temps. C est frappant de voir combien notre travail converge et comme ce n est pas le premier peintre taiwannais qui me tape dans l oeil ca commence a me donner des idees!!!
Mogushan Lu ressemble beaucoup a danshanzi a Beijing, le meme feeling industriel, les memes grandes galleries, en beucoup moins grand et moins joli, le cote campagne en moins...Je vois pas mal de choses interressantes, bien loin des cliches sur l art chinois forcement pop-art. Shanghai a une reputation plus commerciale que pekin, mais franchement ca saute pas aux yeux. Amelia m explique aussi qu a shanghai artistes etrangers et chinois se melangent moins, ce sont deux scenes differentes...
Je suis desolee d avoir si peu de temps pour amelia car on s entend tout de suite super bien. Chinoise d Indonesie elle a quitte le pays en 97 lors des emeutes, a finit ses etudes a kuala lumpur, puis vecu a singapour et beijing et desormais vit a shaghai. C est quelqu un de simple, ouvert et genereux qui vit l art avec son coeur, sans aucun pedantisme.
Elle me fait decouvrir un petit ilot au milieu d un terrain vague. C etait une galerie, tout a ferme, ca va etre detruit, mais reste cette image surrealiste de cette grande demeure bourgeoise perdue au milieu des gravats et des herbes folles...
Ce dernier jour a shaghai je retrouve les petits ilots de vieilles maison que j aime tant, et partout ces terrains vagues envahis de buldozers, cernant la ville de toute part...et ces grands immeubles modernes et effrayant, gris et menacants, partout, a perte de vue...Perdue au milieu de ces rues sans ames ou au coeur de la station centrale du metro, ren min square, en transit d une ligne a l autre, dans la foule catastrophique qui se presse, je trouve parfois shanghai desesperante, c est comme une vis qui me sert le coeur.
On ne peut pas ne pas se demander comment on en est arrive la, on ne peut pas ne pas penser a la planete devoree a coup de buldozers et rever d une vie plus douce, rever d un village, ou les autres ne sont pas des corps, des obstacles, mais des gens, amis ou ennemis peu importe, mais des visages, des etres humains, des vies, des histoires.
Immeubles monstrueux et foule infinie, c est un des visages de shanghai qu on ne peut pas ignorer, oublier.
Pourtant la vie peut y etre douce...dans les allees cachees des vieux quartiers oublies ou juste en sursis, ou dans les enclaves de la french concession. Taikang Lu est une enclave 100% bobo pour le coup, ce que je craignais de trouver partout dans la french concession....en fait ce sont juste quelques rues emplies de bars, galeries, bijouteries et boutiques designs...et apres tout, meme si tout est faux c est sympa, sympa de se dire qu on peut echapper quelques heures a l oppression de shanghai, meme si c est pour s offrir un faux chic arty europpeen.
Mais c est sam qui a le dernier mot...apres un excellent diner sechuanais nous partons boire des bieres dans une petite contre-alllee a deux minutes de chez lui. Les bieres tournent, les enfants jouent les brochettes grillent au coin du feu; une vraie vie de village a 500m des mega shopping centers....Dans la rue d a cote ils n ont plus droit de sortir des tables sur le trottoir, parait que ca fait pas civilise, pas joli pour les jeux olympiques....
Je sais que je visite shanghai a un moment difficile, le gouvernement parano interdit tout, met tout le monde au cordeau d ou le cote un peu froid. Sans sam je crois que j aurais deteste shanghai; il m a amene dans ses endroits secrets et fait decouvrir que l on pouvait encore avoir une vie sympa a shanghai.
Je quitte meme la ville en me disant que c est trop tot, que j aurais pu y passer plus de temps...un peu plus...
Alors hong kong, shaghai, pekin?...ou bien taiwan l outsider? impossible de faire des choix, chaque ville me semble paree d attraits differents...taiwan evidemment n etant encore qu un fantasme dont j apprends a me mefier!!...dans tous les cas j espere pouvoir renouveller mon permis de sejour car la visite se hong kong et shanghai m a quand meme pas mal refroidi sur les megalopoles asiatiques....certes la vie y est peut etre plus excitante qu a singapour mais non, ce n est pas new york, paris ou londres, beaucoup de monde, beaucoup de stess, beaucoup de pollution, et finalement tres peu de culture. A singapour au moins la vie est douce et si on se sent parfois oppresse c est juste que l ile est petite et que ca rend un peu claustrophobique...mais il suffit de partir se mettre au vert pour retrouver avec plaisir le calme quasi provincial de la ville-jardin.
Me voila finalement heureuse donc de partir retrouver la campagne et le calme, mais je quitte shanghai un petit pincement au coeur quand meme: ville dure parfois a la limite du supportable..mais avec ses ilots de bonheur si on sait la gerer, si on apprend a la connaitre.
Et 5 etoiles a sam, et au couchsurfing!!!! :)
PS: un mot pour finir sur la mode masculine a shanghai...la couleur phare de la saison, le orange, limite fluo...j ai tellement vu de tshirt orange que je croyais que c etait un uniforme officiel!!!
Autre costume tendance, le pyjama, porte en toute occasion, de preference par les hommes murs, occasionellement par les jeunes, une facon delicate de signaler qu on a pas besoin de s habiller pour travailler!!! a importer d urgence a paris messieurs!!!
Au rayon mode enfantine, les petits chinois portent des shorst completement ouvert a l entrejambe, et pas de couches a moins que les circonstances les y obligent, comme un voyage en train et encore ce sont de simples demi-couches retenues par des elastiques....les pantalons ouverts leur permettent de s accroupir des qu ils ont un besoin pressant, ou aux parents de les porter jusqu aux toilettes...mais meme en train personne ne s offense si un petit s accroupit pour faire ses besoins au milieu du couloir!
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Publié à 03:24, le 4/09/2008, Shanghai Mots clefs :
dimanche 27, en route pour la campagne...
8 heures de bus cette fois...et ca commence par des banlieues qui n en finissent pas!!! des immeubles au km par groupes de 10, 20 tous identiques, dans une plaine morne et plate. Puis un peu de campagne pas bien jolie....je me reveille en revanche au milieu des montagnes tandis que nous filons sur une autoroute flambant neuve. Rizieres dans la plaine, the plante sur les flancs des collines, le moindre espace semble utilise pour tenter de faire pousser quelquechose. Le Jiangxi semble etre une province riche, les villes sans etre jolies respirent la prosperite et le paysage luxuriant est arrose de nombreuses rivieres....et les comptes en banques, on dirait, sont regulierement nourris par les migrants partis travailler dans les provinces voisines.
Quand on quitte l autoroute ca devient carrement idyllique, la campagne, la vraie, sur fond de montagnes, pas un gramme de pollution et plein de panneaux solaires sur les toits, voila qui faitb plaisir a voir!
A Wuyuan, la petite ville ou tout le monde est bien content d arriver apres 8 h de bus dans les pattes, n a rien d esthetique, deux routes qui se croisent, point barre, et le bourg tout autour..
Mais je suis contente d arriver, le bus c est beaucoup moins sympa que le train!!! on roule non stop pendant des heures, sans arret pipi, ert quand enfin on s arrete la patronne du bus, qui gere le conducteur et les voyageurs hurle un truc du genre: pause dejeuner, 10 minutes d arret, et que ca saute!!! Tout le monde se precipite aux toilettes puis faire la queue pour acheter un ticket qui permet de recuperer un plateau repas rempli a la demande comme chez flunch, de riz, viande et legume. une deux une deux, on avale tout (pas mauvais) et on repart!...rien a voir avec l ambiance bon enfant des etapes des bus indiens ou dix echoppes se dispuutent les plaisr de vous servir un chai trop sucre, une galette et un peu de dhal...ici tout est affaire d etat, il y a un restau, une boutique tenue par des employees en unniforme...et c est tout....l ambiance est pas forcement top avec les etrangers non plus, on vous ignore et vous laisse vous demerder.
Retour au capitalisme delicieux a l arrivee...il est temps de negocier le taxi moto qui m amenera au village ou je veux paser la nuit...evidemment le petrole est devenu tres cher...ha ha ha..evidemment je me fais gentillement avoir, mais mon taxi est sympa et quand il parle chinois je le comprends!!! et il m amene a une guest house sympa au milieu du village, alors je le garderai demain, apres moults negociations en chinois, pour le tour des 4-5 villages anciens de la region que je veux visiter.
Il faut dire que ma premiere etape donne vraiment envie de poursuivre, oui c est sur, faut payer un ticket d entree et passer un tourniquet pour entrer (glups!!!)...mais passe le barrage touristique, on est vraiment peinard...Faut dire que j arrive a 17h alors que les groupes chnois avec petits drapeaux et megaphones plient bagages, parait que en journee, c est pas exactement la meme histoire..
Je verrai ca demain, pour l heure c est le bonheur...un magnifique vieux village le long d une riviere, un village qui vient a peine de se convertir au tourisme et ou les gens donc sont encore super sympas et n ont pas cesse de vivre...Bref on vacque aux travaux des champs, on lave le linge et soi meme dans la riviere, des dizaines de poupons chinois sont baignes dans des bassines, et partout les ni hao sont accueillis au moins d un sourire si ce n est d une invitation a s assoir..et tenter de bavarder!...tenter car l accent est catastrophique, je comprends un mot sur 10 et m efforcde de suivre a peu pres la discussion s en m enfoncer de trop...je passe un bon moment avec l artiste du village qui grave des pots en bambous, m expliquant avec force gestes tout le processus de creation de ces pots, deux bonnes heures par piece. Il ne gagnera que 2 euros et quelques par pot, mais il semble aimer son boulot, avant il le faisait pour son plaisir, maintenant c est devenu son metier, il lisse, ponce, tourne sur le feu et grave ses bambous a longueur de journee de jolis paysages de la region.
Si ce n est les difficultes de langage, la communication est super facile, les gens sont adorables y compris dans la maison ou je dors, ils sont vraiment aux petits soins...le tourisme c est nouveau ici et on a pas encore appris a etre desagreable.
Le plus etrange ce sont les quelques femmes qui me poussent leur gamin dans les pattes et me demandent de leur apprendre a dire ...euh, on se sent un peu mal quand meme...
Evidemment dans tres peu de temps le village sera riche mais pourri par l argent, les sourires d antan delaves par les billets.
En attendant c est magique, et je ne regrette pas tout ce bout de chemin un peu aleatoire pour arriver jusqu ici... En revanche je ne comprends pas tout: comment un si petit vilage peu avoir de si grandes et belles maisons, des temples des pavillons? et quel est vraiment le quotidien au dela de ce qu on peut voir?
C est deja bien de parler un peu, sans ca je n aurai surement pas ose partir toute seule comme ca a l aventure a la campagne, et je ne pourrais avoir aucun contact, mais quand meme c est desesperant de comprendre si peu quand ils parlent...
Enfin, au moins on parle; je ne fais pas que passer avec mon appareil photo et mes billets...
lundi 28
Deja deux semaines de voyage et je n ai rien vu passe!..reveil a six heures comme d habitude avec le soleil, mais aujourd hui au chant des oiseaux...
Mon guide m attend avec sa moto a 8h pour aller faire la tournee des jolis villages du coin.
En fait j ai tres vite une overdose de tourniquets a l entree et de tickets payants, 2 ou 3 euros a chaque fois! Le premier village est surtout connu pour son joli pont vieux de 800 ans...charmant jusqu a ce que debarque deux trois groupes de touristes chinois, le guide un petit drapeau en main et surtout un enorme megaphone pour hurler les explications, le tout dans un grand bazar de a faire rougir les japonais! Evidemment comme toujours il suffit de s eloigner de 50m pour retrouver le calme, en l occurrence un petit coin de riviere ou les femmes font la lessive et deux villageois baignent litteralement une armoire en la plongeant dans la riviere avant de la recurrer a l eponge...les chinois sont extremement propre en fait, contrairement aux idees recues, au moins pour ce qui est de l espace prive, comme en inde. L espace public c est une autre histoire, on jette tout et n importe quoi par terrer et c est vrai ils crachent partout dans les rues, les bus, les trains, partout...pourtant tout semble extremement propre car une armee de balayeurs est payee par le gouvernement a nettoyer non-stop, c est le cote commusnite... Cote toilettes l hygiene est...euh...collective...j ai encore droit a ces toilettes communautaires...six trous et pas un muret...chacun son trou et puis voila, je m y fait doucement vu qu il n y a pas le choix. plus je m enfonce dans la chine profonde plus l idee meme de toilettes individuelles devient une jolie chimere...
Sinon dans les villages il y a des teles et des paraboles partout mais visiblement pas de machine a laver le linge ou tres peu...Mon guide m explique en rigolant que s il a le choix il prefere la tele a la machine a laver...normal c est pas lui qui lave le linge a la riviere, c est sa femme, sa mere, sa soeur!!! sympa en hiver dans 30cm de neige!!!
La route jusqu au village suivant est un enchantement, au moins une vingtaine de km a moto et en grimpette au milieu de vallees incroyables bordees de riizieres et de pics impressionnants, quelquepart entre l asie du sud est, l ardeche et la savoie. Le village est tout aussi magique et il n y a qu un groupe de chinois que nous laissons filer pour etre tranquille. Le village est assez loin donc peu de groupes font le deplacement pourtant le lieu est a couper le souffle, dans un grand cirque de montagnes sauvages. La aussi il faut payer l entree, mais pour une fois, ca vaut le coup...
Apres un bon repas de petits poissons des rivieres la route reprend sous un soleil implaccable...je rentrerai toute rouge a la maison!!!
Je discute bien avec le guide qui me parle de sa vie, de ses deux filles, de ses boulots de ci de la qu il prend chaque annee a shenzhen ou canton ou ailleurs, pour ramener un peu d argent a la maison, le prix de sa moto (600 euros, trois mois de salaire...)...etc.
Il est tres etonne d apprendre que je gagne moi meme tres peu d argent...on m a fait payer hier 5 yuans un paquet qui en valait 2, (ceux sont les cigarettes de paysans et tout le monde rigole quand je le sors)...quelque chose change en lui, comme s il conmprennait que tous les touristes ne sont pas blindes de dollars...Alors au village suivant alors qu on me demande un prix exhorbitant ( plus de 5 euros), il explose et me dit pas question, y en a assez, on se barre!!! c est meme pas bien ce village!
On reprend la route et on trouve un petit village super sympa (et sans peage!!!) pour se poser au bord de la riviere sous un arbre enorme et centenaire, avec quelques villageois.
Qu est ce qu on est bien! pas de megaphone, pas de tickets, pas de maison du vieux lu machin a visiter...juste la fraicheur de l ombre et le chant de la riviere.
L argent en fait evidemment ne va pas aux villageois mais dans les poches de quelques cadres de la province planques dans la capitale. Bien sur les touristes ramenant des sous aux commercants, aux chauffeurs, aux guides, et le coin jouit d une evidente prosperite; en s elognant de ce coin touristique les paraboles disparraissent , les jolies maisons neuvent aussi....Mais la plupart des gens ont surtout l impression que leur village devient un zoo sans qu ils en profitent vraiment...tout le monde s echauffe autour de l arbre, le sujet est sensible...tout comme l histoire du paquet de cigarette a 5 yuans, je sens qu ils se sentent blesses, insultes que des compratriotes puissent donner cette image de leur region. Ce soir au village , un vieux me racontera que pour une seule personne, ma chambre double aurait du couter deux fois moins chere. Lui aussi me regarde gravement et retombe pensif dans un grand silence.
C est ainsi que petit a petit le voyage coute de plus en plus cher...c est pas l inde ici et avec l inflation touristique les yuans filent bien plus vite qu on le croirait. Ca reste raisonnable, mais pour un budget de backpacker ce n est pas donne non plus.
En tout cas on ne me reverra plus dans un village a peage, je vais apprendre a demander ou sont les villages sans peages...apparemment ca fera plaisir a tout le monde, et surtout au guide!
Quant a mon petit village de xiao likeng, meme s il n est pas du tout isole comme le grand likeng isole dans ses montagnes, il est toujours aussi charmant ,et je suis heureuse de retrouver ma jolie guesthouse de pierre et de bois apres cette tres longue traversee de la region a moto...c etait absolument splendide et je regrette de ne pas avoir le temps de trainer un peu plus dans les villages moins touristiques justement.
Mais xiao likeng est deja formidable a la tombee du jour, quand partent les touristes et ne restent que les rares etrangers qui y dorment...lessive, jeux, travaux des champs, et petites discutes au bord de la riviere, c est un festin pour les yeux et les oreilles....la soupe de nouilles aux aubergines et champignons est un delice qui ne coute rien (50ct) et les enfantts tout excites se battent presque pour venir discuter avec vous dans une ambiance survoltee de debut de soiree...ca sent l ete et les vacances et ca me rappelle plein de souvenirs de vacances dans des vilages!
Pui les teles s allument et les rues se vident, restent les vieux qui en ont trop vu pour s en laisser compter par la tele, les vieux et les chats, poses sur les pas de porte, regards dans le vague.
Repos bien merite, demain ca se corse...trouver le moyen de rejoindre Guilin et ses fameuses montagnes en pains de sucre...pas reservation ni meme d horaire de train ou de bus, c est l aventure!
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Publié à 03:25, le 3/09/2008, Jingdezhen Mots clefs :
mardi 29-mercredi 30
On the road again...avec aujourd hui un parfum d aventure!
Mission: rejoindre Guilin et ses fameuses montagnes en pains de sucre...Pas d horaires, pas de resas, aucune info, juste une carte qui me permet d envisager plus ou moins sereinement une connection par train dans la petite ville a une centaine de km...
Alors c est parti! Moto-taxi, puis minibus avancant cahin caha sur les petites routes de la region, puis la fameuse petite ville...re-moto taxi...la gare enfin!
S agit alors de choisir le bon guichet, deux queues, deux employees...laquelle sera la plus patiente avec moi? la plus comprehensive? Sous le regard amuses des chinois, mon tour arrive enfin...Pour tout le monde cest le grand spectacle, lattraction et pour moi c est toujours drole de voir la lueur de panique dans les yeux de l employe quand, vous, l etrangere, vous avancez avec votre barda... Regard desespere de la jeune femme de droite et de gauche...y aurait pas quelqu un ici qui parle anglais??? non y a pas...va falloir se comprendre! Je comprends pas un mot mais je suppose qu elle m explique sur un ton de panique qu il n y a pas de train direct...ah! changer le train a xxx? shi de! shi de!!! oui oui!!! Grand soulagement, on s est comprises et je repars avec mes billets en main...
Les petites villes c est vraiment rigolo, tout le monde vous regarde avec de grands grands yeux...surtout quand en plus il y la gros sac a dos! A cote de moi dans le train un vieux voyage avec un simple saut en plastique dans lequel il a glisse une paire de pantoufle, trois fruits et un t shirt de rechange...notre voisin s extasie: c est pratique votre saut, c est votre seul bagage?...oh oui, tres pratique, pas besoin de rien de plus...pas comme l etrangere la, regardez son gros sac...eh papy!!!, je me defends, moi je suis en voyage pour 5 semaines!!!
Je commence egalement a comprendre pourquoi tous les philosophes orientaux de l inde au japon ont tant insiste sur la necessite du silence et de la retraite...Tout comme les indiens, les chinois adorent le bruit et le vacarme...on ne parle pas on hurle, on ne telephone pas on s epoumonne dans l appareil...et depuis l invention des telephones portables avec haut parleurs les trains sont devenus des espaces precieux d expression personnelle au coeur de la collectivite: les uns apres les autres et parfois tous ensemble, tous mettent leur haut parleur a fond pour faire partager a tout le monde le dernier tube a la mode...euh... c est comme tout, on sy fait!
Je n ai pas de resa pour mon train de nuit, juste un ticket debout, donc en montant dans le shanghai – guilin il me faut trouver le controleur qui tel un pacha dans son petit bureau regit aux destinees des pauvres passagers qui comme moi s y sont pris au dernier moment et tentent de recuperer une couchette qui n aurait pas ete mise en vente sur le systeme informatique...Visiblement il est tres heureux de son petit pouvoir et fait durer le plaisir...20 min par personne au moins pour se voir attribuer le precieux sesame: une couchette et la promesse d une nuit tranquille...une heure plus tard j ai bien un numero de couchette mais impossible d avoir le numero de la voiture...je demande poliment, il rigole et fait un signe par la bas...3 wagons plus tard je redemande a un employe, meme cinema, par la bas....euh, vous etes gentils mais comment je suis sensee trouver ma couchette??? furibard-ah ces blondes!!!- ll se leve et me fait signe de le suivre... sac sur le dos, en pleine heure de pointe du diner alors que les wagons sont plein de monde qui mangent, se levent, vont chercher leur diner et de wagonnets de fruits et de snacks me voila a courrir comme une deratee pour rattrapper l employe qui courre devant moi...une dizaine de wagons plus tard, enfin ma couchette...ouf!
Je suis accueillie dans mon compartiment par deux adorables mamas venues du nord (detail important car du coup je les comprends!!!) qui, attendries par mon allure toute ebourriffee et en sueur, me font une place sur leur couchette du bas, m offre a boire puis a manger puis des bonbons...puis ces affreuses friandises immangeables au gout indefinnissable, tout sauf sucre!
Sympa d etre ainsi accueillie mais faut savoir ruser car en chine, tout n est pas mangeable, meme si vraiment je suis pas difficile...un oeuf de 100ans atterit comme par magie sur mon riz, et c est la croix et la banniere pour le faire tranquillement disparaitre sous le riz pour faire croire que je l ai mange...c est bon hein!!!..euh..delicieux, absolument delicieux!!!
En tous cas ce voyage vers guilin est un bonheur...les gens sont absolument adorables avec moi, attentifs a ce que je me sente bien, devancant mes questions; les enfants viennent parler avec moi trois mots d anglais, et je passse un joli moment avec une ado folle de joie a l idee de pouvoir parler anglais avec une etrangere ! Et moi j observe avec toujours autant de plaisir ces petits moments intimes dans le train qui permettent de se sentir plus proches des gens.
En plus mon chinois progresse doucement, ou plutot je m adapte. J ai renonce a comprendre les mots et je me concentre pour comprendre ou deviner le sens global...
En general c est facile, premiere phrase: ton chinois est tres tres bon....euh non, pas du tout. 2eme question: tu voyages seule? oui...la, soit les yeux s equarquilent, c est l admiration totale, je suis une grande heroine...ou le nez se fronce: ouh la la, c est dangereux, tu devrais pas...la suite? ca depend, ou je vis, si je suis marriee, des enfants, c est comment singapour, c est comment la france, ou je suis alllee en chine, depuis combien de temps je voyage...etc..c est tres bien car c est plus ou moins toujours les memes questions donc c est excellent pour l apprentissage! Quant au fait d etre francaise, ca ne souleve jamais de commentaires, visiblements les moments chauds du mois d avril-mai sont bien loin, ou ces histoires n ont jamais interresse les gens avec qui je discute...
A l arrivee encore un bus, ou pour la premiere fois on tente de m escroquer effrontemment...Guilin est connu pour ca, c est le plus grand lieu touristique de chine et tout un tas de monde vient ici faire des sous sur le dos des touristes. 3 ou 4 phrases en chinois suffisent generalement a calmer les ardeurs des escrocs, et s ils s obstienent avouloir parler anglais, une seule solution , fuir, ils sont bien decides a vous plumer jusqu au dernier centimes!
Dans l espoir d echapper aux foules je descends vers Yangshuo, la pretendue mecque des backpackers: plus petit, plus zen, la campagne plus accessible, et les crepes a la banane... Apres une heure de bus ou mes voisins, tous des touristes chinois, passent tout le trajet a regarder un film d horreur debile a la tele au lieu de regarder le paysage sublime, les crepes a la banane sont bien au rendez vous, le reste me donne envie de fuir a toute vitesse...du bruit, des voitures, des rabatteurs partout et des restaus pour occidentaux a perte de vue...et un cafe internet tenu par un ado detestable qui se fout de ma gueule parce que j arrive pas a me connecter ( en chinois ca peut parfois etre un peu complique...c est , disons, de la navigation intuitive...) bof bof bof...re bof bof bof...je le sens pas du tout, renonce a chercher une chambre et je remonte aussitot dans un bus, direction Xing Ping, a 20km au sud encore...
Et la, enfin, ouf!!! un endroit tranquille...oui les touristes chinois y debarquent en groupe la journee pour visiter, mais comme a likeng, le soir venu c est absolument tranquille...
La premiere rue que je prends est une longue enfilade de vielles maisons de pierres, tres hautes de plafond et completement ouvertes sur le devant, offrant sur l exterieur toute la vie intime de la maisonnee...la nuit on place devant l entree de larges panneaux de bois pour se sentir chez soi, et le tour est joue...Tout est calme sauf au centre de la ruelle ou des grands draps jaunes ont ete tendus tels des faux plafond, baignant tout le coin dans une lumiere irreelle...partout des tables rondes basses et des minis tabourets, et des femmes qui courrent de partout preparant des quantites incroyables de plats. Je comprends vite qu il s agit de preparatifs pour des funerailles et poursuit discretement mon chemin (si on peut etre discret dans un village chinois quand on a des cheveux blonds et un sac a dos de 15kilos!!!)
Dans la langueur de ce debut d apres midi ecrase par la chaleur d un soleil brutal, je traverse le village a travers ces ruelles incroyables au milieu des villageois poses tranquillement a l ombre des porches, assis sur les minis tabourets jouant aux cartes ou dormant allonges n importe ou (la sieste c est sacre!!) et je suis enchante d avoir suivi mon instinct et fui yangshuo...c est exactement ce que je cherchais! un petit village au bord de la riviere au milieux de ces montagnes magiques entre les champs et les rizieres!!!
Il faut dire que comme tout le monde j ai vu plein de photos de la region de Guilin, c est l embleme touristique de la Chine, son paysage le plus connu avec la muraille de Chine...c est meme sur tous les billets de 20 yuans...mais rien ne prepare a la majeste absolue du spectacle, le grand emerveillement.... c est tout simplement sublime...il y a des centaines de ces pics abrupts dessinant a l infini d etranges ombres sur l horizon...
En attendant d explorer plus loin, je me trouve un vieil hotel chinois desert ou pour un tiers du prix de la belle auberge de jeunesse flambant neuve, j ai une grande chambre double avec salle de bain pour 3 euros...
Un grand tour du village et je retombe sur ce cafe boheme a l angle de la petite rue que j adore..jazz fusion en fond sonore, deco zen...c est un cafe pour backpackers...relax et sympa, un cafe pour y passer des heures a buller en regardant passer les villageois et leurs charettes de pasteques, leur fardeaux de bois ou ....leurs bibelots touristiques!
Justement un backpacker est pose la, en terrasee, a l ombre, une biere fraiche sur la table...Un sourire et je m invite; je ne decollerai plus de l apres-midi.
Marc est un grand allemand, tres tres grand, 2 metres 03...et un grand voyageur...La quarantaine passee, il a baroude partout sauf en afrique. Il designe des sites internet a stuttgart 6 mois par an, et voyage le reste du temps. Comme toujours quand on rencontre un autre voyageur avec qui les affinites sont evidentes, les heures filent a toute vitesse de cafes en bieres a se raconter nos vies, nos voyages, nos aventures et mesaventures et je me laisse aller sans resistance: plus de 15j que je fais du tourisme intensif, que j avales bols de nouilles et kilometres, ca fait du bien de se poser et de buller un peu en ecoutant de la bonne musique, et d avoir une bonne conversation sans consulter sans cesse un dicco!
A l heure de manger on s enfonce dans la ruelle en quete d un restau moins cher que ce bar est vraiment sympa mais un peu cher le soir (3 euros le plat..)...et evidemment on retombe sur les funerailles...les preparatifs sont finis, et on debarque en plein banquet! En 5 minutes, mon chinois et la taille exceptionnelle de marc font laffaire: il fait litteralement se tordre de rire tout le monde des qu il s approche d une petite chinoise tandis que je fais la petite discut et nous voila invites a partager le banquet...I
mpossible de decrire ces moments formidables passes avec les gens du villages a gouter a 36 plats et surtout vider 36 gobelets de biere et baijiu, l alcool local, a grands coups de (cul-sec!!!) . A cote un homme calligraphie de jolis caracteres pour orner les cadeaux offerts a la famille en deuil, il porte de fines lunettes et bien sur c est l instituteur...mais bientot tout n est plus que furie, les petards eclatent de partout plongeant la scene dans une lumiere irreelle et d etranges fumees, les enfants courrent et hurlent de partout et le grand dragon entame sa fameuse danse...
Ce sont des moments extraordinaires a tout point de vue...la joie, les rires, la chaleur humaine incroyable, les blagues et nos conversations hachees mais facilitees par la baijiu...et cette lumiere inouie, ces visages rayonnant dans la fumee des petards...je n aurais jamais cru que dans cette region si touristique ou l on m avait dit tu verras c est sympa mais c est pas la chine, qu ici meme on m offrirait cette chance de partager un moment si fort de la vie du village...Aux derniers petards il est temps de prendre conge apres moults remerciements; soulages et marc et moi sommes heureux d avoir echappe aux perspectives de noces que certains avaient clairement en tete...regarde, elle aussi elle est celibataire...regarde lui il est celibataire, et pas encore trop vieux...nous abandonnons donc les celibataires du village a leur triste sort et rentrons a l hotel par d autres ruelles. Mais le temps d y arriver nous tombons sur un bar clandestin, une maison comme une autre ou le baiju coule a flot de larges bidons en plastique. Allez! ganbei! ganbei!..vous pouvez pas partir sans prendre un verre....la mamie demande une photo d elle et pose ceremonieusement droite comme un i sur sa chaise et il faudra toutes les pitreries de marc pour la derider un peu! J admire marc et son aisance avec tout le monde, meme avec son enorme appareil photo en main il arrive a se fondre avec les gens, les faire rire et leur faire oublier les photos, magnifiques, qu il prend inlassablement...et non il ne parle pas un mot de chinois...comme quoi c est parfaitement possible!!!
Retour a l hotel le pas legerement mal assure mais le coeur plein du bonheur fou d avoir vecu de si chouettes moments et surtout d avoir pu les partager avec ces villageois, nous qui vivons a deux bouts quasi opposes de la planete...
Deux bonnes lecons aujourd hui: quand on debarque dans un endroit insupportablement touristique toujours reprendre le bus pour ce vilage a une demi heure de la qui l est beaucoup moins!!!
...toujours prendre le temps de boire un verre avec l autrre etranger de passage...parfois il faut etre deux pour vivre de telles aventures...
bref, l instinct, toujours l instinct...c est lui qui fait le beau voyage!
PS: Marc et son bel appareil photo pourront demain faire pour moi ces portraits que me reclame urgemment a singapour le swissotel pour leur dossier de presse (pour l evenement auquel je participe en septembre...) voila comment au fin fond de la chine je me retrouve a poser pomponnee et maquillee pour une séance photo sur fond de vieux mur delave aux allures de toile abstraite...les photos partiront sur le net via le mac de marc...et voila, le tour est joue, qui a dit mission impossible?
jeudi 31
Reveil sous la pluie et soulagement...ouf du coup la ballade a six du mat pour grimper tout en haut de la montagne est anullee..tant mieux car j ai mal a la tete...grand repos donc aujourd hui, a part une grande promenade vers 16h...
Je pars vers le nord au petit bonheur sur une route qui longe plus ou moins la riviere...le spectacle est surprennant: alors que sur la riviere c est le cirque absolu avec 15 000 bateaux qui se cognent presque...grands bateaux types bateaux mouches, petites vedettes ou simples radeaux de bambou motorises...tous charges de touristes les poches pleines de dollars, a 50m de la, sur ce chemin de terre, c est le retour au moyen age. De minuscules parcelles se succedent sur lesquelles s echinent les paysans, beches ou serpettes en main, au milieu des canards, des vaches, des veaux, des poules et des cochons...Tout se fait a la force du poignet et meme les charette sont tirees a bout de bras.
Au rythme lent de la marche c est difficile de ne pas etre confronte a la violente comparaison de nos vies. A eux la sueur, les dos casses,les t-shirts trops souvent laves et dechires, l angoisse du lendemain et une vie incroyablement dure au milieu de ce paysage de reve qui attire tous les touristes du monde. Nous ne sommes vraiment pas les plus riches, nous les blancs.Leschinois deboulent avec des piles monstrueuses de yuans a la main, en bandouliere des appareils photos pro dernier cris qui valent au bas mot 6000 euros...au milieu des paysans qui disparraissent sous le poids de larges fagots de bois pour nourrir le feu sur lequel il feront cuire quelques legumes ce soir.
Paysage absolument sublime, melange d arrogantes montagnes abruptes et de minuscules parcelles vertes ou dorees, de rizieres scintillantes, de bosquets et de jungle...et vies miserables.
Le chemin finit brutalement au bord de la riviere une dizaine de km plus loin et il me faut heler un radeau de bamboo pour rentrer au village....le grand cirque est presque fini, il se fait tard et c est presque en silence que nous remontont la riviere Li, cette riviere qui pour certains est de l or, et pour d autres le simple moyen d irriguer leurs cultures, de survivre une saison de plus...
Le batelier se met a siffloter puis chantonne une chanson venue de tres tres loin en naviguant prudemment son radeau.
Il n a pas la tele et ne sera donc pas devant le poste dans une semaine pour l ouverture des JO. Il prefere lire des livres de toute facon.
Pekin est bien loin, et les montagnes si belles...pourquoi avoir une tele?
vendredi 1 er aout
19j de voyage exactement, c est tout ce qu il me reste et je suis bien songeuse...Le temps file a toute vitesse et meme si je suis heureuse de ce repos bien merite a Xinping, une partie de moi a deja repris la route. Je sais que demain il me faudra prendre trois bus pour rejoindre les grandes rizieres de Longsheng ou je retrouverai marc si tout se passe bien...Marc qui m a avoue avant de sauter hier dans le bus que lui aussi est un couchsurfer!
D ailleurs ici tout le monde fait du couchsurfing, deux australiennes qui enseignent l anglais a Guilin m ont explique que ce sont les profs d anglais qui ont lance le mouvement partout en Chine et qu un peu partout les chinois s y mettent...
C est super, mais de temps a temps j apprecie la solitude de ma guesthouse aussi, c est juste agreable d alterner, de ne pas toujours se retrouver seul et etranger dans la nouvelle ville ou on debarque...
Ce matin au programme, grimpette a 6h du mat tout en haut de la montagne...je dors tres mal depuis deux nuit me reveillant toutes les deux heures et j ai du mal a me tirer du lit....1259 marches m attendent et en moins deux nous sommes trempes jusqu aux os dans la touffeur de la jungle...une deux une deux...une deux une deux..une demi heure et 15 litres de sueur plus tard nous y voici...
C est a couper le souffle...a l infini les pics se detachent sur le ciel rosi par l aube, la riviere et les rizieres scintillent. Tout n est que luxe calme et volupte...sauf que les chinois ne l entendent pas ainsi et nous avons droit a un fantastique concours d echos a casser les oreilles les plus endurcies...Vos gueules les mouettes!!! c est fou ca!!! nous occidentaux en arrivant face a un paysage aussi majestueux instinctivement on se tait, on regarde, fascines, on contemple, les chinois eux crient, hurlent comme pour tenter de reafirmer leur place, leur existence dans cet univers si vaste...
Lecon du jour: Ne partez jamais en safari avec des chinois , vous ne verrez pas le bout d un museau!!!
Heureusement les 4-5 chinois qui nous ont suivi repartent vite et on se retrouve dans le silence absolu des montagnes a regarder le soleil se lever au dela des montagnes...
voila qui valait bien 1259 marches et un reveil si matinal...
Je vous laisse la, depuis mon joli cafe dans sa ruelle ou je paresse en ce debut d apres midi...on setrouve dans quelques jours dans la province du guizhou, si la chance met sur ma route un cafe internet!
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Publié à 02:32, le 2/09/2008, Yangshuo Mots clefs : yangshuo
Samedi donc je pars aux aurores de xingping...
Je suis la premiere a monter dans le minibus, qui sur la route ne tardera pas a se remplir...6h c est l heure des travailleurs, on s en va au marche, on commence sa journee et c est charge de marchandises que l on monte dans le bus, qui de gros ballots de riz, qui d engrais, qui de poules qui ...d une echelle!!! Non, papy est furieux, on ne le laisse pas rentrer avec son echelle!!!15 000 arrets et 15 km plus tard, yangshuo sort de la brume et une fois de plus je me dis que j ai bien fait de ne pas y rester...trop de monde, de bruit, de voitures, de velos, de tout...encore une heure et demi a 20 a l heure sur une belle route encombree de rares vehicules...mais comment dire...Les chinois ne savent pas rouler, les vehicules lents sont n importe ou, de droite comme de gauche et les conducteurs sont en slalom permanent…Si tout le monde roulait correctement il y aurait 10 fois moins d embouteillages en Chine, et ca irait deux fois plus vite..mais ca ne serait vraiment pas drole!
A Guilin, re-gare routiere, quete du bon bus, et c est reparti. direction Longsheng ou je dois retrouver Marc le grand allemand. C est sur ma route et l arret etait prevu donc ca tombe tres bien!...J ai demande a Marc hier ou il etait exactement, a Longsheng ou aux alentours, il m a repondu, Hotel Panorama, 3 minutes from Number One, everybody knows....Bon, ben si tout le monde connait, pas de soucis.Il n a plus de batterie a son telephone, mais je me dis que je vais trouver facilement. A Longsheng un papy m embarque direct dans son rickshaw, pas de probleme...euh...hum hum..Il m amene a un hotel, pas mon hotel!!! Suit une sympatique visite express de la ville en rickshaw, la tournee de ses potes pour en trouver un qui connaisse l hotel panorama. Meiyou. Pas d hotel panorama, c est formel; ca doit etre a Longji dans les terrasses de rizieres sur la montagne. Retour a la gare routiere donc, decouverte du minibus qui se rend a Longji, Ping An tres exactement dans…une heure...
13h, je suis debout depuis 5h30 et la perspective de ce nouveau trajet et de l heure d attente ne me rejouit guere...je ne sais toujours pas si l hotel Panorama est bien la-bas..on verra..un plat de nouilles sautees sur le pouce me restaure...et en avant pour Ping An. Une heure de minibus,un ticket a 5 euros l entree...et je decouvre , oh misere! Que pour monter au Number One Hill, y a pas de taxi, c est a pied, une heure trente de grimpette!!! oh misere!!! Je me renseigne sur l hotel...reponse MEIYOU!!! C est pas la, a Ping An, pas d hotel au Number One, mes terrasses de riz, ce sont les autres terrasses de riz, celles de JingKeng, 20km plus loin...Faut remonter dans le bus ma bonne dame, redescendre au parking en bas et attendre le bus suivant qui va a Lingkeng!!! Aya!!! Le bus ne part que dans une demi heure...pas de probleme…au parking re-demi heure d attente sous la pluie fine qui commence a tomber...L occasion de taper la converse avec les filles du village qui attendent les touristes et s extasient devant mon pantalon thai...euh oui, c est frais, c est sympa...mais la il est surtout tres sale, plein de sueur et je veux ma douche!!! Bon allez, 6eme minibus de la journee...et ouf, vers 16h enfin j atteins Jinkeng!!! Marc a rebranche un instant son telephone, et me confirme, of course Jinkeng, what do you think!!! waiting for you with beer at the village on the way up!!! aaarggh!!! of course of course! comment j etais censee savoir???
La aussi, idem, c est a pied qu on monte dans les rizieres en passant par les villages de la minorite Dong...probleme, c etait pas prevu au programme la grimpette, et mon sac pese facile 15kg...ca m’apprendra a suivre aveuglement les hommes!!! Bon allez, pas de probleme: les femmes du village se jettent sur moi avec leur panier..porter porter porter!!!
- euh...euh…(conscience occidentale mal a l aise…)
puis:
- Oui ....oui oui!!! mille fois oui!!! (cri du coeur, ou plutot des jambes!!!)
La petite jeune qui prend mon sac le refile vite a une villageoise de la soixantaine, habit local..et pauvres sandales en plastique. Elle attaque avec un grand sourire la montee, mon vieux sac Quetchua fierement pose sur les epaules...je lui explique les sangles, mais que neni, pas besoin de tout ca, elle a des epaules en beton!!!
Franchement la montee n est pas si terrible que ca, meme dans la moiteur tropicale,meme apres des heures de bus, mais je suis crevee et tout le monde est content!!! Ma sherpa se fait trentre kuais et moi je monte le nez au vent!!! et c est le nez au vent qu on a envie de monter car c est absolument merveilleux, entre ruisseaux et vallees, toutes les pentes de la montagnes ont ete amenagees en terrasses pour le riz, et c est evidemment a couper le souffle, avec le riz d un vert brillant qui ondule sous le vent et les courbes majestueuses des terrasses... c est beau beau beau...un petit bijou gagne a la sueur du front sur la montagne sauvage...
Au village je suis accueilie d un: ni de pengyou zai deng ni!!! ton ami t attend!!! Evidemment Marc et son 2m03 sont deja connus de toute la region et je le retrouve sans soucis a la terrasse d un cafe niche au coeur des vieilles maisons de bois hautes et fieres sur la montagne. Je l engueule bien fort pour ses indications foireuses...mais comment lui en vouloir? il voyage sans guide, sans lonely planet, rien, et s est juste laisse guide par une couchsurfeuse chinoise et n avait aucune idee des autres endroits ou je pouvais aterrir, des confusions possibles...mon lonely planet est de 2007 et deja depasse, l endroit n y figure meme pas, alors que depuis c est devenu assez touristique, meme si du coup il n y a pas un seul occidental, que des touristes chinois, les autres occidentaux sont tous a Ping An!!!
La chine est le pays ou decidemment j apprends a me mefier des guides de voyage car tout change vite ici et globalement on decouvre que les guides sont de simples fils rouges, ils pointent la direction, apres mieux vaut chercher seul l info et trouver de meilleurs coins en posant des questions de droite et de gauche...
Apres tant de bus et de mesaventures, les bieres sur la terrace sont un pur delice avec vue magnifique sur la valllee puis diner quasi aux chandelles dans ce paysage magique...
L hotel comme tous les hotels ici est tout en bois et flambant neuf...d enormes batisses traditionnelles adaptees aux besoin touristiques, c est tout, et tout a ete monte a dos de cheval, et a la sueur du front le bois, les tables, les lits, les matelas, les telephones, les bouteilles de bieres, les theieres, les brosses a dets gratuites et les echantillons de shampoing, le lave-vaisselle (oups..je m’emballe!!!)…et meme les pylones electriques…Je verrai le lendemain 10 hommes s escrimer a faire grimper un pilier de beton de 10 a meme le chemin etroit, sans meme un cheval, et je peux vous dire que la fee electricite n est pas si magique que ca. Plein de sueur surtout. Merci les gars, l’electricite c’est formidable, grace a vous y a la tele, les dvd et l’internet…et c est indispensable!!! Non, je rigole pas: c est le week end et l hotel est plein a craquer de chinois....et donc dieu merci, meme ici, la haut sur la montagne y a la tele les dvd et l internet...du coup les gamins sont calmes, abrutis par les ecrans. L hotel est tout en bois et il bouge et resonne au moindre mouvenent..et avec les chinois, ca bouge, ca crie, ca court beaucoup pendant les coupures d electricite…
La grande attraction c est le lever de soleil de 6h15, et faut pas esperer dormir plus du coup!!! Badaboum...a 6 h c est la franche zizanie!!1
A 6h ce sera la pluie en fait, et marc et moi passeront notre dimanche dans la salle commune a regarder la pluie lisser les rizieres et les nuages couvrir et decouvrir le panorama de leurs rubans de brume...magique!!! on est creves tous les deux et enchantes de passer la jourmee a glander..se raconter nos vie, tester la cuisine et les alcools locaux, jouer aux jeux videos sur mon mini ordi et rigoler en se foutant de la gueule de nos copains chinois. !!! La plupart arrivent ici epuises car ils ne marchent jamais, parfois les filles ont meme des sandales a talons, alors que les gars sont surequippes facon ce soir je me fais le mont blanc...
Donc oui, j ai l air stupide avec mon gros sac car je savais pas ou je debarquais mais franchement y a pire!!...en arrivant j avais repere en me marrant les chaises a porteurs a l arret de bus...je me disais que ca devait servir pour les vieux et les handicappes...pas du tout...de notre hotel nous avons vu plein de donzelles de 20 ans s offrir une chaise a porteur pour DESCENDRE de la montagne!!!! effort minimal, 40 min de chemin en pierres...et 4 hommes pour porter mademoiselle sur son siege royal!!!
En tout cas nous passons une superbe journee dans les nuages et l ambiance mysterieuse des rizieres dans la brume et le temps passe beucoup trop vite...
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Publié à 03:34, le 1/09/2008, Longsheng Mots clefs :
En moins de deux c est deja lundi et nos chemins se separent.
La route peut etre tres violente. Cruelle. 3 semaines deja que je roule ma bosse toute seule avec des rencontres en chemin mais aussi beaucoup de solitude. 3 semaines c est un cap, on est fatigue par la route, fatigue de toujours faire un effort, le plus souvent en chinois qui plus est pour aller vers les autres...deja frustree car je sais que je n ai plus que 2 semaines de voyages, en meme temps ca pese parfois, refaire le sac tous les jours ou les deux jours, aller sans cesse vers l inconnu.,.
Marc est arrive pile a ce moment dans mon voyage et m a fait un bien fou...pouvoir parler librement, rire, jouer se balader, se confier, se teaser, se bagarrer...ces rencontres en voyageurs solitaires sont absolument magiques car totalement impromptues...c est peut etre ce que je reproche au couchsurfing, le cote cale, calacule de la chose...quelqu un vous attend dans une ville et que le courant pase ou pas on va passer un deux ou trois jours ensemble...la rencontre spontannee elle n est basee que sur l attirance mutuelle, totalement non programmee, totalement laissee au hasard...et on ne s attache, on ne passe du temps ensemble que si le courant passe vraiment...avec marc il est passe a merveille et malheureusement nos chemin nous separent deja. Il rentre sur guilin puis shanghai, j ai le tenps d explorer le guizhou de poursuivre la route.
Alors nous voila ce lundi a la croisee des chemins, litteralement. un chemin qui descend vers le bus, le mien , un chemin qui monte vers la vallee suivante, et qui trois heures de marche plus tard le menera a un autre bus. aux revoirs aussi rapides que brutaux, il le faut , pas de place pour les sentiments, et me revoila sur la route.
Que la route est violente et haissable.
Dans le minibus blinde de villageois qui me ramene a longsheng soudain je ne supporte plus ni mon independance ni ma fameuse liberte, je ne supporte plus la solitude qui va avec. Ni yi ge ren luxing ma? tu voyages seule? combien de fois va t on encore me poser la question? Combien de fois vais je repondre oui, sans pouvoir dire fierement, oui mais mon ami m attend la haut dans la montagne...
On voyage seul parmi des communautes, des familles extemement soudees et on ne peut pas ne pas voir les bonheurs qui naissent de ces relations de famille ou de voisinnage...un minibus de camagne en chine, ce sont sans arret des occasions d echanger des rires ensemble, le moindre incident est commente, raconte...l occasion de sourire, de rire ou de raler ensemble...je n ai jamais vu tant de gens rire ensemble qu ici, jamais ressenti si peu d indifference a l autre.
Seul et libre comme le vent, le voyageur solitaire traverse tout ca, tous ces liens, comme une fleche qui ne fait que passer.
Et parfois quand les liens d amitie, de complicite, de bonheurs partages se recreent au detour d un chemin au gre d une rencontre importune, alors pour quelques heures, quelques jours on oublie qu on n appartient a rien ni nulle part, on retrouve le plaisir de la fusion et de l etre ensemble.
Mais la route revient vite nous chercher, la route qui nous entraine dans differentes directions, la route qui nous separe.
Je ne me suis rarement sentie aussi seule que dans ce mini bus, essayant de garder la face, de ne rien montrer du chagrin qui me devore de l interieur, le chagrin de perdre un ami, encore un, en chemin, et de poursuivre seule la route.
Un vieux me regarde.
Dans la foule qui se presse il a trouve un mini tabouret de 20 cm, et s est pose la, au milieu de tous les corps entasses. Assis presque contre le sol. Je le vois qui me regarde, pas avec l obstination chinoise habituelle, juste de biais a l europeenne, un regard jete a la derobee qui parfois s installe et s abandonne. Ses yeux manges par la cataracte me fixent, et je sais qu il sait mon chagrin et le poids de ma solitude. Il ne juge pas, ne console pas, ne conseille pas. Il voit, il voit et sait, sait juste ce qui se passe la sous ses yeux. Encore une histoire d hommes, une histoire d etres humains. Du haut de ses 80 ans il en a vues beaucoup. Il ne juge ni ne console ni ne conseille; il me voit et sait.
Et dans cette foule totalement etrangere de la minorite Dong au fin fond de la chine, je sais que je ne suis qu une parmi tant d autres, pas si seule; tant de vies et d histoires humaines de chagrins et de solitudes qui se croisent sur la route...
Chacun sa route, chacun son chemin.
Les paroles de Sam de Shanghai me reviennent en tete: crois-tu que jamais tu en auras assez de voyager?
moi: - Je ne sais pas je crois que je peux m arreter un temps mais que toujours j y reviendrai…
lui: -voyager, passer comme une fleche dans la vie des autres, regarder et ne jamais rien construire...parfois je ressens si fort ce besoin de construire et creer et partager...
Moi aussi Sam, je ressens si fort ce besoin, et la route et sa puissance hypnotique m effraient parfois.
Ainsi la route sait se montrer violente, maitre implacable, sans douceur ni pitie. Mais la route console, la route enveloppe et vous reprend sous son aile en moins de deux. Le long des torrents, dans la foule de paysans Dong, callee entre mon sac et trois poulets, je vois filer le bitume sous nos roues et des milliers d abres et de fougeres , de bambous et de fleurs et d herbes folles, et prise dans le rythme cahotique de la route peu a peu le chagrin se dissout, peut a peu ce qui file sous mes yeux m hypnotise; c est le rythme de la route, le mouvement incessant qui endort et eveille a la fois, qui arrache et propulse. Demain autres gares routieres, autres hotels, autres paysages, autres gens; la route me jette vers demain que je le veuille ou non, et les mille plantes et les mille fougeres, et le torrent au fond de la vallee me semblent comme mille mains qui me caressent et me consolent. la route me reprend, la route me mene et m emmene et parfois me malmene, et je la laisse faire.
Perdue dans mes paysages interieurs je ne fais pas assez honneur a Jinkeng et ses fantastiques terrasses. Desolee,il faudra venir voir par vous meme. A Jinkeng j ai beaucoup voyage, de interieur.
Le voyage en solitaire est une experience unique, venez voir de vous meme si vous osez, vous ne regretterez pas. Vous en verrez surement beaucouop plus sur vous -meme que vous ne le desirez, mais n est ce pas le but meme du voyage, en decouvrir beaucoup trop…Deux pigeons s aimaient d un amour tendre,mais l un revait de longs voyages...etc etc..
Anyway, mon minibus me mene a Longsheng ou immediatement une voix me hele, Sanjiang Sanjiang, here here...en voiture!!! Les gares routieres sont une loterie, avec un peu de chance vous n attendez pas une seconde; parfois la chance tourne et vous passez des heures a attendre la connection... Pour Sanjiang il y a suremnt un bel express climatise mais je monte sans hesiter dans mon minibus bringueballant qui s arretera je le sais dans le moindre vilage pour faire le plein. Vitres grandes ouvertes, fouette par le vent, tout le monde fume et rit et fait de la place pour le nouveau qui monte avec ses courses et ses paniers et son papier toilette, juste pour 5 km....on se serre et on regarde filer les vallees et les rivieres, et on est bien, en chemin...Sanjiang, gare routiere, on y est, mais laquelle celle du nord du sud ou de l ouest???..dans mon minibus j ai repere un chinois qui m a tout l air d un back packer. Tu vas a Chengyang? oui! moi aussi! Faut prendre le rickshaw pour l autre gare routiere, 3 kuai...ok! A l autre gare routiere il redemande et m explique, prochain bus pour Chengyang dans une heure et demi.
A Paris, a Provins, a St Trop 90 min c est long. A Sanjiang c est normal. Je pose mes fesses sur mon sac et j attends, et quand le bus arrive je prends un siege et j attends, et tout est normal, et tout est tres bien, et je ne cherche pas a aller boire un cafe quelquepart, et je ne sors pas un livre. Je me pose et je regarde, je regarde les chinois me regarder avec cette curiosite forcennee, les mamans forcer les enfants a me dire hello en anglais, les paysans se demander ce que je fous ici. Je regarde passer la vie de ce bourg de province ou pas un bus ne decolle sans son chargement de canards sur le toit, ou tout le monde a des sac , des ballots, des paniers, des autocuiseurs, des ricecookers, des tricycles sur le dos, ou on debarque aux toilettes trois poulets vivants a la main en demandant a la dame pipi de les garder le temps du pissou. Petite bourgade, ses magasins grand ouverts sur rue, ses garages ou on triture tous les moteurs, ses etals de 3 fruits et 4 legumes, ses gamins qui sortent en hurlant des jupes de leur mere, ses jeunes qui roulent les mecaniques sur leur moto toute neuve; on jurerait le maroc, ou l inde en plus propre, moins extravaguant, moins poussiereux, moins sale, moins tout. J ai vu exactemnent la meme ville au Maroc. On vit, on vend, on travaille, on se debrouille. On ne stresse pas, jamais. Il n y a pas de stress. Chacun fait son busines comme il peut, il y a de bons moments et de mauvais, tout le monde le sait, alors pourquoi stresser? on vend des citrouilles certes, mais a l heure de la sieste d abord on dort sur son tas de citrouilles. Si le client vient il vous reveillera. S il ne vient pas , au moins on aura bien dormi.
90 min a Sanjiang, decidemment non, c est passi long que ca.
Et re minibus et ca repart…Encore une riviere que l on suit vers une vallee enchantee...Moins spectaculaire que les terrasses de Linkeng, mais une campagne douce et magique entre rivieres et collines, collines cultivees, couvertes de minipatchs de cultures, en bas le riz pres de l eau que l on fait danser dans de grandes roues pour alimenter mille cannaux, puis les legumes et le mais, puis le the, puis la foret pour le bois. Partout des scieries et du bois frais, embaumant la resine, et ces villages dong tout en bois...Chengyang et son fameux pont construit par les Dong, tout en bois selon les methodes traditionnellles, c est encore un ticket d entree que j apprends a reclamer etudiant car c est moitie prix, et non desole j ai pas ma carte. Dans mon guide de 2007, ecrit en 2006 je suppose c est 30 yuans; en fait maintenant c est 60. Dans deux ans ce sera 120. Rien a voir avec le village, ce sont les cadres du parti et des entrepreneurs prives qui lancent un lieu touristique, investissent dans les routes eventuellement, le transport et des jolis panneaux en bois et des jolis prospectus, et voila...plein de sous!!!
Le pont c est joli mais c est vite vu, le vrai attrait de Chengyang ce sont les villages Dong qui se cachent derriere, tout un tas de villages quasis colles les uns aux autres qu on peut explorer tranquillemnt au fil de la rivire..Bon il y a un petit pont 500 m plus loin et je pense qu en si prenant bien on peut tres bien passer en douce sans ticket par l autre pont...mais le sac est lourd est la guesthouse me fait signe en face...une vraie guesthouse, en bois toute mignonne toute traditionnelle a 100m du pont dans le coin non developpe, avec balcons et terrasses sur la riviere, 30 kuais, 3 euros la nuit....Un patron super accueillant avec sa petite famille, qui le soir vous fait a manger et garnit le frigo de bieres pour les hotes..tout a la bonne franquette, tout simplement..Le sac pose il est grand temps, 16h deja, d explorer les villages. Le premier juste derriere le pont est ultra touristique, sandwichs et bibelots a gogos. Au milieu de rares vieilles maisons, c est un bouquet de maison neuves dont le bois clair n a pas pas eu le temps de vieillir et de prende la teinte sombre et chaude des vieilles batisses, mais a part ca rien a dire, toutes les batisses sont en bois de style traditionnel, juste adaptees aux besoins des touristes... chambres et salles de bain au lieu des etables et sechoirs et reserves a bois, c est tout...Les vraies maisons anciennes sont partout deux cent metres plus loin et c est fou combien elles ont un air famillier...en bas les piles de buches bien alignees pour l hiver et l etable et le poulailler, au milieu les pieces a vivre et en haut le sechoir...pour le linge, les epis de mais, le riz, les piments et les champignons, etc tout seche sous le toit. A croire que la montagne ou que l on soit est toujours la meme et que partout les hommes ne font qu inventer et reinventer le meilleur moyen de vivre en bonne intelligence avec ce que leur offe la nature. Une fois de plus ce sentiment de familiarite est tres curieux, on l a partout en chine, pareil qu en europe mais juste un peu different, decale...ici aussi il y a l hiver et les saisons, certes il y a le riz et non le ble ou l orge ou le sarrazin, il y a les longs draps d indigo tout justes teintes et les femmes vetues de leur courte veste bleue traditionnelle, mais les coqs les canard les vaches et les bassecours ...et l internet partout, dans le moindre village..tout ca a comme un air de deja vu...
Chengyang donc, un paysage pastoral absolument idyllique, des villages Dongs de partout , des gens absolument adorables de partout egalement...des treks a l infini dans les collines pour decouvrir d autres minorites pour ceux qui ont le temps et pour ceux qui comme moi repartent le lendemain la persepective d une promenade vraiment sympa au milieu des rizieres et des roues a eau, des scieries et des petites epiceries, des enfant tout juste sortis de l ecole, des hommes qui fument et jouent aux cartes dans les tours aux cloches, (bell towers: des sorte de pagodes qui servent de lieu de rencontre aux hommes qui y jouent aux cartes et fument toute la journee donc…), des femmes qui vendent achetent lavent et courrent d activites en activites...et cette place incroyable a Dazhai, un des vilages plus eloignes, que j atteins dans la lumiere doree des 18 h /18h 30... Deux rues qui se croisent, des enfants partout, des tshirst de couleurs vives...l heure du repos apres le boulot, l heure des discuts sur la grand place, du bout de pasteque que l on s offfre pour quelques centimes apres le repas...soleil doux, couleurs vives, multitudes d activites et de d allees venues..ca me rappelle le Laos, ce village moyen ageux paume sur sa montagne et sa grand place incroyable qui m avait alors projetee dans les tableaux de Brueghel.
Brueghel encore dans cette luniere magique.
Juste une scene classique de la vie villageoise, chez nous hier, chez eux encore aujourd hui.
Ce nest rien, j avais juste oublie qu on pouvait vivre ainsi.
Depuis mon depart de Shanghai la chine me sort son grand jeu, la nature en plein feux...Tous les jours des paysages, des ambiances sorties tout droit du national geographic, la ou on se dit, le photographe il est alle tres loin pour cette photo, loin des sentiers battus.
Ben non, juste la, tout est la, offert au pekin moyen avec son guide de voyage.
J ai rarement vu autant de beaute dans un seul voyage
Et dire qu on ne nous parle dans nos journaux que de la Chine grise industrielle et polluee ou ultra urbaine et consommatrice...Bon sang, mais avant tout c est beau la chine!!! beau parce que les paysages sont beaux, l architecture est belle (euh, dans les villages, hein!!!)..et surtout les gens sont beaux!!!je ramasse sans les compter mes brassees de sourires quotidiens, mes bouquets de bons moments.
C est beau la Chine, a vous en faire oublier tout vos chagrins, tous vos doutes sur la route.
Demain, on the road again!!
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Publié à 03:40, le 31/08/2008, Chengyang Mots clefs :
mardi 5 aout -vendredi 8 aout , de chengyang a chengdu...
....ou le jeu des poupees russes a l envers...du plus petit au plus grand!
mardi 5 cest parti...
Avec encore les 6h de bus de la veille dans les pattes, je quitte a regret le pont de chengyang et ses villages dongs, ma jolie guesthouse au bord de la riviere et son charmant proprietaire...Il est 9h et tout le monde est deja aux champs, ici on ramasse deja le riz alors qu a longji les grains n etaient meme pas apparus...Bottes de riz coupees a la faucille et battu a la main dans ces batteuses manuelles tout en bois que l on vend a la ville, le grain recolte avec soin, la paille ramassee en petits fagots coniques qui seront alignes au bord de la route pour etre plus tard ramasses dans une pauvre charette tiree a bout de bras...
Je retrouve a la ville ou je reviens pour ma connection mes backpackers chinois sur leur lancee vers zhaoxing, autre petit village dong perdu au fin fond des montagnes du guizhou. Le bus est minuscule, et on nous promet une route difficile...mais je decide de les suivre: on m a dit du bien de zhaoxing.
Mes backpackers chinois sont tres gentils (et tres utiles...) avec eux c est voyage vip, rien a faire, on les suit, on donne l argent, on monte dans le bus et comme par miracle c est le bon. Mais le backpacker chinois ne fonctionne pas comme le backpacker occidental, d abord il n a pas le lonely planet mais un guide sur chaque region extremement precis et plein de photos et avec tous les horaires de bus. Il a egalement un petit sac a dos la ou nous trimballons oplusieurs kilos sur le dos, mais un gros petit sac entierement devoue a un appareil photo qui vaut dans les 10000 balles. Le backpacker chinois est sec, pas de place pour les sentiments, la route c est une affaire de pro, une deux une deux, on y va , ca traine pas...Un instant ils sont la, le suivant ils sont partis...photographier le pont, trouver un hotel, manger...que sais je...ils disparraissent sans un mot la ou nous mettrions deux plombes a nous dire, bon ben moi je vais la, on se retrouve plus tard peut etre?
En tout cas ils parlent chinois mieux que moi et c est bien pratique!!! ;)
Ni la route ni le bus ne sont effectivement un cadeau...6h de routes paumees et la moitie sur une simple piste caillouteuse longeant une riviere, on fait du 10 a l heure et des bonds de 2 metres a chaque cahot, mais pour qui veut decouvrir le guizhou profond c est parfait!!! Ca grimpe aussi, toute la premiere partie du voyage , on quitte les douces vallees pour les rudes sommets, ca tournicotte dans tous les sens au milieu des plantations de the qui s accrochent vaille que vaille a flanc de montagne. Il faut etre bien pauvre pour prendre la peine de monter si haut accrocher quelques lambeaux de the a la montagne...
Evidemment les panoramas sont somptueux et a force de monter ainsi je me crois vraiment dans les alpes.!quelque part entre les bauges et le vercors, des pics a perte de vue, des routes qui serpentent, des villages de bois, et toujours au milieu coule une riviere vers laquelle on finit toujours par redescendre. En route on passe plein de jolis villages donc et je me dit que zhaoxing va etre sympa...
Deception a l arrivee...zhaoxing est...comment dire...compact! une grand rue du village et deux rues subsidiaires encaisseees au fond d une vallee. Je ne dit pas que ce n est pas joli, c est superbe, rues pavees et devantures de bois orne devant chaque maison...de la a en faire le paradis des backpackers...mouais..je suis accueillie a l arrivee par un groupe de francais sortis du bus nouvelles frontieres qui me demandent effares comment j ai bien pu arriver ici par mes propres moyens... C est tres drole d ailleurs de voir comment la compagnie de backpackers chinois et les conversations en chinois simplissime que j ai avec eux ont le don d effrayer mes tour-istes! ils me regardent avec une sorte de crainte et de distance comme si j appartennais a un autre monde...ca me fait rire car on peut tres bien parvenir jusqu ici par ses propres moyens meme sans parler un mot de chinois, avec juste un grand sourire et un peu d endurance!!!
Donc voila, zhaoxing est devnu assez touristique avec plein de bus de tour qui debarquent ici...ils s arretent surement aussi a chengyang, mais chengyang c est vaste et etale, et la plus part des tour-istes ne depassent pas les 500 premiers metres...or ici il n y a que les 500 premiers metres...
Le bon cote c est que tout le monde continue ici sa petite vie sans se soucier des touristes et effectivement prendre une biere sur la grande rue c est voir sans bouger le petit doigt le grand spectacle de la campagne chinoise...des charettes et des femmes chargees de lourds fardeaux, des hommes en tunique bleue, faucille a la taille dans son fourreau d osier, des coqs des poules des chats et des enfants, des hommes jouant aux cartes et des vieilles papotant a l entrepas des boutiques ou l on vend encore plus de petit outillage que de souvenirs...Un paradis pour qui veut prendre des jolis photos de la vie de village, sans se casser la tete a parler le chinois et s infiltrer une semaine quelquepart pour qu on oublie leur presence. Mais par contre du coup les vrais rapports sont plus difficiles, ca reste plus superficiel meme si les sourires sont toujours la. :)
Les guesthouses aussi sont mediocres et cheres, pas d espaces commun,pas de terrasses...j etouffe un peu...bref je ne sens pas zhaoxing...je trouve que c est aller tres tres loin pour pas grand chose: les dongs sont partout sur des centaines de km dans la region, des vilages il y en a beaucoup. L architecture ici est certes plus soignee, mais c est surtout un village mis en avant pour le tourisme dans le coin.
Je decide donc d oublier mon petit repos et repartir des le lendemain. Ouaille!le bus part a 6h15, et a 5h30 pas d elecricite! je fais mon sac a la torche et je traverse le village dans la lumiere de l aube...A cette heure pas un touriste dehors alors c est plus facile de bavarder et rigoler...en moins de deux tout le monde sait que j attends le bus pour liping et tout le monde guette la route pour moi: meiyou le...meiyou le... pas encore arrive...et soudain, le bus le bus, c est le tien! grands sourires et au revoir!
Comme quoi tout est loin d etre encore pourri au royaume de zhaoxing...
Je profite de ce passage par zhaoxing pour dire et redire qu il ne faut pas prendre mes commentaires sur les differents lieux que je visite pour la bible! un voyage c est une alchimie d humeurs, de climats et de temperatures, de compagnons de voyages, de lumieres et de sourires qui naissent ou pas...on peut adorer un endroit simplement parcequ on y a debarque sous la lumiere doree du couchant, quand le voisin qui debarque en plein cagnard aura une mauvaise impression de l endroit...et evidemment tout depend des attentes de chacun, qui peuvent differer du tout au tout. En chine c est particulierement crucial quand il s agit des villes, on les aime ou on les deteste et ca tient parfois a peu de choses...
...et justement sur la route m attend une sacree ribambelle de villles!!!
Je quitte donc zhaoxing dans la brume matinale, et si tout le monde a zhaoxing n etait pas debout, dans les champs la journee commence deja. Au milieu des rizieres on croise partout des hommes et des femmes rejoignant le plus souvent a pied leurs champs parfois a plusieurs km de leur maison. La tunique bleue traditionnelle teintee a la main a l indigo maison, les femmes , cheveux tres longs remontes en chignons retenus par un peigne de bois ou caches sous une coiffe qui desormais est plus souvent une simple serviette eponge qu une jolie broderie, les hommes, serpette a la ceinture dans son fourreau d osier, a l epaule le bambou qui permettra au retour de balancer quelques sacs sur les epaules ... De villages en villages de rizieres en rizieres, rien ne permet d imaginer ce qui surgit a l approche de Liping...
Je m attendais a une toute petite ville, un simple point sur la carte, c est une sous prefecture taillee a la faucille communiste, larges avenues, batiments officiels aux airs de mastodontes et alignement regulier d immeubles courteaux de 6 ou 7 etages... A vue de nez vingt mille habitants, et l immanquable chaos des villes chinoises Echoppes stands de nouilles et vendeurs de baos se partagent la clientele matinale qui, a pied, a velo, en scooter ou en voiture se rend au boulot. Il est 8h et demi et la ville bourdonne deja . La gare routiere est vaste egalement , il faut se rendre au guichet, pas de rabatteur pour ma destination, kaili, ma destination a 9 h de bus d ici... Au guichet la dame m annonce que le prochain car pour kaili est a 6h. 6h ce soir. Il n est pas 9h du matin...mon coeur se serre a l idee de passer ma journee a liping. Soudain les charmes de zhaoxing me semblent incommesurables! Une jeune surgit qui parle anglais car evidemment ma presence au guichet a attire une petite foule curieuse et rigolarde...j ai deja mon billet, mais puisqu elle est la je lui demande de m aider a trouver la consigne pour mon sac. Elle s execute prestement et en moins de deux me ramene l officier en chef qui trouve une place pour mon sac dans un bureau et me demande 2 kuais pour la consigne. La gentille jeune femme qui parle anglais finit par me demander ou je vais. Liping? mais alors ton bus part dans 3 minutes!!! quoi?? oui il y a un bus a 9h! mama mia...je lui explique que c est ce bus que je veux prendre, que je n ai rien a faire a liping toute la journee et que je ne veux pas passer ma nuit dans le bus!!! vite vite vite, elle recupere les deux kuais de la consigne, change mon billet en moins de deux et nous courront vers le bus qui n est deja plus sur le parking. On le rattrappe a l entree de la station, juste le temps de mettre le sac en soute et je remercie infiniment ma sauveuse qui comme toujours me reponds d un immense sourire que ce n est rien que c est absolument normal...et me voila partie pour 9h de bus vers kaili...
Je n ai presque plus d eau , mais ca ne fait aucune difference, pas moyyen de savoir quand le bus s arretera et mieux vaut mourir de soif que d envie d aller aux toilettes...Rien a manger non plus, et c est plus ennuyeux, je passerai les heures suivantes a baver d envie devant les milles stands de nouilles que nous passons sur la route en me demandant quand le bus enfin s arreterra!!la route n est pas un cadeau non plus, ca monte et ca desend sans cesse et de plus en plus a mesure que l on s enfonce dans le guizhou les montagnes se font de plus en plus sauvages et les villages plus rares. A l infini des cols et des sommets , pendant des heures...Je me dis que c est comme si soudain la france entiere etait devenue la savoie, mille km de montagnes a n en plus finir...impression etrange de familiarite dans ces forets sombres de pins et des sapins, le long des torrents d eau pure bordes de chalets rustiques...oui il y a bien des rizieres en fonds de vallee, mais pour le reste on jurerait vraiment la savoie...a voir tous ces villages, toutes ces vallee je me dis que decidemment zhaoxing n est vraiment qu un village parmi tant d autres et que qui veut sortir des sentiers battus n a que l embarras du choix...et meme si le paysage est magnifique je suis heureuse de traverser le guizhou plus rapidement que prevu...je commence a me laisser de la savoie! je ne suis pas venue jusqu au fin fond de la chine retrouver ma savoie, ou bien tout simplement je ne suis pas a l aise dans ce paysage qui me rappelle bien trop d ou je viens, et tout ce que depuis l enfance j ai laisse derriere moi. On voyage toujours un peu pour s echapper pour se perdre dans un ailleurs et quand l ailleurs devient trop familier c est comme un horizon qui se derobe.
Et pour la premiere je vis dans mes tripes cette sensation d immensite de la chine.
La chine immense qui n en finit plus de derouler ses montagnes et ses valllees, ou le meme paysage peut s eterniser sur des journees entieres de voyage. ma france me semble bien minuscule.
On s arretera finalement, au bout de 6 heures de route dans un bout de fosse, colles a trois ou quatre autres bus, pourquoi la, pourquoi si tard pourquoi tous les autres font il leur pause ici? je n en ai aucune idee. C est une simple echoppe a nouilles et une trentaine de personnes se pressent dans une cohue infernale pour commander en urgence un bol pour se rassasier. Le coeur me manque pour affronter tout ce monde et me battre dans mon mauvais chinois pour arracher ma pitence a temps , avant que le bus ne reparte. Car je sais qu un coup de klaxon peut retentir n importe quand et certainement tres tres bientot...alors piteusemnet je me contente de manger 3 bananes achetees devant l echoppe en salivant devant les nouilles des autres, d un tour rapide dans les pires toilettes inimaginables dans une puanteur immonde et de fumer une cigarette en vitesse. Decidemment je ne suis pas encore au point en chine, il me manque le culot et l aggressivite minimale necessaire pour assurer ma subsitance dans ces circonstances hostiles!!! personne evidemment ne vient me parler ou m aider comme c est toujours le cas dans ces bus express qui semblent toujours jeter un voil e froid d indifference entre les gens contrairement au train...et nous repartons... Au moins c est un vrai bus, trente ans d age, mais c est deja mieux qu un mini bus cahotant, et je parviens meme a dormir quelques heures au total entre deux cols et deux vallees....
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Publié à 03:44, le 30/08/2008, Zhaoxing Mots clefs :
Enfin c est kaili! je suis ivre de fatigue, et il me faut encore denicher ma couchsurfeuse qui m offre un lit pour la nuit... J ai decide de ne rester qu une nuit et repartir des le lendemain pour guiyang la capitale du guizhou et dans la foulee pour chengdu, j en ai assez de la , et ses villages de minorites, j en veux plus, je veux des montagnes plus brutales et quelquechose de nouveau...
Louisa est prof d anglais...mais chinoise, ou plutot miao, la minorite la plus presente dans la region. Elle habite a deux pas de la gare dans un vieux hlm gris sombre et humide. La piece principale, c est la salle de classe, elle donne des cours individuels ou a de petits groupes. Elle meme n est jamais allee a l ecole, a tout appris toute seule dans des livres. Elle s est mise seule au francais il y a un mois et est ravie de recevoir une francaise. Ses manieres sont un peu brusques et destabilisantes. apres une douche rapide dans une salle de bain delabree, nous nous mettons en route pour le centre ville. Kaili m a tout de suite fait bonne impression...c est la ville, deja la grande ville, 150 000 personnes , mais c est encore la campagne... drole de contrastes entre le centre ville plein de neons, de supermarches et de shopping centers, et les faubourgs finisant brutalement en pleine campagne, au pied d une autre montagne. Les bus on des allures de minibus et ont les arrete a la volee ou qu on soit. On croise des teenagers au look total punk, crete rose sur le crane et bas resilles files, et des paysans charges de fruits ou de ballots de riz, a peine arrives de leurs champs avec leur serpette et leurs bottes en caoutchouc, et des femmes des minorites partout portant leur enfant sur le dos dans de jolis porte bebes delicatement brodes. Tout respire un certain charme meridional et une vraie bonhomie...rien n est beau mais tout est sympa et agreable, sans pretention mais simple et genereux.
Apres un tour au supermarche ou je decouvre qu on y trouve du vrai fromage, du pesto frais et des spaghettis aux tomates sechees au rayon traiteur, on file vers un petit etal ou nous grignotons du tofu braise, des galettes de pomme de terre epicees, et une soupe de nouille facons miao, tout est delicieux et donne. Bref ce pourrait etre une super soiree mais le courant passe mal avec louisa, je fais des efforts, lui pose plein de question sur sa vie sa region, ses reponses sont breves et evasives et visiblement elle n a pas envie de parler. J ai presque l impression que je ne suis la que pour jouer les profs de francais et c est un peu desagreable. Comme nous sommes toutes deux epuisees nous rentrons vite nous coucher, elle me propose de partager son lit double, et restera bien deux heures a regarder des debilites a la tele qui est en face du lit avant d eteindre enfin la lumiere, dans sa petite chambre couvertes de poemes et de prieres chretiennes. Ici parmi les minorites chinoises, les eglises protestantes sont a l oeuvre, avec encore plus d entrain qu ailleurs, comme parmi toutes les minorites dans le monde...
Le lendemain je quitte louisa soulagee en me disant qu un hotel aurait ete plus sympa!!!ben oui desfois le couchsurfing ca marche pas!!! au moins j ai decouvert la ville le soir, vu l interieur de ces hlm qui couvrent la chine et entr appercu l intimite d une jeune femme dans une petite ville de province.
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Publié à 03:47, le 29/08/2008, Kaili Mots clefs :
Encore un coup de bus le matin, le plus beau le plus moderne depuis des jours, le plus froid aussi evidemment. Cette fois plus de petite routes, la capitales guiyang est reliee directement par autoroute. Guyang, pres de 2 millions d habitants est un choc...j ai eu beau m etre rehabituee progressivement a la ville dans ce curieux jeu de poupees russes a l envers que je joue depuis zhaoxing, je crois que rien ne prepare jamais au retour brutal dans une grande ville chinoise apres quelques jours a la campagne. Le gigantisme, la foule, le bruit, les larges avenues et la grisaille et le crepitement continu de la vie quotidienne entre beton et acier, sur fond de klaxons permanents. Les villes chinoises ne sont pas un cadeau, et guyang a une reputation affreuse, capitale des voleurs en chine. ca s explique tres simplement: le niveau de vie dans le guizhou est 10 fois moins eleve que dans la region de shanghai et guiyang attire tous les laisses pour compte des campagnes.
La place de la gare est une vate cours des miracles a ciel ouvert , emplie de paysans affales sur de lourds ballots, attendant leur train vers quelques autres grandes villes et l espoir d un travail, ou rentrant de mois de travaux forces sur quelques buildings shanghaien. Au guichet j ai beaucoup de chance, pas le doberman habituel m aboyant dessus dans un melimelo de mots que je doit supposer etre du chinois, mais une jeune femme adorable qui fait l effort de parler distinctement et bien m expliquer la situation. Le train de 16h, le rapide que je comptais prendre et qui arrive a chengdu le lendemain midi, est complet, pas de couchettes et je ne peut pas esperer de surclassement. Reste une couchette dans l omnibus de 17h30, arrivee a chengdu le lendemain ....a 22h!!! Effrayee a la perspective d une arrivee si tardive dans une megalopole inconnue, je decide le coeur en miettes d accepter le rapide sans couchette. Elle me regarde avec des yeux implorants: non non tu ne veux pas ca!!! des heures et des heures en seconde classe surbookee, sans un siege...tu es sure? son regard vaut mille discours....ben, 10h du soir c est trop tard pour arriver!!! elle rigole, non pas dix heures...16h, 4 h l apres midi! Dans le sud de la chine le 4 et le 10 se pronnoncent presque de la meme facon et je m emmele toujours les pinceaux! on rigole et je choisis l omnibus avec couchette, l employee soulagee m offre le plus joli des sourires...malgre la queue pressante derriere moi elle a pris tout le temps necessaire pour etre sure qu on se comprennait bien, et croyez moi en chine, des moments comme ca , ca vous fait votre journee comme disent les anglais!!!
Je pose mon sac a la consigne, l occasion de constater qu en chine rien n est jamais simple, a la base c est tout simple, on scanne les bagages, on donne son passeport, on paie, on recoit un ticket...mais dans la petite foule qui se presse tout est pretexte a palabres ou altercations avec les employes...Plus j assiste a ce genre de scenes plus je me dis que c est une sorte de jeu, de theatre auquel se livrent les chinois: on ne s engueule pas pour de vrai, on leve la voix, on hausse le ton, on fait comme si...En revanche le policier qui chasse systematiquement les paysans qui se posent le long de la gare en attendant leur train lui ne le fait pas semblant, il est tres serieux et y va manu militari degageant sans menagement les ballots, les balancant vingt metres plus loin au milieu de la place, a decouvert, sur le beton detrempe par les averses regulieres.
Liberee de mon fardeau je prends le bus vers le centre ville ou le guide m indique une ruelle qui heberge de nombreux bars internets. Le centre est desesperant avec ses shoppings centers ses vitrines dior devant lesquelles dorment des paysans sans souliers, et ses avenues trop larges qu on ne traverse que par des souterrains. Malgre tout ce n est pas shanghai et partout on tombe sur des petits stands de snacks, de brochettes ou de nouilles, et des petits metiers qui s exercent a meme la rue, du reparateur de bicyclettes au cireur de chaussures en passant par tout sortes d etals non identifies, c est vibrant malgre tout ce beton, cette clim et ces bagnoles. Je trouve aisement ma ruelle et c est le guiyang cahe qui se revele. La petite rue s enfonce vers des hlm et toute une petite vie de quartier s y deploie.je decouvre un petit stand qui propose des hot pot sur le pouce, des dizaines de mini brochettes differentes trempent dans du bouillon epice et on choisit ce que l on veut pour grignoter avec son riz.. C est la version poplaire du hot pot qui a desormais une version yuppee tres en vogue et tres chere dans les restaurants designs...au bord de la rue sur un petit tabouret c est beaucoup plus drole et convivial!
Les bars internet sombres et plein de teenagers accros a leurs jeux videos ou au chat romantique le sont a priori moins, mais l accueil sera charmant, et les employes font tout pour que je me sente bien...D un coup la matronne debarque et nous fait cacher nos cigarettes...22! vla les flics! visite courtoise de voisinage dont le but n est autre que d extorquer au magasin quelques centaines ou milliers de kuais...Des leur depart briquets et paquets reapparraissent sur les tables et le cafe internet redevient un vaste fumoir. C est comme ca que j ai appris que les bars internet sont censes etre non fumeurs en chine. Ca alors, j aurais pas cru!!!
Le temps file vite sur la toile et il est deja temps de repartir vers la gare. La lumire est deja plus douce et je me suis habitue a guiyang...la ville ne me semble plus aussi monstrueuse, presque vivable avec sa riviere et ses quais ou on se promene en fin d apres midi...
La gare me reserve une nouvelles surprise, la salle d embarquement de mon train, habituellement un lieu plutot civilise, n est aujourd hui qu une vaste masse de corps en sueur, plus un siege tout le monde s entasse comme il peut sur ses ballots. Nous sommes 2000 peut etre a attendre le meme train, les minutes passent et les annonces se succedent soulevant brutalement la salle entiere qui comme un seul homme se rassoit decue quand l embarquement n est toujours pas annonce...la tension monte...et le retard est annonce, ce n est rien mais il fait chaud et la plupart de mes compagnons d infortune n ont pas de siege, rien, rien que l espoir de denicher dans le wagon un coin ou poser leur ballot et leurs fesses dessus, donc on se presse devant les portes pour etre parmi les premiers a atteindre le quai et le wagon convoite. Evidemment je suis la seule occidentale, evidemment c est un omnibus donc la salle est pleine paysans qui n ont jamais vu un blanc de pres encore moins une blanche aux cheveux blonds..Moi je balaie la foule de mon regard en me demandant ce que ca peut bien etre que d appartenir a une telle masse de gens, cheveux noirs et raides, yeux noirs pour tout le monde...peau plus ou moins claire selon que l on travaillex au champs ou au bureau...et c est tout...masse infinie repetee au meme instant a travers la chine dans toutes les gares, tous les metros, toutes les avenues... alors oui , on fait hurler son portable et on hurle dans son portable, alors oui on essaye d exister comme on peut.
Mes compagnons de voyages sont sechuanais, deux quadragenaires charmants et une minette aguicheuse et agacante. Ils parlent le chinois commun mais avec un tel accent que je m arrache les oreilles a tenter de les comprendre. J ai beaucoup de chance, mon wagon n est pas completement plein et surtout juste a cote du wagon restaurant que je vais donc essayer pour la premiere fois...Rideaux de dentelle aux fenetres, nappes roses kitschs recouvertes de toile ciree et employes desabuses...voila pour le decor. Le wagon est fumeur et je peuxx boire une biere en regardant filer le paysage qui a vire de la savoie a l irlande, on dirait comme de la lande; c est surement un plateau plus aride, parseme de minicollines et de jolies rivieres serpentant autour des rares petits champs de mais ou de riz...une jeune femme vient s asseoir a ma table, m offre des cous de poulets epices a grignoter en attendant nos plats vaguements sechuanais. Elle parle avec beaucoup de soin tres lentement et j en apprends un peu sur sa vie, sa fille de deux ans, sa famille qu elle va vister a la campagne, ses 1500 kwais (150 euros) mensuels de salaire comme vendeuse de tickets dans une agence, ses lectures- de pauvres romans populaires en fascicules qu elle s amuse a me voir tenter de dechiffrer-, ses etudes desormais si loin qu elle a tout oublie du peu d anglais appris a l ecole. Elle est tres douce et c est un bonheur de partager ce moment avec elle.
Je vais me coucher mais je la reverrai a minuit en me relevant, elle desnd dans le noir, dans une gare de province et me fait un grand sourire avant de partir vers sa vie.
Quel bonheur ce train tranquille, et mon voisin sechuanais qui au reveil nous chantent de belles chansons romantiques de sa vallee. L ambiance est sympatique, tres bon enfant, et quand le train se met a suivre le cours du yang tze, tout le monde est scotche aux fenetres portable a la main pour tout filmer: le famauex fleuve est en furie,rouge sang ou presque, c est un torrent de boue furieux qui devale a gros bouillons sa vallee, sans cesse nourrit de milles cascades surgissant dans la brume des hautes montagnes qui nous enserrent. Je n ai jamais vu un tel spectacle, une telle rage, de tels bouillonnements de boue...il n en faut pas plus pour perdre l appetit, mais la wagon restaurant en rajoute une louche, il n y a qu un seul petit dej disponible, 10 kuais, bof on verra bien...miam!!! c est un delicieux bol d huile pimente dans lequel trempent des nouilles agrementees de legumes vinaigres et d un oeuf frit de chez frit!!! beurk! je suis pas difficile, mais franchement les gros bouillons du yangtse me fascinent plus que mon bol de bouillon d huile!!!
Je fais bien de l avaler tout de meme, car trente minutes plus tard le train s arrete. Nous sommes en rade. Deux heures plus tard le train poursuit sa route le long du yang tze furieux..et s arrete de nouveau. Au bout d une heure une annonce nous apprend que nous sommes coinces pour deux heures au moins. 5 heures plus tard et sans autre annonce, le train enfin se remettra en route. C est beau un fleuve en furie, un fleuve magique et monstrueux craint et chante dans toutes la chine, un fleuve qui a massacre un bon million de chinois rien que le siecle dernier...mais quand , perche pendant des heures sur une mince voix ferree suspendue au dessus des eaux bouillonnates, le train se met a l arret, bloque quelque part plus loin par une crue de boue rougeatre, personne n en tient bien large...
6/7h de retard, et pas un chinois pour raler, tout le monde rigole un coup ou pousse un cri theatrale a l annonce du premier retard, puis chacuns y fait. En moins de deux il n y a plus rien a manger, ni un millilitre d eau chaude dans les reservoirs, alors on dort on lit on fume on chantonne et on attend...c est comme un rab de vacances et je soupconne mes voisins de ne pas etre si malheureux que ca de ce retard qui leur offre quelques heures de repit de plus dans leurs vies. De plus tout la petite discipline bien rodee se relache, on rouvre les toilettes qu on ne doit normalement pas utiliser a l arret, on ouvre grand les fenetres et on se met a fumer joyeusement dans tous les wagons...Seule la megere qui nous sert d hotesse dans le wagon ne se decripe pas et reste aussi aimable qu une porte de prison..les deux fois ou je lui pose une question elle me fait chaque fois le coup de la personne degoutee de s abaisser a repondre a une question, qui plus est d une etrangere, et avec un sac a dos!!! ce n est pas rare dans le train d avoir a faire a ses individus qui ont fait toute leur carriere sous le regime communiste et pour qui le service et l amabilite sont de sales idees bourgeoises, decadentes et capitalistes, inventees pour vous emmerder la vie. Je soupconne un brin de racisme egalement sans pouvoir comparer, les autres passagers chinois les ignorent tout simplement autant que possible.
En tous cas cette aventure sur les rives du yang tze me laisse songeuse: j imagine la meme situation dans un train en france et franchement je ne veut pas imaginer...ici, pas la moindre plainte, pas le moindre enervement, pas la moindre onde negative...le yang tze est en furie, alors on attend qu il se calme, tout simplement...
Mes voisins sont adorables et m aident a reserver une chambre dans la guest que j ai choisi a chengdu. En fait ils parlent tres bien anglais a l hotel et sont adorables. Ils me confirment qu ils sont ouverts 24 h sur 24 et que le taxi peut les appeler s il ne trouve pas....bref l arrivee a chengdu au milieu de la nuit se fera en douceur, et sans la moindre angoisse et c est epuisee que je pose enfin mes bagages dans ma chambre a chengdu...apres 30 heures de train. Le train en fait arrivait bien a chengdu a 22h passees; javais tout compris! ;)
La ballade dans la ville fut breve mais avec le plus charmant des chauffeurs de taxi chinois.
On m a dit que les gens de chengdu sont super sympas, flemmards rigolards bon vivants et meridionnaux... a premiere vue, ca a l air vrai!
ah oui c est la ceremonie d ouverture des jo. Dans les coffee shops pres de la guest des chinois regardent la tele d un air alangui, affaisses sur les chaises longues a meme le trottoir. Un peu de monde mais pas de grande folie, loin de la...
Nous sommes au fin fond de l ouest de la chine. pekin, c est loin.
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Publié à 03:50, le 28/08/2008, Guiyang Mots clefs :
vendredi9,samedi 10: repos a chengdu
Reveil embrume a chengdu en ce samedi matin lendemain d ouverture des JO...
Excellente surprise, la guesthouse est un vrai bonheur de backpacker: chaleureuse et coloree, mobilier de bois blond, grands espaces collectifs avec jardin, terrasses, espaces de cocooning, zone internet... et vrai petit bar. L endroit est tenu par un ancien backpacker singapourien marie a une japonaise rencontree sur la route; ils ont barroude a travers le monde avant de se poser ici. Et on sent qu ils ont du passer bien des nuits sur la route et qu ils connaissent bien nos besoins! Des panneaux permettent de laisser des messages, recruter des compagnons de voyage ou afficher les bons plans, une grande carte presente toutes les attractions de chengdu, des espaces de recyclages ecologiques partout, une bibliotheque bien remplie, des fontaines a eau, un espace second-hand ou l on peut laisser des vetements ou des produits dont on n a pas besoin,etc etc...la liste n en finit pas. Tout un tas de services et d attention qui font de l endroit bien plus qu un simple dortoir, et le staff est parfaitement bilingue et adorable...A peine arrive on se sent bien et toute la documentation a notre disposition permet de se faire tres vite une idee de ce qu on peut faire aussi bien en ville que dans la region., et l agence de se contente pas de vendre des tours, mais donne toutes les infos si on veur voyager seul. Tres franchement je n ai jamais croise sur la route de guesthouse aussi sympa, ou tout est si bien pensse et ou ne se sent pas pris pour un pigeon chaque fois qu on achete une bouteille d eau ou une biere...
Le soir sur la terrasse je discute avec le proprietaire qui evidemment me demande ce que je pense de singapour. Bien qu absolument rebelle a la base a sa petite ile claustrophobique qu il a tres vite quitte, il se sent presque maintenant de revenir au pays; nostalgie, tout simplement de la rectitude singapourienne...Suit un recit eloquent de ses mesaventures de manager de guesthouse en chine...D abord il faut payer, 10 000 taxes a 10 000 services differents: pour le droit d heberger des gens, et celui d heberger des etrangers, pour le droit de servir a manger, d avoir des postes de tele, d avoir de l eau chaude dans les douches et des fourchettes en cuisine...j exagere a peine! Puis viennent les inspections: ah! la cuisine a cet endroit ce n est pas reglementaire. Bon, on demolit tout et on reconstruit la cuisine ailleurs. Seconde inspection: ah! la ca va pas non plus. ????mais, vous m avez dit de la mettre la!!! Ah, les regles ont change...3eme inspection: la, ca va pas non plus....aaaargh!!! finalement le message passe et on comprend a quoi rime ces inspection: il caresse la paume de sa main d un geste qui ne laisse aucun doute sur sa signification.
< C est sans fond, tout le monde vient tous les mois reclamer sa part du gateau, et il ne nous reste que des miettes... Puis vient le probleme des employes. L employeur etranger est soumis a des regles particulieres qui offrent une grande securite aux employes...> Bonnnes intentions certainement, mais au final tous les employeurs se plaignent de leur staff paresseux et je m en foutiste. Tandis que l on discute, il est accroupi et gratte au couteau le plancher de la terrasse de longues striures pour le rendre moins glissant.
< Ce n est pas a moi de la faire, mais j ai demande 15 fois au staff de le faire...la, ils sont tous caches dans un dortoir...53 personnes, j emploie 53 personnes ici...ailleurs la moitie suffirait. Mais ici il faut tout le temps etre sur leur dos...> Neanmoins les jeunes qui sont directement en contact avec nous a l agence de voyage ou a la reception sont irreprochables: sourire et sens du service sont au rendez vous comme jamais en Chine, et ca fait vraiment plaisir!
Il se demande donc s il ne rentrera pas ouvrir une guesthouse au pays, a singapour, apres avoir repris la route un an ou deux avec sa femme et ses deux petites filles de 3 et 6 ans. Un doux reve qu il caresse desormais de loin car sa situation financiere s est dramatiquement retournee il y a quelques mois. Il y a 6 mois ils ont du demenager de leur ancienne location en plein centre. Ils ont trouve un autre lieu tout aussi sympa mais plus grand. Le business marchait bien et ils ont pris le risque de l aggrandissement, faute aussi de trouver un local de taille equivalente. Et puis donc sont passes tous les venus chercher leur du, plus gourmands que jamais...puis sont venus les catastrophes: la fermeture aux touristes de toutes les zones tibetaines du sechuan, principale raison pour les backpackers de venir au sechuan. Puis le tremblement de terre qui a finit de faire fuir les derniers touristes. La guesthouse en ce mois d aout de pleine saison est aux trois quart vide. Comme tous les sites touristiques du sechuan. Donc il ne pourra pas vendre cette annee. Et on imagine tres bien la tristesse de l ex-backpacker, coince entre soucis financiers et bureaucracie, revant de reprendre la route en regardant passer ceux qui librement voyagent... Rien entame neanmoins son immense gentillesse et s est veritablement dans une maison d hote que l on se sent ici, accueilli a la table du proprio. Si vous desirez faire vos premiers pas en solo en chine et que vous avez un peu peur de vous lancer, c est ici qu il faut venir, directement...on vous mettra en selle comme nulle part ailleurs...vite vite...avant que ca ferme!
On est tellement bien dans cette guesthouse qu il est difficile d en sortir, mais j ai rendez vous pour dejeuner avec un couchsurfer, john qui etudie le chinois a l universite apres avoir enseigne deux ans l anglais. C est sous la pluie que je traverse chengdu en bus surpeuple mais je trouve toujours un siege car les chinois ne veulent pas s assoir sur les sieges mouilles par la pluie! Je m arrete au passage pour faire 3 courses et tenter de reserver mon billet de train pour Chengdu dans une semaine. Le lonely planet indique un bureau de ville ou l on peut acheter ses billets, un point sur la carte...place trois rues trop loin donc je me retrouve a demander a tout le monde le chemin...oh miracle, c est vrai que les sechuanais sont adorables, quand ils ne savent pas ils vont demander pour moi et je passe ainsi de mains en mains jusqu a decouvrir...un minuscule guichet plante en face du marche...qui effectivement vend les billets! Mais c est trop tot, les resevations ne commencent que 5 jours en avance, et il me faudra faire confiance a ma guesthouse pour reserver mon billet en mon absence. Ces reservations de couchettes sont un casse tete car il faut s y prendre bien a l avance, parfois a l heure meme d ouverture des reservations pour decrocher le fameux sesame...et voyager 36h sans couchette n est guere une option! En plus , curieusement, ha ha ha, a l heure meme d ouverture des resas il ne reste dans certains cas deja plus une seule couchette! ou sont passees les couchettes? qui les a pre-reserve??? comment??? mieux vaut ne pas trop chercher la petite bete....
Autant les gens sont adorables, autant l architecture de Chengdu est a premiere vue desesperante. Il ne reste plus le mondre batiment de moins de 6-7 etages et tout semble avoir ete ardemment detruit et rebetonne depuis dix ou vingt ans. Resultat, au centre, le long d avenues trop larges, des enfilades infinies de batiments plus ou moins modernes, musee vivant des horreurs contemporaines. Pas encore de metro dans cette capitale de 4 millions d habitants et 13 millions en comptant la metropole, et de furieux embouteillages pour tout le monde. Malgre tout au hasard des ballades on deniche de vieux quartiers residentiels d hlm de 6-7 etages, sagement alignes le long de contre allees donnant sur de petites rues bordees d arbres et grouillant de boutiques et de petits restaus. C est tres agreable de se promener dans ces quartiers a echelle humaine, vivants et chamarres. Evidemment ils ne sont pas eternels et seront bientot j imagine detruit pour faire place a des condos et autres tours sans ame. En attendant ils me semblent etre l ame de cette ville qui fait semblant d etre modene mais n aime rien tant que les flaneries dans les maisons de the, les siestes a toute heure et n importe ou et les bons diners entre amis...Le moindre petit restau est singulierement chaleureux compare au standard chinois: avec leurs vraies tables en bois et leur ambiance tranquille les petits bouis bouis semblent nous inviter a flaner a table, la ou partout ailleurs en chine le repas est d abord une affaire d efficacite, execute en moins de deux sur une chaise en plastique sous de violents neons. Et comme partout il y a ces marches immenses ou tout se vend et ou l on perd si vite le nord qu a la sortie de ces labyrinthe d echoppes on n a d autre choix que de demander son chemin. A chengdu c est facile, il suffit de se poser au milieu du trottoir le plan grand ouvert pour que tout le petit monde qui vit et travaille dans la rue se mette a vous regarder en rigolant et commentant le spectacle...quand le public est bien chaud il suffit de s avancer avec un grand sourire et lancer a la cantonnade un retentissant (puis je vous demander?) et poursuivre avec forces gestes et chinois maladroit en ne manquant pas de rigoler un bon coup chaque fois qu on arrive pas a trouver le mot ou a se faire comprendre...Imparable! une minute de palabres, de regards interloques sur le plan billingue et en moins de deux la direction est pointee.
Oui il pleut, oui c est pas tres joli, c est bruyant, embouteille et bien trop grand, mais nulle part en chine je n ai trouve le contact avec les chinois si facile et joyeux. Des chauffeurs de taxis aux passants qui s abritent avec moi sous un auvent quand la pluie se dechaine, tout le monde semble heureux d engager la discut avec moi, et je n ai meme pas besoin de faire le premier pas! Seul soucis, une fois encore, ce terrible accent a couper au couteau qui fait de ces conversions un vrai challenge pour moi! Pourtant le peu que je comprends est passionnant; les gens me parlent facilement de leur vie, de leur famille, de leur salaire...un monsieur me raconte qu il est ouvrier, qu il est tres heureux car il y a du travail a chengdu et pas trop mal paye. avec ses 1500 yuans mensuels il peut s occupper de son fiston, un garconnet a demi aveugle de 10 ans avec qui il est sorti en vile aujourd hui car c est son jour de repos. C est jour de fete et il a mis son beau complet. Comme il s est mis a pleuvoir fort il reste la avec moi devant un magasin une bonne demi-heure a m offrir moultes cigarettes et dechiffrer mon chinois approximatif. Il est tres curieux de savoir ou j ai voyage en chine, qu est ce que j ai aime. Lui n a jamis quitte le sechuan et reve comme tout bon chinois d un pelerinage touristique a Guilin....En attendant, les JO le laissent parfaitement indifferents. Pekin c est loin.
Grace a lui je dechiffre sans soucis les indications que me donne John mon couchsurfer pour le retrouver a dejeuner, en face de l universite et en un coup de bus je me retrouve attablee dans une petite gargotte a devorer aubergines et haricots frits, tofu en sauce tomate et racine de lotus, le tout serieusement epice et dynamite au fameux poivre du sechuan. Un delice evidemment, la cuisne sechuanaise est un delice, pour ceux qui veulent tenter je crois avoir a singa l addresse d un bon restau sechuannais a paris. Je recommande absolumment!
John me raconte son experience chinoise, son arrivee du Canada il y a deux ans, pensant ne rester que six mois, ne songeant pas un instant apprendre le chinois...puis l experience de la solitude, cette impression de vivre toujours en marge , jamais dedans, cette alienation dans sa propre culture...et de poste en poste a travers la chine, soudain le declic: il faut apprendre le chinois, sinon tout ce qu il vit ici n a aucun sens...Deux ans apres sont arrivee c est un etudiant fervent qui a mis assez de sous de cote pour se consacrer quasi totalement a ses etudes de chinois. Il enseigne encore un peu pour se faire trois sous mais s est fatigue du travail qu il considere plus comme un travail de coach ou de psy que comme un enseignement pur et simple. Ses eleves qui se renouvellent en permanence arrivent souvent litteralement terrorises en cours. ILs n ont jamais vu un etranger et ont toujours peur de mal faire...les ouvrir un peu, les faire parler est un casse tete, et quand enfin un debat eclate la moitie de la classe le supplie de changer de sujet car c est indecent de ne pas etre tous d accord... Les jeunes sont rarement tres assidus, leurs parent les forcent a assister aux cours, les quadras sont extremement timides et mal assures. Tous arrivent en cours avec un prenom anglais qu ils ont passe des heures a denicher sur internet en cherchant une connection avec leur prenom chinois...le plus souvent c est un choix fort malheureux, un prenom du 17eme siecle, un nom de fleuve ou de ville ou pour ce grand costaud a la voix grave, un nom de fille, Jane, dont il ne veut pas demordre...
Toutes ces rencontres avec ces profs d anglais improvises en Chine -et ils sont des milliers- me donnent sacrement envie d ecrire un livre de portraits sur ces etranges parcours d occidentaux souvent debarques en chine sur un coup de tete et qui y restent plusieurs annees, par amour des gens , de la culture ou de la langue chinoise, en quete de liberte, de voyages, de rencontres ou simplement en fuite. Chine, dernier espace ou l on peut vivre de rien, ou l on peut plier bagages du jour au lendemain, ou l on est sur de trouver du boulot partout, ou l on ne paie pas d impots...Il y a un prix a payer, l entre-deux culturel et le tiraillement constant entre d une part l envie de passer du temps avec les siens, les occidentaux avec qui on partage les meme gouts, les memes loisirs et les meme facons d etre et de communiquer, et d autre part le desir de mieux connaitre la culture chinoise, de tenter de fondre un peu dans l environnement. Desir souvent contrarie, apres 10 ans en Chine un etranger est toujours un laowai, et il est quasi inimmaginable qu il parle chinois...sans compter le fosse culturel, cette pudeur chinoise qui rend tres complique le partage de toute intimite; les snetiments qui ne se disent pas, les confidences qui ne se font pas. Quel que soit leur desir d integration les etrangers en chine semblent toujours conscients de leur situation a part, marginale et parfois inconfortable.
John ne restera pas toute sa vie ici, il n est pas en fuite. Il a etudie les sciences sociales et desire, a son retour au canada, travailler pour les services de l immigration, mettre son mandarin au service de ceux qui lui ont fait un temps une place dans leur pays et leur faciliter l arrivee dans son pays. C est rare, la plupart des sont en transit, en quete, en fuite.
John a bien du mal a m indiquer un quartier avec de petites rues, un quartier pour flaner a Chengdu, et je suis epuisee de toute facon donc je rentre bien vite a la guesthouse dormir un peu et partager quelques bieres avec d autres travellers. L ambiance de pub me fait un bien fou...apres tant de kilometres traverses sans le moindre laowai en vue, ca fait du bien de boire une biere au comptoir et avoir une vraie discussion en anglais!
Sans trainer pour autant, car le lendemain j ai rendezvous a 7h30 avec Jason pour aller voir les pandas!!!
Jason est un poeme! On s est rencontres alors qu il demandait des infos sur la reserve de pandas a l agence de voyage de la guesthouse. Rapide comme l eclair, il me propose d y aller avec lui, a deux c est moins cher d y aller par nous memes que par l agence...Affaire conclue, me voila embarquee pour une excursion avec ce geant britannique aux allures peu pacifiques. Tatoue de pied en cap de paroles de chansons de David Bowie, le portrait de la star imprime sur son crane aux trois quart rase, le dernier quart recouvert d une touffe blond decolore, Jason n est pas le genre de type a qui on vient naturellement demander l heure dans la rue! Mais la route fait naitre des rencontres improbables, et en ce dimache brumeux je vais donc servir de guide et de compagnon de route a ce Jason qui decidemment cache bien son jeu....Fin, doux intelligent et cultive, et c est un formidable compagnon pour cette excursion au pays des pandas. Il voyage depuis 3 semaines en Chine et ne s y fait pas...les crachats, la facon dont on le regarde, le bruit constant, la nourriture toujours trop epicee, trop grasses ou pas assez copieuse, il en a marre et voyage desormais en vrai touriste, mangeant dans sa guesthouse et bookant des tours special westerners...Bref, j ai un jour pour le faire changer d envie, et de la reserve des pandas au supermarche, le parcours se transformera en jeu de roles pour apprivoiser les chinois! Me servant de l experience de Marc, mon grand allemand, je lui explique que le seul moyen de s en sortir, lui qui avec ses allures de geant feroce et tatoue fait peur a tous les chinois, c est d en rajouter! Ex -tra-ver-ti : il faut qu il soit totalement extravesti et souriant pour faire passer la pillule de son look..euh...d enfer!!! Et ca marche! Il se met a lancer de grands compliments aux demoiselles sur leurs robes et leur chapeaux, a tater le riz au supermarche avec le meme serieux que la petite dame qui fait ses sourses et eclate de rire, a mimer les pandas et blablater en pseudo chinois avec le gardien de la reserve...C est hilarant et ca marche, mission accomplie, Jason a compris que les chinois ne sont pas si mechants que ca dans le fond, juste apeures par son look et qu un peu de derision et de grands sourires brise la glace aisemment!
Alors bien sur en ce dimanche, l evenement ce sont les pandas, mais que voulez vous que je vous ecrive sur la reserve des pandas??? Que c est un joli parc perdu dans les bambous, que les pandas quand ils daignent se reveiller et bouger leurs fesses sont absolument adorables et que les voir croquer leurs bambous d un air las et desinvolte est un spectacle memorable...Bref ce sont des pandas, il n en reste plus beaucoup sur terre et c est l attraction phare de Chengdu. Je passe dans le parc une superbe matinee, mais pour de vrai l evenement de la journee c est jason , et decouvrir que non non non l habit ne fait pas le moine, et que ce punk effrayant n est qu un gentleman au grand coeur....
Donc deux jours tres sympas et reposants a Chengdu dans cette guesthouse au grand coeur, mais entouree de tant de travellers, de tant de petites histoires de voyages et de tant de hamburgers, je n attends plus que de reprendre la route.
Passe le bonheur de se ressoucer un ou deux jours dans un environnement familier, les guesthouses de travellers deviennent vite des espaces confines, urltraprotecteurs et vaguement obscenes ou nous les voyageurs nous retrouvons entre nous dans notre petit monde a refaire le monde sans plus y mettre les pieds... L inde est bourree de ces enclaves occidentales qui n ont rien a envier aux sheraton, bien moins cher certes, mais meme philosophie, etre chez soi ailleurs. Et ignorer l ailleurs que l on est cense etre venu experimenter.
Reprendre vite la route donc. Seule. Definitivement seule.
Et soulagee de l etre...
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Publié à 03:54, le 27/08/2008, Chengdu Mots clefs :
lundi 11-jeudi14: en route pour le tibet...
On a beau etouffer et crever de reprendre sa liberte, il nest pas facile de se lever a 4h30 du matin, heler un taxi et arriver dans une gare routiere inconnue pour prendre un bus vers un bled perdu dans les montagnes a des heures de routes...
J arrive bien trop tot car on m a predit un temps de trajet bien superieur a la realite et la gare routiere est encore fermee. Alors comme les paysans tibetains autour de moi je m assieds sur mon sac et attends que l on nous ouvre les portes du saint des saints. Ambiance entre cour des miracles et farwest, avec leurs bottes, leurs pantalons serres, leurs chemises et leur chapeaux facon cowboys, certains tibetains semblent tout droit sortis d un western americain tandis que de pauvres paysans a la peau tannee se serrent sur leurs ballots, l air fatigue et ahuris. L ouveture des grilles donne lieu a une cohue remarquable, le but du jeu etant d atteindre les guichets au plus vite, mais le jeu est truque car des rabatteurs ont deja pris place devant les guichets achetant des billets a la douzaine pour les revendre 10 metres plus loin a ceux qui n ont plus le temps de faire la queue. Ca crie, ca hurle, ca se bouscule jusqu aux cars, des enfants pissent au milieu a travers leurs pantalons fendus ,souleves dans les bras de leur mere, on s agite, on se bouscule et on fume partout. Encore une gare routiere chinoise.
Dans la queue je tombe sur un couple de backpackers en route pour Songpan, reserve naturelle au nord ou l on peut faire un trek a cheval. La veille deja un autre couple m avait dit qu ils partaient pour songpan. Danba, ou j ai decide d aller, me disent ils n est pas tres reposant ni interressant en soi; il faudra que je joigne un groupe sur place pour me ballader un peu. J ai juste envie de buller avec mes livres dans la montagne au milieu des tibetains et Danba est le seul vllage officiellement rouvert aux touristes alors que toute la zone est censee etre cadenassee, donc je me suis resignee a Danba en me disant que je verrai bien sur place...
Mais ce petit couple me fait encore du pied...Songpan, Songpan, prends ton billet pour Songpan...il est encore temps; c est chouette les ballades dans la montagne a cheval...avec un groupes de travellers espagnols/americains/anglais/allemands/canadiens...
aargh! je resiste a la tentation et maintiens mon choix, Danba ce sera!!!
Le voyage commence bien avec sur l ecran crachotant du car un dvd de clips tibetains pour oublier la plaine morne couverte d immeubles que nous mettons 3 quats d heures a quitter. C est un melange de chansons folks tibetaines au rythme endiable remasterisees facon techno, et de douces ballades nostalgiques au banjo a vous fendre le coeur. Les chanteurs sont totalement hype, garcons aux cheveux longs et lunettes noirs ,grands manteau tibetain negigeamment accroche a la ceintures, jolies filles en costumes pseudos-traditionnels revistes facon Vogue et nattes africaines ebourriffees, le tout filme sur fond de grands espaces tibetains: plateaux venteux, yaks paisibles et...monasteres et moines filmes avec glamour...Le tout est parfaitement commestible voir rejouissant et comme c est toujours le meme dvd qui passe je finis par connaitre les chansons par coeur et vibrer comme tout le monde au rythme de ces hymnes technoises a la liberte des grands espaces. C est parfois en tibetain, parfois en chinois, parfois en meli-melo des deux soupoudre de trois mots d anglais, mais qu importe, c est entrainant en diable et on se sent vraiment voler vers l aventure!
Je me suis levee a 4h30 quand meme, donc je finis par m endormir malgre le tintamarre assourdissant.De beaux reves de grands plateaux et d exotisme, et soudain... Papier bitte!!! Merde! j avais oublie!!! la region est officiellement fermee aux touristes a part donc Danba a priori mais les regles en Chine sont pour le moins mouvantes et rien ne dit que les trois officiers plantes devant moi l entendent bien de cette maniere!!! Un policier, un militaire et un je ne sais trop quoi me hurlent dessus pour me reveiller...Je finis par emerger et comprendre qu ils veulent mon passeport qu ils inspectent pas tout a fait a l envers mais presque, en marmonnat que c est de l anglais...euh oui, la vous chauffez, c est presque ca... je me garde bien de dementir. Evidemment tout le monde me regarde...Ni qu nali? ou vas-tu? ben a danba...Weishenme? pourquoi? ben, wo qu kan kan...je vais voir....euh les montagnes et ces grands batiments tres hauts (gestes a l appui!!!...des tours de gardes a flanc de montagne, specialite touristique de la region de Danba...) . Hum. Bon allez, c est bon tu peux y aller.
Merci monsieur!!!
Un conseil si vous devez passer une frontiere pas tres aisee, tentez le coup du sommeil, rien de mieux qu une tete ahurie de moineau sorti du lit pour faire passer un criminel pour un petit ange...on dit bien dormir du sommeil des innocents, non???
Je retourne bien vite a mes reves d innocent, jusqu a ce que quelquechose me reveille. On est a l arret, en pleine montagne, le long d une riviere et tout le monde, tres excite, descend du car...Pause pipi??? peu probable. Je suis mes correligionnaires et decouvre a 3 ou 4 vehicules devant nous, 20 metres tout au plus, quelques gros cailloux tombes sur la route et une fine pluie de terre qui glisse de la paroi. Bof..on s arrete pour ca? trois cailloux? On a qu a les pousser et repartir... Pas si vite ma jolie!!! Pas le temps de dire ouf et soudain c est toute la montagne qui semble debarouler sur la route.Une monstrueuse avalanche de rocs, de bois et de terre qui engloutit le bitume sous plusieurs metres de gravats, et au passage tous nos espoirs d atteindre Danba a l heure prevue. Tout le monde pousse de grands cris, degaine son portable pour filmer l evenement et, surexcite, rigole avec son voisin...Moi je vois surtout que notre car est pile sous ce qui ressemble fort a un autre couloir d eboulement et que sous le choc ca commence aussi a debarouler de ce cote-ci...euh? on y va la ou bien? ZOU BA!!! ZOU BA!!!!...on y va! et voila notre car qui fait un demi-tour accrobatique sur la route etroite pour repartir dans l autre sens, a 300m de la, sur le parking d une gargotte qui n en revient pas de son coup de chance! Des dizaines de clients d un coup!!! on va chercher des douzaines de cartons de nouilles deshydratees, de paquets de clopes et de fantas, la caisse enregistreuse connait son quart d heure de gloire et l echoppe, en mojns de deux, se transforme en fumoir/tripot (ah les cartes!! ah le ma jong!!!passions chinoises s il en est!!) double d un salon tele. Je trouve un spot sur un canape si deglingue qu il a sincerement du faire la guerre contre les mandchous il y a trois siecles, et munie de mes bouteilles d eau prudemment achettes, je me prepare a de longues heures de repos...hum...inesperees! 
Evidemment on regarde les JO...des chinoises jouent un match de volley (tres jolies, les joueuses de volley d ailleurs! fines et longues, charmantes avec leurs minishorts et leurs chaussetTes hautes...) , des chinoises font du rameur (euh, sans commentaire, la bulgare et la chinoise sont en tete...vraiment? ) , des chinois font des plongeons parfaitement synchronises, medaille d or, des chinois etc etc...et un francais se fait ratatiner au judo par un japonais baraque, ce qui rejouit visiblement mes copains d infortune. Notez, ce n est pas mechant, ils croient que je suis anglaise, sinon j aurais eu droit a des condoleances contrites.
Mine de rien l ambiance est a la fete, pas a cause des JO que tout le monde regarde faute de mieux et de programme plus federateur, mais parce que ce coin de route prend soudain des allures de camp de vacances. Au bord de la riviere les meres sont descendues avec les enfants sur la plage de gallets de l affluent moins violent que le torent principal, et pieds nus et pantalons releves aux genoux, les petits jouent a sauter de pierre en pierre et tenter d attrapper les poissons. L air est frais et sec, et c est un bonheur de lezarder au soleil entre deux matchs de volley a la tele...et doucement la glace se brise, on vient me parler en anglais ou en chinois, on rigole, on echange des biscuits. Une ado tremblante d emotion vient me dire en anglais qu elle parle trois mots de francais; elle tremble litteralement de m addresser la parole, pour me raconter qu elle est en route pour Litang avec son oncle. Ses yeux brillent quand elle m explique qu elle veut bien parler l anglais, et surtout apprendre le francais pour aller a Paris. Ca a l air de rien mais ce sont toujours des moments tres forts; je suis a la fois genee par tant d attentions et par tout ce que je represente, et heureuse d offir a cette ado un petit moment de bonheur, un instant de concretisation de son reve. Un reve d ailleurs, au dela des frontieres de la Chine immense...J ai l impression d etre une rock star et qu elle vient me demander un autographe! Dieu merci, le plus souvent les rencontres sont plus simples et moins chargees en emotions!!!
A 18h enfin la route sera degagee. Nous avons attendus ensemble dans cette joyeuse melee pendant 7h que les portes de l Ouest du Sechuan s ouvrent a nous...Quelle malchance, a 2 minutes pres nous passions... Je commence a me demander si je n aurais pas mieux fait d aller a Songpan! Ca sent la poisse tout ca! Surtout, je me dis que l on va arriver a Danba a point d heure...minuit peut etre? La guesthouse sera fermee...pas rassurant. Je demande donc a une gentille jeune femme tibetaine, qui a ete la premiere a me dire bonjour, de m aider a appeler l hotel pour reserver et prevenir de mon arrivee tardive. D un grand sourire elle me reponds, , et ajoute vaguement: < J ai aussi de la famille dans le coin, tu pourras venir>.
Je remercie chaleureusement, et le coeur en paix retourne a mon siege admirer les gorges sauvages qui nous enserrent , le torrent furieux et ces pics qui s elevent brutalement a des milliers de metres au-dessus de nous, tombant presque a la verticale dans les flots de la riviere surexcitee et gonflee d une multitude de cascades. La savoie, cette fois, est bien loin, le Sechuan effectivement, c est tout a fait autre chose. Une montagne a peine apprivoisee qui tolere tout juste l homme et devore la route quand bon lui chante, une montagne couverte d un plumeau vert tendre presque froufrouteux quand la roche noire lisse et cassante ne prend pas le dessus, une montagne qui ne souffre pas la moindre terrasse, la moindre culture. Une montagne qui va m entrainer tres tres haut.
Nous ne somme pas encore tres haut, 2000 peut etre, mais tout n est pas une question d altitude... Je ressens deja la force incroyable de cette roche, comme une energie compressee qui rayonne litteralemanet de la pierre; le seul mot qui me vient est un mot anglais, exhilarating!!! une sensation d ivresse, une force qui me traverse, la sensation de revivre la naissance de ces monstres sortis des gouffres de la terre. une ivresse folle pas d autre mot. La sensation d etre a la fois tres tres forte, pleine d une energie extraordianaire, et minuscule entre ces parois implacables. J adore la montagne, mais j ai rarement ressenti cette energie minerale avec autant de force. La seule fois c etait il y a 9 ans, au refuge du Couvercle,(je crois que c est son nom...a verifier!) face au cirque immense des Aiguilles Rouges, face a trois glaciers. Des pics mineraux a l infini, a l assaut du ciel, et cette meme energie folle.
Une energie qui ne me quittera pas durant ces quatre jours que je vais passer au milieu de ces monstres et dont il me sera extemement douloureux de me separer.
Au dela d un long tunnel, une autre vallee nous attend; pas de parois ecrasantes ce coup-ci, c est un panorama majestueux surplombe par le Gongga Shan,7556 m d altitude!!!! La nuit commence a tomber mais nous avons le temps d appercevoir le geant miraculeusement echappe du lourd couvercle nuageux avant d etre avale par la nuit, lui aussi. Le tempsd d avaler des nouiles a Kangding a 2600m d altitude et nous voila repartis sur une route cahotante, dans l obscurite totale de nouveau, serres contre des parois menacantes, le bus navigant sous la pluie a la pauvre lumiere des phares entre les rochers tombes de la paroi. Ce n est pas rassurant mais il n y a rien a faire, juste se laiser porter et esperer que le chauffeur soit un as...Encore un flic, bonnard ce coup-ci, qui me reveille, encore un peu de sommeil cahotique et soudain c est Danba. Une grand deserte a l exception de quelques tibetains saouls mais inoffensifs, et ma nouvelle amie du bus qui me dit de la suivre avec sa copine chinoise. Je tiens a peine sur mes jambes, ivre de fatigue et de cahots, et je m ecroule dix minutes plus tard dans la chambre a trois lits de l hotel miteux ou nous echouons. Je sais que je suis entre de bonne mains, et je dors comme une souche malgre la lumiere et le bavardage de ma nouvelle amie qui vient de retrouver une autre copine d enfance.
Il fait un peu froid mais sous le gros duvet je reve confortablement de cataclysmes volcaniques et de feu jaillissant de la terre pour cracher ces montagnes cruelles.
Au matin c est la surprise totale. Je monte sur la terrase m attendant a decouvrir un joli panorama depuis mon petit Damba accroche a flanc de montagne. Devant moi, a 100, 200m peut-etre une autre paroi, au milieu , 5 etages plus bas, Danba, grand-rue s etirant le long des flots surexcites de la riviere. Ecrasante claustrophobie dans ce pretendu , nomme plus joli village de Chine par le national geographic chinois il y a quelques annees, et qui est en realite une ville de 50 000 habitants d immeubles bas maquilles a la tibetaine. Les fioritures ne font guere illusion, l endroit n est ni sympa ni tres joli, et je creve deja de trouver une autre villegiature.
Quand Mu, appelons la Mu, me propose des le reveil de la suivre avec son amie chinoise dans sa famille a quelques km je n hesite pas.
Oui bien sur.
Bien sur!
Je ne sais pas encore a quel poimt son offre est genereuse. Elle travaille a Chengdu et ne voit sa famille qu une ou deux fois par an; non seulement elle a propose a son amie chinoise de Chengdu de venir avec elle ce coup-ci, mais moi, l etrangere absolue, je suis aussi invitee de bon coeur.
Un micro-taxi charge a bloc de nos gros sacs nous emmene sur une piste vers une vallee plus buccolique ou seuls quelques hameaux tibetains viennent s inscrire dans un paysage de montagnes impitoyables. Ici meme la foret ne parvient plus a se faire une place...Des buissons bas, des herbes folles et la roche a nu de partout tombant a pic du ciel. Tout en bas, le long de la riviere ou dans les plis de la montagne, les hommes ont reussi a glisser la un verger de pommiers ou de poiriers, la un bout de potager, la un micro-champ de mais ou d oseille. Quelques poules et deux ou trois cochons noirauds completent le paysage.
C est ainsi que les hommes vivent ici, rien de plus, rien de moins.
Les vilages tibetains sont magnifiques, avec leurs allures de petits forts bravant la montagne. tout de pierres passees a la chaux blanche et ocre, les maisons s elevant sur trois etages en terrasses. Delicieusement ornes de sculptures en bois et de riches peintures colorees, surmontes de quatre quartz scintillants au-dessus de la plus haute tourelle pour eloignes les mauvaises vibrations, on dirait de petits palaces. Ce sont, je vais vite m en rendre compte, de simples et pauvres fermes.
Le taxi nous depose devant un petit pont de cordes orne de drapeaux tibetains. Nous y retrouvons le neveu et la niece de Mu, 6 et 11 ans qui viennent sans rechigner nous aider a porter nos bagaes et je dois me battre pour porter mes sacs. De l autre cote du pont, quand le pere nous rejoindra, il me faudra abdiquer. Des que j appercois le papa de Mu au bout du chemin, je sais que je vais passer ma journee dans une tres belle famille. Humble et tout petit sur le chemin de poussiere,, dans de pauvres habits paysans il nous sourit genereusement les bras grand ouverts. Toutes ses rides semblent monter vers le ciel et son sourire respire bonte et simplicite. Il s empare de mon sac et nous grimpons a travers le village, entres poules, cochons et regards curieux des voisins.
Je n ai pas eu la possibilite ce matin ni de ma changer, ni de prendre une douche (et pour cause...l hotel n en n avait pas!) et des mes premiers pas dans le joli je comprends que je n en aurai pas plus l opportunite ce soir.
Derriere une petite cour ou s entassent le bois, le poulailler et quelques bassines d eau, une porte basse s ouvre sur un hall en terre battue, et sur la gauche une vaste cuisine completement vide a part un coffre en bois et au centre un simple foyer nu sur lequel repose une marmite. Pas de cheminee et une fumee acre qui enveloppe tout. Sous l escalier du hall, les toilettes, un simple trou ouvert sur un fosse de deux ou trois metres, regulierement arrose des cendres du foyer pour limiter odeurs et risques d infections. Il n y a pas de porte evidemment. L escalier abrupt mene a une premiere terrasse bordee d un sechoir pour le mais, les fruits, les pommes de terre, et d une piece a vivre confortable avec ses petits canapes en bois blond et ses vastes placards dont le pere sortira ce soir de nombreux duvets et matelas supplementaires pour faire dormir tout le monde. Une echelle rudimentaire taille dans un tronc mene a une autre petite terrasse, une autre echelle identique et c est la derniere mini-terrase ou se cache un petit temple et scientillent les quatre morceaux de quartz fierement plantes aux quatre coins pour proteger la maison.
Et c est tout pas de chauffage central, pas meme une cheminee, pas d eau courante, pas de machine a laver...mais comme partout une parabole colective qui alimente la tele, et un lecteur de dvd. Et des decorations de bois sculte, et de jolis volets peints de multiples couleurs delavees par la pluie, et des posters chinois kitsh au mur de la piece a vivre entre deux reproductions de tankhas...etla touche finale, l incongru poster de Mao! J ai tout de suite des soupcons sur ce portrait de Mao; je n aurai jamais le fin mot de l histoire mais je le soupconne de masquer un tout autre portrait en dessous...discretion oblige.
Le pere remplit gaiement sont devoir d hote nous amenant le fameux the tibetain au beurre de yak rance et sale -pas mauvais!!!- et de petits pains fourres. Enchantee je me prepare a faire honneur a ce petit festin, mais la premiere bouchee m attrape au vol...les petits pains sont fourres de legumes verts et de viande qui a vue de nez n a jamais vu un frigo de sa vie.
Le tout a un parfum formidablement faisande et j ai un haut le coeur. Impossible de me derober il faut finir ce bao costaud de viande douteuse, qu on me resservira a chaque repas, petit-dej compris. Je crains vraiment pour mes pauvres intestins, mais je suis plus solide que je ne le crois et je passerai sans trop souffrir l epreuve du bao.
Vaillament et avec le sourire a chaque fois.
C est une introduction brutale a ce que je vais vivre pendant 48h: l hospitalite locale, qui frise innocemment le kidnapping! A la merci de mes hotes, je n aurai plus un instant de liberte. Je ne saurai jamais quel est le programme des rejouissances, si je dois boire le the a profusion de peur de manquer d eau (je n ai que 50 cl avec moi dans une petite bouteille) ou me limiter de crainte de n avoir plus l occasion de me soulager. Je mangerai tout ce qu on me mettra sous le nez, et avec le sourire, je dormirai quand on m indiquera mon lit et me leverai quand on ouvrira les volets. Evidemment nous communiquons dans un chinois rudimentaire et fortemant marque par un accent rocailleux pour eux, francais pour moi, et, en gros je ne sais jamais trop ce qui m attend, ce qu on attend de moi et ce qui va suivre.
Il y a une sorte de mythe romantique de l invitation au village chez les locaux. La realite est moins glamour; on campe dans des conditions difficiles, on mange de maniere quasi insalubre, et on passe un temps fou a sourire au milieu de conversations auxquelles on ne comprend goutte, enferme dans un petit salon quand on reve de longues balades a travers la montagne. Et c est epuisant de tenter d etre une invitee agreable, de ne pas faire de faux-pas, et d essayer de comprendre ce qu on vous dit quand on vous parle, pendant des heures...
Mais je suis entouree d attentions genereuses et de l affection qui regne dans cette petite famille endurante et chaleureuse. La soeur a epouse un paysan et vit a 500m du pere dans un autre hameau, la mere est morte, et mon amie est le chainon urbain qui ramene un peu de sous de la ville et un sac enorme charge de nouilles, de conserves, de vetements et de jouets chaque fois qu elle rentre au village. Bonte, generosite et bonheur d etre ensemble transparaissent dans tous leurs gestes, a chaque instant et c est aussi une experience magnifique que d etre la parmi eux. Pas romantique, pas facile, pas poetique, mais beau tout simplement.
Alors on ravale ses besoins, ses envies de liberte, sa soif et son reve d intimite, et on suit gaillardement la petite troupe.
Les petits baos n etaient qu un snack, et un vrai dejeuner nous attend chez la soeur. Il faut gouter de tout y compris cette couenne dure et immangeable qu on me presente comme un met de choix. La cuisne tibetaine n est pas particulierement reputee, et je comprends pourquoi. Cuisine pauvre et rapide, dans un environnement qui ne laisse pas de place aux fioritures; on est deja heureux d avoir quelquechose a manger, et la viande avariee qu on me sert dans les baos est certainement un luxe. En regardant les baos Mu me glisse, le regard triste, .
Il est difficile d exprimer ce que je ressens, une sorte de bataille en moi ente mon petit moi qui reve d une grande ballade dans la montagne, d un bon plat de nouilles epicees, de toilettes avec une porte pour proteger mon intimite, et d une douche, ou du moins d un espace pour changer mes sous-vetements, et un autre moi, un moi plus beau, plus noble, qui se moque de tout ca et ne voit que la chaleur humaine, la generosite formidable de ces gens qui m ouvrent la porte de leur maison, me nourrissent et m offrent le meilleur matelas pour la nuit. et ce pere si doux, si humble, au regard incroyable, casse en deux sous des kilos de pommes de terre au retour des champs. Une experience ambigue donc, qui me pousse dans mes retranchements, dans des zonnes sombres ou l honnetete avec soi-meme est desagreable. Oui par instant on se dit qu on serait tellement mieux dans un tour Terre d Aventures, a rentrer chez les pauvres gens remuneres par le guide, echanger trois sourires , boire poliment un the et repartir vite fait pour une longue randonnee suivie d un repas digne de ce nom. Oh oui, on serait tellement bien dans son petit monde a soi, a consommer au passage celui des autres! C est pour cela qu il est si agreable de traverser la Chine et ses rizieres depuis sa couchette dans l express qui file a travers les provinces les plus pauvres...Tout n est que paysages dramatiques, typiques ou exotiques. Les paysages. Les gens. Leur vie. On consomme tout ca les fesses tranquillement posees sur sa couchette.
L aventure, la vraie, le vrai contact avec les autres, on en reve tous sur la route.
Mais quand ca vous tombe dessus au detour d un chemin, ca n est pas aussi facile que dans les recits de voyages. On reste prisonnier de soi, de son corps, de ses besoins, de ses desirs.
L inconfort physique et le manque d intimite ne sont pas si teribles en fait. Depuis Shanghai j ai appris a faire mes besoins devant les autres, ca ne me derange plus. J aime les matelas chinois faits a la main dans les villages d une fine couche de laine serree, poses a meme un coffre de bois. Les duvets sont chauds et moelleux, et pour les repas, ma foi, si mon estomac s en accomode je men accomode, et tant pis si j ai toujours soif. L aspect physique s oublie vite, meme si apres 4 jours on reve de pouvoir se laver. Ce qui est plus difficile a accepter c est que soudain on est plus maitre de son voyage, de sa facon de voyager. On ne controle plus rien, on doit juste se laisser porter. On passe a cote de choses qu on aimerait faire, visiter, photographier. Mais le plus desagreable est de voir surgir en soi ces besoins mesquins de confort physique et psychologique, quand on se voudrait grand noble et bien au dessus de ca...
Et c est le prix a payer pour vivre ces moments de partage qui dans l inconfort de la ferme feront de cette nuit chez mon amie Mu un temps inoubliable dans mon voyage.
La veille dans le bus dans un remarquable roman de PD James, Devices and Desires, j ai lu cette reflexion d un personnage qui m a frappee:
< We need, all of us, to be in control of our lives, and we shrink them until they re small and mean enough so that we can feel in control.>
C est ce besoin infini de controle sur nos vie que le voyage malmene toujours. Quelque soit notre facon de voyager, il y a forcement des aspects du voyage qui echappent a notre controle, nous propulsent au-dela de nos zones de confort, nous angoissent, nous malmenent, jusqu a ce qu on accepte de lacher prise, de laisser le voyage nous gouverner plutot que de tenter de le mettre en boite, de le reduire a rien et de le soumettre a nos desir de controle.
Et ces existences retrecies et insignifiantes auxquelles nous reduisons si vite nos vies a force de craindre qu elles ne nous echappent ont leur equivalent sur la route. Je me souvient de ma premiere semaine angoissee de voyage en Inde, chaque etape, chaque horaire de bus, chaque nom de guesthouse note sur une grande feuille blanche, le lonely planet lu et relu 20 fois et appris par coeur, et la peur que tout deraille, qu un bus soit en retard, que je ne puisse pas suivre ma feuile de route, que doive dormir dans un lieu non repertorie. Angoisse parfaitement comprehensible d une jeune fille de 19 ans seule sur la route en Inde evidemment, instinct de protection au milieu du chaos, defense immunitaire naturelle contre l aggression permanente de ce magma terrassant de gens, de couleurs et d odeurs non familieres...oui, mais...Il y a bien autre chose dans ce besoin maladif de controle, un vice profond dans nos vies qui nous empeche de vivre ce que profondemment nous voulons vivre et qui trop souvent fait de nos voyages memes de petites choses insignifiantes quand nous revons de grandes explorations, de grands echanges humains...
J avais deja franchi une etape sur la route en acceptant que le voyage n avait rien a voir avec des vacances au sens propre. L epuisement constant d avoir a parcourir tant de km, les heures infinies sur la route, l adaptation constante a de nouveaux lieux, de nouveaux visages, de nouvelles villes, les efforts enormes pour comprendre les informations de base que l on me fournit (heure du train, direction, prix..etc) et les petites conversations quotidiennes, la nourriture qui n est jamais celle dont on reve, le poids du sac et l ennui de devoir sans cesse emballer et deballer ses affaires, le soucis permanent de pas perdre de vue son passeport, son argent...
Les vacances c est la fuite des contraintes, chercher le confort maximal, se faire du bien, se laisser aller, s offrir le plaisir des sens et oublier que la vie n est pas toujours si facile.
La route n est pas reposante, c est une bataille constante avec les contraintes, un effort permanent, et si l on laisse bien son quotidien derriere soi, on ne part pas en vacance de soi car tout nous ramene a une confrontation avec soi-meme, jusqu aux sombres recoins ou l on n aime pas regarder.
Je realise aujourd hui que la route, pourvue qu on l accueille vraiment, qu on s y soumette, est aussi une epreuve quasi initiatique, un chemin tortueux et caillouteux vers les regions de soi que l on aimerait atteindre mais que le quotidien nous empeche de voir, un quotidien que nous nous sommes savamment construit pour justement nous proteger des embarras de cette quete.
Sur la terrasse de cette pauvre ferme face aux montagnes aussi majestueuses que violentes pour l homme je choisis d oublier mes envies, mes besoins et juste laisser venir a moi ce que la route veut bien m offrir, et cet apres-midi c est ce moment de vie avec ma famille tibetaine, avec ce pere aux mains calleuses, au dos casse par 10000 lourds paniers et au regard doux. et mon amie Mu qui d un coup se leve et va chercher tous les habits traditionnels de la famille pour que je la prenne elle et son pere en photo, vetus de leurs plus beaux atours, vestes brodees, grand chapeaux et capes de laine, fixant gravement mon petit appareil...Et le regard de son pere n est plus humble, mais fier.
Et puis tout le monde s y met, le chapeau de fourrure passe de tete en tete, les manteaux les vestes de brocarts...c est une séance effrenee de photos qui prends l allure d un shooting de mode, Mu posant en experte, son joli minois fixant l objectif avec autant d aise que ces idoles de pop tibetaine qu elle a vu tant de fois a la tele. Mais derrierre ce petit jeu qui la remplit de joie, il y a d abord une fierete immense pour sa culture, et ces habits portes avec tant de grace et de majeste sont d abord l affirmation d un heritage qui ne peut s exprimer totalement librement.
Quand j aborde maladroitement et dans mon pauvre chinois la question de sa liberte culturelle et que lache le mot Dalai-Lama, elle jette un regard desespere vers sa copine chinoise a portee d oreille, et reponds effrayee et bouleversee, tres vite et en anglais que son amie ne comprend pas: < I know, i know, but not in China, we don t talk this!!!!> Plus tard elle trouvera un instant de solitude avec moi pour me dire . < Do you have pictures of him? >. Son visage se deforme d une grimace de degout absolu...
Son village est a quelques kilometres de Danba, petite ville tibetaine mais ou vivent beaucoup de chinois et la cohabitation est difficile. Mu vit a Chengdu, a des amis chinois, et elle a donc meme invite son amie chinoise dans sa maison.
Mais sur le sujet, l antagonisme est insurmontable et il n est plus question de se faire confiance.
Quand je lui explique timidement que j aimerais aller a Tagong, sur le plateau a quelques heures de route de Danba, voir les collines vertes a l infini, que du coup je ne pourrai pas les suivre le lendemain vers Kangding comme c est prevu, son visage s eclaire.
Pas de probleme, demain tu vas a Tagong, j ai un ami la-bas, dans un tres grand monastere, un grand lama, un homme bon, il t accueillera.
Et son visage rayonne de joie.
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Publié à 03:55, le 26/08/2008, Danba Mots clefs :
Au reveil elle entourloupe son amie chinoise pour qu elle n ait pas envie de me suivre a Tagong, l amitie s arrete la; il est des lieux ou les chinois ne sont pas necessairement les bienvenus, meme les amis.
A Danba elle me confie aux soins d un chauffeur de minicab, pour qu il me mene a Bamei, et qu il me trouve sur place un autre minicab pour Tagong, et lui confie le numero de telephone de son ami, a transmettre a l autre chauffeur...c est la tibetan connection, je suis entre d excellentes mains et je n aurai pas a lever le petit doigt pour arriver quelques heures plus tard pile devant la porte du Lama qui m attendra avec son grand sourire.
Mais d abord il y a la route, et le chauffeur charmant qui me raconte sa vie, sa famille, ses enfants, m offre ses cigarettes et rit quand nous croisons les flics...Tagong est officiellement ferme aux touristes donc, mais tout le monde s en fout apparemment. Il m explique que s ils nous arretent ce sera juste pour voir mon passepoirt, tu as un visa hein? Depuis avril les regles se sont relachees et les etrangers peuvent desormais passer en douce en minicab, tant que ce n est pas trop voyant, tant que c est n est pas en bus officiel.
La route une fois de plus est extraordinaire et nous traversons des vallees perdues, parfois riantes et bucoliques, parfois sombres et oppressantes, toujours quasi-desertes. Puis la montagne se fait brutale et nous glissons entre des aiguilles de roche d un noir brillant veinee de rouge sanglant...on dirait que la roche est couverte de petrole, on voit comme des coulures..en fait la lave a seche si vite que dans ces masses dures et solides ont voit encore des millions d annnees apres la force du feu qui a fait jaillir ces coulees quasiment a la verticale. On dirait les portes de l enfer et mon chauffeur eclate de rire...Noir!!! Rouge!!!...La montagne!!!! Regarde comme c est beau...et tu vois les fumees qui s echappent, ce sont des sources brulantes jaillies de la terre!!!! On a amenage des petits bassins pour se baigner!!!!
...et soudain comme par magie ce paysage tout droit sorti du Seigneurs des Anneaux s ouvre sur les premieres collines de Tagong. Nous avons atteint le grand plateau, a 3800 m d altitude, et c est litteralement comme decouvrir un tresor impitoyablement garde par des monstres brutaux....la roche noire , les arretes acerees laissent place a un grand ocean vert qui ondulle a l infini en courbes douces et reveuses. Des yaks, des nomades et les colline de prairie parsemee de fleurs fragiles a perte d horizon...sur des kilometres et des kilometres.
Il n y a pas de mots pour decrire ce qu on ressent dans ce lieu, a chaque virage de la route un nouveau paysage tout droit sorti du catalogue Terres d Aventures, ou si vous preferez d une pub pour Landrover, 4x4 qui pour une fois ici ont bien leurs raison d etres sur les routes defoncees, boueuses et souvent inondees. Toujours les memes elements, les collines, l herbe qui ondule, les petites fleurs, les yaks, quelques chevaux et ca et la une tente de nomade, et la route qui trace au milieu des courbes magiques, mais a chaque fois une composition reinventee...Et loin a l horizon d autres cretes noirs culminant a 4500 j imagine, et plus loin encore les sommets eternellements enneiges...5000 6000 7000 m d altitude, qui se soucie des chiffres? c est simplement sublime et ennivrant! J envie de sauter sur un cheval et galoper a l infini, je ressens une energie incroyable, un sentiment de force et de liberte infinie.
Depuis le debut de cette route vers le plateau j ai beaucoup pense aux Etats-Unis, l immensite des forets, des montagnes, les paysages deserts rappellent les images qu on a tous vues dans les films amercicains de vastes territoires ou la nature regne en maitre. La c est toute la mythologie du westen qui vient a l esprit et la petite ville de Bamei ou je dois changer de minicab ressemble au décor d un film en technicolor. Une grande rue, des chevaux attaches devant les echoppes aux cotes de leur equivalent moderne - les motos aux selles richements decorees- des bars et des tables de billard qu on a sorti dehors pour jouer a la lumiere , des epiceries et de petites echoppes et une foule chamarree de tibetains tous en habits traditionnels et couverts de bijoux de grosses pierres et d argent, les femmes enturbannees de couleurs, les hommes au visage chocolat et longs cheveux noirs faisant tourner leur moulin a priere. Seuls les plus jeunes ont un look plus moderne, leurs cheveux longs appretes d une coupe plus tendance, bottes et blouson de cuir et lunettes de soleil, ils ont des airs de rock star et des manieres de petits voyous. Leur accueil n est pas des plus sympas, pas un sourire, pas un mot, des manieres brutales et des moqueries occasionnelles, ils jouent aux durs, aux machos a la petite semaine. Mais on me confie a l un d entre eux, et je serai amenee a bon port, dans un van completement pourri mais dont le pare-soleil est un lecteur de dvd ou passent les eternels clips de techno tibetaine qui inspirent leur look. Durs a cuire dans le look et les manieres, mais quand nous arrivons au monastere, quelques km avant le village de Tagong et que nous decouvrons le lama qui m accueille devant la porte de la petite maison qu il occuppe, mon rocker boutonneux se precipite pour demander une benediction, a genoux a meme la terre boueuse.
Le grand plateu des colines de Tagong appartient de fait aux Tibetains, pas un chinois en vue, a part les flics peut-etre qu on croise regulierement en 4x4, mais je ne cherche pas a aller verifier. La liberte religieuse ici n est pas un probleme et l immense monastere qui m accueille est visiblement florrissant. Un grand batiment tout neuf vient d etre acheve, un autre est en cours de construction et des dizaines de bungalows parsement les collines pour accueillir les nouveaux moines et nonnes qui affluent constamment. Pas de photos du Dalai- Lama neanmoins (mais d autres touristes me diront a Chengdu en avoir vu beaucoup sur les autels des temples et monasteres dans la region de Songpan au nord du Sechuan...).
La zone etant fermee au tourisme je m attendais a une ambiance de guerre larvee, a des controles constants, a une certaine tension...rien de tel, ici les tibetains vivent tranquillement entre eux a leur maniere et en avril selon le lama, il n y a eu aucun probleme. C est paisible ici.
Curieusement certains tibetains semblent afficher des signes de ralliement a la Chine, petits drapeau chinois sur la moto ou t-shirts i love china, on voit ici ces petits signes nationalistes que je n ai vu nulle part ailleurs durant mon voyage, principalement arbores par les chinois dans la vallee, mais donc aussi ici par certains tibetains. Ralliement reel a la cause chinoise, maniere d afficher son refus de soutenir la cause perdue d un Tibet plus autonome et sa satisfaction de la situation actuelle, ou simple truc pour se faciliter la vie et circuler tranquillement sans se faire controler? A moins que ce soit des supporters de JO!!! Impossible de savoir. je n assiste a aucun controle, mais pres de 4 mois ont passe depuis les emeutes de Lhassa et je ne sais pas si la region a ete ou non controlee de pres par la police les mois derniers.
En ce mois d aout l ambiance est absolument calme et sereine sur le territoire du monastere qui s etend sous une merveilleuse colline couverte de milliers de grands drapeaux de prieres delaves flottant dans le vent. On dirait une installation artistique, du land art a l etat pur, et l effet est saisissant. A la tombee du jour je resterai longtemps allongee sur mon lit a regarder les vagues du vent dans les drapeaux, les mouvements subtils de cet ocean d etoffes pastel contre l horizon infini...
Mais pour l heure il s agit pour moi d apprivoiser mon nouvel hote et de decouvrir les regles de vie de ma maison d accueil. C est une petite maison de deux etages, en bas deux grandes chambres dont une transformee en dortoir, en haut d un escalier branlant une cuisine presque moderne avec son feu a gaz et son frigo, une banquette et une table basse, a gauche la chambre de mon hote, a droite un temple ou fume l encens au milieux des tapis, des coussins colores et des statues de bouddha. Ce sont les quartiers prives de ce grand lama qui y vit avec sa soeur qui s occupe de son menage, sa cuisine et son foyer depuis des decennies.
K, appellons le K , a 70 ans . Il me parle doucement et clairement en chinois et m accueille d un bol de soupe et de petits pains a la vapeur. Evidemment je suis timide et embarrassee de debarquer ainsi dans ses quartiers prives, mais il me met tres vite a l aise, me confirme son invitation a passer la nuit en bas et me rassure: on s occupera de tout pour me ramener le lendemain a Kangding a bon port. Nous discdutons dans la mesure de mes possibilites linguistiques du bouddhisme, de la vie ici dans les montagnes et de sa vie. Il a passe toute sa vie au nord de Ganzi, a 6h de route d ici, dans un autre monastere a 5000 m d altitude. Maintenant il est trop vieux pour supporter l altitude et c est a 3800 seulement qu il passe desormais son temps, jusqu a ce que l hiver devienne insupportable et qu on l envoie a pekin ou shanghai passer les plus mauvais mois dans un climat plus doux.
Evidemment il n y a pas de chauffage et je n ose pas imaginer ce que doit etre l hiver ici. En plein mois d aout c est absolument glacial. J ai mis litteralement tout le contenu de mon sac sur mon dos, mon pantalon thai sous mon jean, trois paires de chaussettes, quatre t-shirts, une polaire et un gilet de laine et je grelotte. Et il fait encore plus froid dedans que dehors sous le ciel gris et pluvieux...En montant vers Tagong tous les Tibetains me demandaient: tu as des vetements chauds??? euh oui, oui oui bien sur...ah la bonne blague...je n avais pas realise que j allais monter a 3800! pas imagine le froid glacial qui regne ici meme en plein ete! Me voyant bleue et tremblottante, K m offre un grand manteau tibetain de fourrure pour me rechauffer, et enveloppee dans cet ocean de chaleur je me sens la reine des steppes, prete a courrir les plaines et gravir les collines!
Le programme est un peu different! C est jour de ceremonie et mon lama doit aller participer aux prieres, meme si je sens bien qu il n est pas enchante par la perspective de passer des heures sous une tente a marmonner les textes sacres et qu il apprecie le privilege de son age qui lui permet de debarquer a la ceremonie bien apres tout le monde...Avant de partir il prend d ailleurs de bonnes rasades de bai jiu pour se donner du courage! Evidemment les bouddhistes, et encore moins les moines, ne sont pas censes prendre des . Mais j imagine que sur ces hauts plateaux glaces on s accomode de petits arrangements avec la regle...
Je finis par le suivre sur le chemin de boue, ou les paysans l arretent tous pour demander sa benediction, vers l immense tente dans l enclos du monastere juste en face. Une vaste tente decoree de motifs tibetains traditionnels qui me reserve a l interieur un spectacle etonnant. C est une fete des fleurs on dirait. Je sais que la fleur est dans le bouddhisme le symbole de l impermanence des choses, mais peu m importe la theologie en cet instant ou je penetre sous la tente, c est tout simplement merveilleux, pas besoin d intellectualiser! La tente est emplie de fleurs multicolores savamment arrangees, de vraies fleurs des collines, recoltees par milliers par les nonnes et arrangees delicieusement, et de fausses fleurs aux couleurs eclastantes....Au milieu de ce décor paradisiaque, des centaines de villageois et de nomades sont venus participer a la ceremonie , tous en habits traditionnels evidemment. Des visages burines, des manteaux chamarres, des regards graves fixant les moines rassembles sur le devant de la tente. On m assied au milieu des fideles au premier rang des laics, a cote de la soeur de K qui lui s en va rejoindre les autres grands lamas dans l espace plus confortable qui leur est reserve.
Comme toutes les ceremonies bouddhistes c est une longue et repetitive lecture d un texte du bouddha, accompagnee de rituels particuliers, ici en l occurrence un jeu de benedictions des fleurs des prairies que chacun trempe dans de petits bols d eau devant soit , puis transfere dans d autre bols dans une savante choregraphie. C est un peu lent et fastidieux et nombreux sont ceux qui ont l esprit ailleurs; les petites nonnes devant moi font des exercices de calligraphie dans leurs cahiers, et les paysans semblent heureux de se livrer au petit micmac du rituel des fleurs pour echapper a la psalmodie monotone des textes...En tout cas on m accueille chaleureusment dans les rangs et la fascination declenchee par mon entree sous la tente laisse vite place a une indifference sereine a la presence de l etrangere.
Mon lama ne restera pas jusqu au bout et des le debut des benedictions finales vient me chercher pour m eviter de m ankyloser dans le froid et l inconfort du tout petit espace ou l on m a assise a meme le sol sur un sac en raphia.
Et je lui en suis gres!
J arrive a voler une petite heure de solitude en arguant que j ai attrape froid et que j aimerais m allonger un peu; j ai effectivement un mechant rhume mais c est surtout un moyen d echapper quelques instants a la presence protectrice et bien intentionnee de mon hote et a mes devoirs d invitee...et juste d avoir quelques moments d intimite pour me changer pour la premiere fois depuis Changdu! Quel bonheur de pouvoir regarder les drapeaux flotter sur la colline sans avoir a faire l effort d une convesation maladroite en chinois!
La soeur viendra me chercher pour m offrir a manger une heure plus tard, la soupe toujours et le petit pain a la vapeur... J insiste pour qu elle mange l epi de mais ramene ce matin de la vallee, et les pommes et poires que m a laisse mon amie Mu, et elle est visiblement enchantee de ce petit luxe dans son regime quotidien de the au beurre de yak, de farine de tsampa avalee par poignees a meme le sac de jute et de petits pains a la vapeur emiettes dans le potage clair ou trempent trois bouts de verdure. Absolument rien ne pousse ici. Le seul moyen de subsistance c est l elevage, le beurre de yak donc, et l orge qui se cultive un peu plus bas pres des rivieres. J aime beaucoup la soeur de K, ses manieres brusques et chaleureuses de bonne paysanne, sa facon de communiquer avec moi sans un mot en commun et ses eclats de rire quand on ne se comprend pas, son sourire malicieux quand elle comprend que je veux fumer et m indique une cachette dans une cabane en bas de la maison...eh oui je n avais pas realise car nous sommes au milieux des collines dans ce qui ressemble a un hameau, mais tout l espace ici appartient au monastere et donc on ne doit pas fumer. Et pas boire evidemment, meme si mon lama n est pas le seul a gouter au plaisir des comme l indiquent quelques cadavres de bieres abandonnes a l arriere des bungalows...
Visitant un monastere cistercien lors d un voyage en France, le Dalai Lama s etait exclame que la discipline et l austerite de la vie des moines chretiens pourrait bien inspirer leurs confres tibetains, et il est certain que le concept de monastere n est pas du tout semblable dans les communautes bouddhistes tibetaines a ce que l on voit chez nous. Le monstere est une communaute de vie de priere et d etudes, soumis certes a une certaine discipline mais qui laisse beaucoup plus de place aux entorses. De plus le moine est une entite independante qui doit etre soutenu financierement par sa fammille ou un sponsor; les moines ont des comptes epargnes, des telephones portables et quelques possessions en tout genre, le plus souvent maigres, mais qui peuvent parfois leur permettre de vivre une vie presque laique. Ils n appartiennet pas a un monastere mais rejoignent telle ou telle communaute pour des periodes plus ou moins definies au cour de leur vie.
Et la simplicite et le detachement preches par le bouddha ne sont pas toujours au rendez- vous, en particulier quand on grimpe les echelons de la hierarchie. Il semble inconcevable pour les tibetains que les grands lamas puissent vivre dans le meme inconfort que les simples moines, d ou les residences privees et petits luxes dont on jouit quand on prend du grade.
Le soir K m invite a faire un tour pour visiter le territoire du monastere. Nous passons devant de vastes moulins a prieres que font patienment tourner une centaine de paysans en psalmodiant des mantras...j espere que l on va s arreter, mais non le 4x4 continue la route jusqu a de vastes batiments neufs de l autre cote de la colline. K est tres fier de me montrer ces nouvelles constructions et m enjoint de prendre des photos...euh, oui si vous voulez!!! Puis nous revenons vers le hameau et a la grande tente qui s est videe des centaines de paysans pour s emplir de milliers de moineaux venus profiter de ce décor enchanteur...et l on dirait vraiment que tous les moineaux des collines se retrouvent pour celebrer la beaute de toutes ces fleurs, de toutes ces couleurs...De petites nonnes adorables sous leur cheveux rases de pres minaudent et timidement me demandent de les prendre en photo...sous la robe monacale ou pas, qu importe, la coquetterie feminine est un demon qui ne se laisse pas aisement terrasser!!! c est un moment joyeux que vient interrompre mon lama venu me rappeler a mes devoirs d invitee.
Il s agit maintenant d aller me faire benir par le grand grand lama....On me donne une echarpe blanche et l on m enjoint d y placer un billet de 100 yuans, dix euros, ce n est pas rien en Chine, et si j ai volontier laisse le matin meme 200 yuans au papa de Mu, le forcant a les accepter pour ajouter un peu de douceur a sa vie ou s offrir au besoin des medicaments, je n ai pas forcement envie de faire un don au grand grand lama dont je ne sais comment il sera mis a profit...ou plutot je crains savoir: la construction d un nouveau grand batiment ou l ammeublement raffine de son petit pavillon: tout le confort moderne et tout un tas de meubles exquis de bois finement sculptes...Bien sur une partie de l argent va toujours a l aide aux populations, mais c est un point qui m a toujours revolte dans les religions etablies , ce reniement des principes meme qui sont censes fonder la foi pour affirmer le pouvoir de ceux qui atteignent le sonmet de l organisation. Pour les Tibetains c est parfaitement normal, tout comme les catholiques songent sans plus de revolte aux richesses inouies du Vatican...Mais tout cela me chiffonne, et si je reste tres attachee a la philosophie bouddhiste, je n ai plus depuis longtemps de fascination pour ses formes materielles, ni de fidelite aux institutions. La foi est ailleurs, loin de ce petit salon cossu au confort incongru au milieu de ce plateau sauvage ou 99 % des gens vivent dans des conditions d une infinie rudesse.
Mais qu a cela ne tienne, je suis l invite et me conforme a mes devoirs, on me pousse brusquement dans la salle d audience pour arracher quelques secondes au grand grand lama avant qu il ne donne ses enseignements aux jeunes moinillons, on me pousse a m agenouiller (dans la panique je ne comprends pas un mot!!!), a donner mon echarpe et mon mon billet de 100, et le lama me benit d un coup d epee sur le crane. K s elance et lui demande le privilege de me donner un nom tibetain...Le petit homme pataud sur son grand trone prend un air inspire , marmonne en regardant le plafond et laisse tomber la sentence d un air las: tachi djoma, je serai tachi djoma, ou en chinois Tza Xi Dzo Ma. Les moinillons sont tout excites et s agitent en chuchotant, le grand grand lama m offrre son poster (pas dedicace...;) ) et l on m embarque hors de la salle d audience... K s exlame alors: tachi djoma, tachi djoma!!!...c est un bonheur incroyable! tu as une chance infinie!!! c est un nom formidable! euh oui? pourquoi?je ne saurai pas le fin mot de l histoire, mon chinois est bien trop rudimentaire pour entrer dans de telles subtilites...mais K note mon prenom dans mon carnet; j irai me renseigner dans un temple tibetain a Singapour...
Bienfait de la benediction ou des trois duvets que la soeur de K a place sur mon lit, je passe une excellente nuit au milieu des collines, sous les drapeaux qui flottent reveusement dans la nuit noire.
ZOU!! ZOU!!!!
Il est 6 h 30 et la soeur de K debarque en fanfare, allez zou, XI, Xi, XI!!! il faut se laver 9les mains, le visage et les dents..) avaler un the de yak et reprendre la route. Mes chauffeurs sont arrives la veille, ils sont venus chercher quelques kilos de beurre de yak depuis la ville de Xinducha (?) a 30 km de la, et vont m y amener pour que je trouve un minibus qui me descende a Kangding. Ils ont dormi dans la piece d a cote et ne sont guere plus reveilles que moi, leurs boucles noires en petard, et leurs habits froisses...Zou, zou, apres de brefs adieux sans maniere me revoila dans une voiture defoncee a traverser collines et vallees....
Les collines vertes et arides laissent tres vite place a un paysage plus riant, une vallee assez large autour d une riviere coulant dans une plaine plus large ou l orge pousse facilement ainsi que quelques legumes..La plaine se teinte d un blond dore et les arbres refont leur apparition. C est un paysage bucolique idyllique, avec ses petits champs et ses bosquets bordes de parois rocheuses recouvertes d immenses mantras tibetains, le tout moins saisissant que l ocean vert battu par le vent de Tagong, mais tout aussi enchanteur. La petite ville est la plus grande rencontree aux environs. Elle n est pas sur ma carte et je n ai aucune idee de la ou je me trouve...Meme ambiance de western qu a Bamei, memes jeunes tibetains jouant aux durs autour des taxis collectifs, et tractations a voix basse entre mon chauffeur, qui ne me demandera pas un sous pour la route, obligation envers le lama oblige, et un grand costaud moustachu qui se propose de me descendre a Kangding dans sa voiture, les minibus du matin etant deja tous partis.
Imbroglio sur les prix car je ne comprends pas ce qu il m explique, et son prix me semble trop eleve, mais au bout d un petit quart d heure d attente d autres passagers interresses nous finissons par nous mettre en route... dans la direction d ou je viens! Je ne comprends pas et crains l entourloupe, je reaffirme donc que je ne veux pas aller a Tagong d ou je viens mais a Kangding...Grand eclat de rire et explications patientes, pour aller a Kangding il faut repasser a Tagong!!! On m a juste depose dans cette petiite ville car c est de la que partent les taxis et qu il me serait plus facile d y trouver un siege qu a Tagong ou ils ne font que passer, souvent pleins. L imbroglio et mes mines effarouchees ont mis mon chauffeur d excellente humeur, et d un autre eclat de rire monumental il me demande si je suis sure de vouloir aller a Kangding, si je ne veux pas aller plutot a Ganzi... Ganzi a 6/7h de route plus aux nord sur la northern tibetan highway, perdu au fond de vallees encore plus hautes plus froides, plus fascinantes...Je lui dit que j aimerais bien mais qu helas je n ai pas le temps...l an prochain promis je reviens!! Il rit encore un bon coup, et clope en main continue sa naviguation appliquee entre les chiens qui trainent au milieu de la route et les culs de poules qui nous font faire des bonds a chaque virage. Et nous repassons donc par Tagong, a 1 km a peine du monastere que j ai quitte il y a deux heures. Je ne me plains pas de cet aller retour impromptu car la route est vraiment magnifique, mais quand, passe Tagong, mon chauffeur de nouveau plante ses grands yeux noirs dans les miens et de sa grosse voix me lance, alors Ganzi??? et sans attendre ma reponse eclate de nouveau de rire en appuyant sur le champignon, je commence vraiment a me demander si je ne suis pas malgre moi embarquee pour Ganzi!
Nous sommes sur le plateau, collines vertes a l infinies, bordees de cretes noires a l horizon et plus loin encore des sommets de 5 ou 6000 qui etincellent sous un brin de soleil inespere, j ai completement perdu le nord et nous ne semblons pas amorcer le moindre signe de descente! Ganzi! comme j aimerais monter la haut! la perspective de redescendre dans la vallee est un arrachement mais monter a Ganzi serait jouer avec le feu...En redescendant demain sur Tagong je ne peux pas esperer atteindre Chengdu avant le samedi soir, mon billet pour guangzhou (canton) est sense m attendre a la guesthouse, mais si les choses ont mal tourne, il me faudra trouver d urgence un bilet d avion...et avec ces glissements de terrain on ne sait jamais ou et combien de temps on peut etre bloque...non non non, ce n est pas raisonnable! Mais avec ses petites balgues mon chauffeur a reveille en moi la frustration de n avoir pas plus de temps pour explorer cette region des plateaux tibetains qui etait a l origine le but de mon voyage. projet abandonne apres les emeutes de Lhassa et la fermeture des regions ouest du Yunnan et du Sichuan, restrictions toutes symboliques desormais comme je m en suis rendu compte...
Oui j aurais pu faire ce periple des cette annee, du yunnan au sechuan en passant par tous ces cols a 4000, ces sommets monstrueux, ces plaines arrides...oui mais!...Du coup j ai fait un autre voyage, et il me faut accepter que celui-ci prenne fin, deja...Et profiter a fond de ces trois dernieres heures sur le grand plateau de Tagong, sur la route qui serpente sans fin entre les collines, les yaks et les chevaux, les rares maisons isolees et les tentes de nomades...3 heures d eblouisement total, et pas le temps de penser a tout ca, a la fin du voyage, au prochain, etc...
Le plateau s acheve sur un gigantesque chantier presque fini, le grand aeroport de Kangding construit par les autorites pour desenclaver la region et faciliter les echanges avec le Tibet. Chantier enorme et incongru dans ce monde de pastures, de yaks et de nomades, et etroitement surveille par la police. L aeroport ouvrira l an prochain certainement, et je songe soudain que le petit monde que je viens de decouvrir risque d etre violemment secoue...Les groupes de touristeschinois vont debarquer pour un week-end aventure dans les steppes, le village de Tagong a peine habitue au passage des backpackers va se gonfler d infrastructures touristiques , de cubes de betons aggrementes de teles-lecteurs dvd-gaz et bains moussants a tous les etages... Ca semble totalement irreel mais c est pour demain...Certes il restera toujours un village plus recule, il restera Ganzi, il restera Litang...mais Tagong a sa propre splendeur, et, si les collines ne souffriront pas trop, les grands eclats de rire et la gentillesse bourrue de tous ceux qui m ont aide a faire la route depuis Danba risquent bien de n etre bientot plus qu un souvenir.
Alors encore une fois vite vite vite.
Cette fois c est fini, trois quart d heures de route en lacet et nous redescendons a 2600, dans la vallee. Terminus: la gare routiere de Kangding, un batiment si decrepi qu on le croirait desaffecte, avec ses vitres cassees, la poussiere qui tombent des plafonds devores par l humidite et ces rebuts de meubles qui trainent dans tous les coins du hall d attente.
En devorant mes petits legumes sautes en face de la gare, premier repas digne de ce nom, et meme oserai-je dire, mangeable, depuis dimanche, je me dis pour retrouver le moral que je reviens l an prochain, coute que coute, et que ce merveilleux avant-gout de ce qui m attend la haut est un merveilleux cadeau... J ai traverse toute la chine pour parvenir a ces hauts plateaux et le voyage a ete magique. L an prochain je reprendrai ma route la ou elle s est arretee, et quand mon chauffeur bourru me lancera un tonitruant GANZI!? je repondrai ZOU BA! allez, on y va!
Un an pour songer au prochain voyage, un an avec dans le coeur un reve ravive par ces moments passes la haut sur le grand plateau...un an d attente patiente et amoureuse, n est ce pas finalement le beau des cadeaux, quand si souvent nos vies semblent se perdre et se diluer dans un quotidien brumeux, dans l indifference, sans etoile du nord pour guider nos pas, sans passion , sans plus le moindre reve d enfant a realiser?
Ma petite etoile me fait signe la haut sur la montagne, et bientot, tres bientot, j irai la rejoindre.
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Publié à 04:00, le 25/08/2008, Tagong Mots clefs :
vendredi 15-dimanche 17: jours tranquilles a chengdu
Et me voila de retour a Chengdu dans ma guesthouse chaleureuse, au milieu des autres backpackers... le retour a ete un sacre choc...a la premiere ville chinoise traversee sur la route je prends en pleine face la foule qui se presse, les echoppes ou s entassennt tant de marchandises, les klaxons, les voitures, les velos, le grand chaos de rue et de la multitude.
Chengdu est plus violent encore avec ses banlieues infinies couvertes de nouveaux condos puis son centre ville plein de neons. Dire que le matin meme j etais dans les collines desertes a 3800m...et me voila dans une megalopole surpeuplee au coeur d une morne plaine.
Mais evidemment le chauffeur de taxi est adorable et je me dis que mieux vaut debarquer d un tel voyage a Chengdu qu a Shanghai!
Le reveil est neanmoins difficile car j ai le mal des montagnes a l envers! C est de retour a quelques miserables 500m d altitude que je me retrouve accablee de terribles maux de tete facon gueule de bois, alors qu a 3800 je me portais comme un charme!
Ce n est pas une raison pour trainer a la guesthouse et apres avoir retrouve les plaisirs d un bon cafe matinal en lisant mes emails, je repars nonchalemment a l assaut de la ville. La premiere etape est une blague: le Vieux Chengdu. Le vieux Chengdu n existe plus depuis des lustres mais un petit quartier a ete preserve des bulldozers et comment dire, remasterise! On a repeint, redecore, rehabilite et reconstruit un petit quartier de deux trois rues dans le style traditionnel local, entres colombages et fioritures de bois sombre sculpte sous des toits en pagodes cambrees...oh oui c est tres tres joli, mais c est dysneyland! Des restaux et des boutiques a touristes, des barbes a papa et des attractions de foire...tout sent le vernis frais et le divertissement a la mickey. Heureusement dans les petits stands de snacks je deniche une specialite locale qui m avait echappe, de petits legumes croquants roules dans des crepes ou de fines tranches de tofu, le tout genereusement arrose de sauce tres epicee a la sechouanaise et de cacahouettes grillees... Un petit delice qui me fait presque oublier l ambiance si artificilelle de l endroit.
Deux temples joliment restaures delimitemt le quartier, Wenshu. le plus connu est surpeuple et decevant car c est plus une attraction touristique qu autre chose, meme si ses jardins sont d un calme surprenant, avec ces petits pavillons dans les bambous ou les petits vieux viennent passer l apres-midi a bavarder en bravant l assaut des moustiques. Le second est un petit bonheur. Oublie des circuits touristiques, c est d abord un lieu de priere et de veneration, et un lieu de vie. Toutes les vieilles dames du quartier s y donnent rendez-vous, pour un dejeuner vegetarien offert et servi par les petites nonnes adorables dans leurs robes ocres et qui se pretent avec une gentillesse non feinte aux bavardages de rigueur avec les habituees.
Sur ma lancee je decide d aller jeter un oeil a un autre temple, a l autre bout de ville. Mais apres 1 heure de compression dans le bus qui avance a peine dans les embouteillage, je decouvre que le petit temple est en fait tout un ensemble de pavillons perdus dans un immense parc. Le coeur et les jambes me manquent pour une telle exploration, alors je me rabats sur le quartier tibetain juste en face...Bonne pioche, c est une ballade amusante le long de rues bordees d arbres et remplies de boutiques vendant tout un bric a brac tibetain... Des moulains a prieres- du plus petit a l enorme cylindre colore et recouvert de mantras- des pierres vendus en vrac, des thankas , des colliers de cuir et de talismans, des robes de moines et des lourds manteaux de fourrure...et meme les trones que l ont retrouvent dans tous les monasteres pour donner un peu de hauteur aux grands lamas...le tout dans une ambiance sereine...un peu trop sereine , un peu trop calme pour la Chine peut-etre et quelque chose me chiffonne. Un petit quelquechose inhabituel... Les voitures de police evidemment, qui circulent a un rythme tout a fait inhabituel, et meme a ce carrefour des voitures de l armee et tout un bataillon de soldats devisant avec un groupe de flics. Parano olympique ou signe que tout est loin d etre pacifie , en tout cas cette surveillance peu discrete casse un peu l ambiance...
Une visite au magasin de disques et de dvd me redonne la peche, et aidee par les vendeuses adorables qui se mettent en quatre pour comprendre ce que je veux, je fais mon shopping...Comment expliquer que je veux une compile des derniers tubes electro-tibetains, sans dicco, sans connaitre evidemment ni le mot compile, ni disque, ni chanteurs, ni a la mode...ni rien d autre que musique et chanson??? eh bien on y arrive! et je repars toute guillerette avec sous le bras deux ou trois compiles pour ramener a singapour un peu de l ambiance de mon voyage... Cote chinois, ces ballades pop doucereuses et leur arrangement a l lorgue bontempi qui passent partout me suffoquent, et pour rien au monde je n acheterais une conmpli de ces chanteurs geignards qui semblent repeter a l infini de lamentables wo ai ni (je t aime...zut je croyais qu il y avait plus de 30 000 caracteres, mais pour faire un karaoke chinois en fait ces 3 caracteres font largement l affaire!!!)
Cote tibetain, je me regale de ces rythmes energiques qui mettent de bonne humeur et donnent envie de sauter a cheval pour une longue ballade a travers les steppes, meme si c est tout aussi commercial.
Curieuse, je repars aussi avec des dvd touristiques chinois sur le Tibet. J ai failli prendre aussi donc le resume hilarant laissait entrevoir un documentaire passionnant prouvant que le Tibet a toujours ete sous gouvernance chinoise, que la Chine a en 59 libere des millions de serfs d un esclavage millenaire et que dans son immense bonte, en investissant si massivement dans ces contrees perdues, la Chine a permi a tous les tibetains l acces a une vie confortable et moderne. Amen.
C en est assez pour la journee, je compte faire une excursion le lendemain a Leshan voir le fameux bouddha et prefere me reposer un peu.
Excursion desastreuse, ma vraie premiere excursion touristique a la journee depuis mon arrivee en Chine. Non je ne vais pas jusqu a booker un tour organise et me debrouille toute seule, mais des la gare routiere je comprends mon erreur. C est une gare 100% touristique et en ce samedi je suis submergee par une foule de petites familles, sac au dos, en partance pour les nombreuses attractions autour de Chengdu...Aaargh! Ca commence bien!
Apres deux heures d autoroute monotone dans le bus le blus moderne, immacule et climatise rencontre jusqu ici en chine, on nous depose au milieu de nulle part et je me bagarre avec des taxis qui me prennent pour une Rotshild et me demandent 10 fois le tarif normal en se foutant ouvertement de ma gueule. Je finis par denicher un bus, je descends au mauvais endroit, et c est un papy adorable sur son trickshaw qui vole a mon secours pour 10 yuans...il doit se sentir coupable de me demander le double du tarif car il me donne milles informations, un plan et viens meme m aider a acheter mon billet...Pour ma part je lui donne volontier, c est la premiere journee ensoleillee de mon sejour dans la region et je plains mon papy qui pedale comme un fou dans le cagnard pour grimper la colline. J ai horreur des rickshaws a velo, je ne supporte pas d etre ainsi par un autre etre humain...mais vu qu il n y a pas le choix...je paye en yuans ma culpabilite.
Le grand buddha de Leshan est une statue de 71m de haut, sculpte a meme une falaise tombant a pic sur une riviere.Tout un complexe a ete amenage derriere avec des temples et des petits musees plus ou moins convaincants apparemment, et dans cette fournaise je ne suis pas enchantee a la perspective de passer des heures dans la foule a arpenter le site, et faire la queue trois heures pour descendre le long de la falaise a cote du Buddha puis rejoindre la mini plate forme surpeuplee a ses pieds... Donc j opte pour la ballade en bateau en esperant plus de tranquilite et un peu plus de recul face au monument.
Peine perdue, le bateau est plein a craquer de barbares hurlants et le bateau vient se caler pile sous la plateforme ou nous restons un quart d heure histoire d avoir le temps de bien faire nos photos.J ai oublie le mien et c est tant mieux car sans recul c est ridicule. Franchement dans ce capharnaum touristique le buddha n apparait pas specialement impressionnant cerne par les touristes qui descendent l escalier a sa gauche et par les bateaux et vedettes qui amenent leurs contingents de photographes amateurs.
J essaye d imaginer combien le site devait etre fascinant et saisissant quand, il y a quelques siecles, les bateaux au detour d un coude de la riviere tombaient sur cette majestueuse statue...
De cette magie il ne reste absolument rien, je n ai plus qu a rentrer a Chengdu.
Je ne placais pas specialement d espoirs dans cette excursion, decidee sur un coup de tete, surtout pour passer une journee pas trop fatiguante sans pour autant rester a la guesthouse. J aurais mieux fait d accepter ma fatigue, mon trop plein et mon besoin de repos. Des qu on est fatigue la Chine peut devenir insupportable, avec tout ce bruit, ces bousculades, cette agitation permanente, et il faut etre zen pour se rendre dans ces lieux hyper touristiques.
Zen et vigilent, tout ce que je n ai pas la force d etre, je suis trop crevee pour me battre avec un taxi pour rejoindre la gare routiere et prendre un vrai bus pour Chengdu, alors je me laisse embarquer par un rabateur qui me promet un car tout de suite, ici meme devant le site...Je me mefie mais d autres chinois se laisssent embarquer et je capitule. Evidemment les chinois voyagent rarement, n ont aucune experience des arnaques touristiques et je n aurais jamais du les suivre aveuglement.
Mon instinct etait plus perspicace, et ce bus est une arnaque: Oui, oui! il part maintenant...oui oui maintenant...trois quart d heures apres il s ebranle..et mettra une heure chrono a parcourir le petit kilometre qui longe les differents parkings du site, tentant de rameuter plus de passagers. Quant a la destination promise a Chengdu, la gare du sud, c est une plaisanterie et nous serons largues a deux bon kilometres de la sans le moindre menagements.
Je comprends mieux d un coup les mesaventurees des travellers racontant comment ils se font systematiquement larguer sur des echangeurs d autoroutes au milieu de nulle part: trop timides pour affronter le vrai vendeur de ticket de la gare routiere et ses airs rogues ils suivent le premier rabatteur qui leur promet un bus pour leur destination et se retrouvent dans la panade a l arrivee....
Seul bonheur de la journee, mes deux chauffeurs de taxis bavards et rigolards avec qui je traverserai les quartiers les plus sympas de Chengdu a l aller et au retour. A force de trainer dans la ville je decouvre que les quartiers residentiels sympas sont encore legion, ces petits quartiers bas de hlm ou regne encore une vraie vie de quartier, loin des avenues trop larges et des cubes de beton du centre.
La guesthouse est justement au coeur d un ces vates quartiers et ce soir pour me remettre de ma penible excursion je vais manger avec Anne, autre voyageuse en solo, un hot-pot dans un petit restau sans pretention niche au coeur du quartier. L accueil est formidable et Anne a ce culot qui me manque encore dans les restos de demander tout simplement a aller en cuisine regarder et pointer du doigt ce qu elle veut manger...sans un mot de chinoisevidemment...Bon, mes services de traductrice debutante ne sont pas forcement de trop non plus, et en moins de deux on nous sort une table supplementaire en terrasse et on nous emmene en cuisine pour une séance rigolarde de prise de commande. Champignons, racines de lotus, nouilles locales, poisson et ce que nous prenons pour du foie et qui en fait est du sang fige (!)...tous les ingredients sont amenes crus sur notre table ou l on a dresse un grand wok separe en deux parties. Deux bouillonsy mijotent, le hot et le soft...A nous de jouer et de tremper nos ingredients dans le wok en tentant de ne pas les perdre de vue dans le magma du bouillon ce qui ne manque pas d arriver et donne lieu a de vastes operations de recherches rigolardes dans les trefonds du wok, au milieu des chous, carottes, concombres, piments jujubes et autres ingredients qui lui donnent sa saveur. Je pense que nos hotes nous ont fait l honneur d un special laowai, car c est tres epice certes, mais parfaitement supportable, quand tous les guides promettent que le hotpot est un plat diabolique a faire cracher du feu a tous les imprudents qui s y frottent.
Plus qu un plat, le hotpot est un ceremonial sans chi-chis et l occasion de passer un long moment entre amis , et c est une belle soiree que je passe en la compagnie d Anne.
Anne part demain pour Danba et Tagong, elle veut partir randonner seule sur le grand plateau. Ancienne ingenieure de 40 ans, elle a quitte son travail a 33 ans et vit depuis d expedients, faisant quelques missions humanitaires aux quatre coins du monde et voyageant enormement quand elle ne rentre pas chez son ami en Angleterre ou elle s adonne a sa passion pour la cuisine et se recree tout un terroir, apprennant a faire son propre rebochon ou faire pousser des champignons...C est une ame libre comme on en croise parfois sur la route et je lui serai toujours gre de m avoir initiee a la technique culottee du .
Partout autour de nous regne cette meme ambiance amicale. En cette chaude soiree, apres la premiere journee ensoleillee et caniculaire depuis des jours, la rue est bondee de chinois savourant en terrase leur hot pot, restant des heures a tremper paresseusment leurs ingredients en buvant biere sur biere. C est un quartier populaire et ce hotpot, que l on paie tres cher desormais dans les restaus chics, bobos ou touristiques du Sechuan, ne nous coute presque rien et nous offre l occasion de savourer l ambiance incroyablement chaleureuse et detendue de ces petites rues ou l on traine entre amis jusqu au milieu de la nuit.
Decidemment je suis en train de tomber en amour avec Chengdu, comme tant d autres, et faisant avec Anne un bref bilan de mon voyage qui s acheve je realise combien j ai plus generalement aime cette rencontre avec la Chine.
Comme beaucoup je suis arrivee a Singapour, ce grand carrefour de l Asie, tres attiree par le continent mais ne sachant pas vraiment quelle culture, quel pays me captiverait. Apprendre le chinois semblait naturel vu l environnement, mais je ne savais presque rien de la Chine et n avais jamais eu specialement envie d y voyager. Ce n est pas original, mais c est le Japon, son raffinement, son etrangete et son sens de l esthetique inegalable qui me fascinait. Certains amis avaient d ailleurs tres vite renonce au mandarin pour se tourner vers le japonais qui les attiraient nettement plus.
Apres ces quelques semaines en Chine je sais que je ne me suis pas trompee de chemin, en regardant les quatres comperes rigolards qui a la table d a cote ont enleve leurs T-shirts pour raffraichir leur bedaines echauffeees par le hot pot, je me dis que c est ce cote chaleureux et sans maniere des chinois qui les rend si attachants, et que meme si je reve d aller faire un tour au japon, l arridite de la culture de l archipel me fatigueraient certainement tres vite. J aime l exhuberance chinoise, la rudesse et la bonhomie, la multitude, le bruit et le chaos...et cette gentillesse incroyable qu on rencontre tous les jours sur la route et que l on associe pas a priori avec la Chine...Rout lemonde est surpris quand on raconte combien les chinois sont gentils et genereux, mais sous le masque de plomb du maoisme, meme si les degats ont ete incommensurables, tout n est pas mort en Chine et c est une Chine conviviale et chaleureuse qui renait depuis 20 ans.
Je suis heureuse d avoir passe tant d heures a m escrimer sur cette langue si bizarre a nos oreilles occidentales, a m esquinter les yeux sur ces caracteres impossibles, et je repars en sachant exactement quel chinois je veux parler: un chinois grammaticalemment bancal pour commencer, tant pis pour les subtilites, je veux juste qu on me comprenne et comprendre, et donc je vais mettre a profit cette annee pour enrichir mon vocabulaire et revenir parree pour des conversations moins maladroites, moins etriquees par l etroitesse de mon champ lexical...
Je repars egalement tres enervee contre les medias occidentaux qui ne donnent de la Chine qu une vision sombre, menacante et deprimante. Oui la Chine est un vaste et horrible chantier ou chaque jour on enterre sa culture au buldozer, oui l exploitation de la main d oeuvre pauvre des campagnes est parfaitement immonde, oui une grande partie de la population vit encore dans une grande pauvrete, et oui les villes sont souvent asphyxiees de brouillards polluants, oui la liberte d expression n est pas la valeur fondatrice de la chine... Mais des efforts enormes sont fait en matiere d environnement, l immense chaos de ce territoire infini est plutot bien maitrise, la propagande n atteint jamais les paroxysmes asphyxiant des annees maos et la plupart des chinois y sont indifferents se contentant de vivre leur petite vie tranquillement. La censure se relache, on accede aisement en ce moment a tous les sites de medias francais, memes les articles sur le Tibet ou le Dalai-Lama et l on ne m a jamais demande mon passeport pour me connecter...
Et si la pauvrete est evidente dans les campagnes et chez les migrants, ca n atteint jamais le niveau de misere absolue dans lequel stagne une part si importante de la populatioin indienne. La Chine est beaucoup plus developpee que l Inde et les conditions de vie y sont incomparables.
Et surtout on parle si peu de ce qui fait de la Chine un pays si fantastique! Un territoire d une imposssible diversite abritant des merveilles naturelles inouies, et ce dynamisme que l on ressent partout, cette population tout a sa joie de revivre et d avoir enfin un espoir pour ses enfants. On a beau passer les villes au buldozer et tenter d ecraser la culture chinoise sous des masses de beton, les chinois n ont pas dit leur dernier mot et je ne crois pas que la chaleur humaine disparaitra de si tot. Et quand bien meme certaines villes deviennent tristes et froides, c est grand la Chine. Il restera toujours des milliers de petites villes paumees, de villages tranquilles echappant aux radars touristiques.
Il ne faut pas se laisser berner par la propagande de la peur; certes tout n est pas rose en Chine, on y trouve autant de salauds qu ailleurs et un terrain politico-economique qui leur permet de prosperer, autant d horreurs et de stupidites que n importe ou, et un gouvernement pas tres subtil, et c est une litote. Mais la Chine ce sont aussi et tout simplement des millions de Chinois, c est a dire des gens comme vous et moi, qui veulent juste vivre tranquilles et avoir droit a leur juste part de prosperite.
Oui , il va nous falloir partager la planete avec ce grand monstre et le defi peut sembler desesperant. Mais apres avoir passer quelques semaines dans le pays c est fou comme le sentiment de menace disparait pour faire place a l envie de relever le defi, pour eux tout simplement, tous ces gens qui en chemin m ont souri, aidee, accueillie.
Et voila! Dernier jour a Chengdu, mon train part ce soir a 22h, une nuit, un jour et encore une nuit dans ma couchette et je serai a Canton, pour une ma journee d adieu a la Chine, ou plutot , simplement pour prendre le temps de dire au revoir, et a bientot!
Tzai jian! Ming nian jian...on se retrouve l an prochain!
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Publié à 02:02, le 25/08/2008, Chengdu Mots clefs :
Epilogue
36 heures de train, une journee pour me ballader dans Canton et dire au revoir a la Chine, tout etait simple et cale.
Mais voila, on ne voyage pas impunement en Chine et les Chinese Railways me reservaient une derniere surprise pour pimenter mon retour.
Apres avoir pris conge de ma guesthouse et de son adorable patron singapourien, je me retrouve vers 21h30 a la gare, plantee devant le panneau d affichage, et avant meme de dechiffrer les caracteres chinois je sens venir les ennuis.
Mon train est affiche en orange.
Tous les autres en rouge.
Et son heure de depart n est pas pas 22h30…mais 5h30! Eberluee je me tourne vers mon voisin en lui montrant mon ticket:
- Qing wen! Dites moi jeune homme, mon train, la, il y a un probleme?
-Ah , le K191? Oui il est retard.
-Il part bien demain MATIN, du coup?
-Oui, c’est ca.
-Mais c’est trop tard! C’est trop tard!
-C’est trop tard, oui. Mei banfa. On n’y peut rien.
Mei banfa.
On n ‘y peut rien alors je saute dans un taxi et rentre a la guesthouse recuperer ma chambre en faisant de rapides calculs dans ma tete… Le train a 7 h de retard, donc je devrais arriver a Canton a 12h 30, j’ai largement le temps. Mais je me doute que le train ne sera pas la a 5h30, et nous allons traverser toute la Chine… et croiser des dizaines d express, et nous serons le mouton noir, non-proramme, donc il faudra a chaque fois nous arreter pour laisser passer meme les trains de marchandises… Il me faut etre au plus tard a 17h a Canton…5 h de marge seulement et toute la Chine a traverser: je ne suis pas optimiste.
Evidemment j ai une assurance voyage et si je rate mon vol je peux theoriquement me faire rembourser. Theoriquement. Car vous avez essaye d’obtenir en chinois a la gare de canton une attestation officielle comme quoi votre train est arrive avec 12h de retard?
Mais apres un mois de voyage en Chine, plus rien ne m’etonne, plus rien ne me fait stresser…Je croyais que 12h de marge c’etait assez, ca ne l’est peut etre pas…eh bien qu’a cela ne tienne, je prendrai un autre avion et puis voila..ca ne va pas m’empecher de dormir!
Mei banfa.
A 4h30 je quitte de nouveau ma gesthouse, pour de bon cette fois j’espere, et a la reception on me tend un petit sac plein de gateaux et de brioches; c’est le proprio qui m a vu revenir vers 22h et s’est renseigne. Il m’offre ce petit panier de douceur pour me consoler de mes tracas!!!
La salle d attente est une cour des miracles, tout le monde a passe la nuit la, allonge sur des journaux a meme le sol ou ecroule sur ses ballots. La foule de ceux qui n ont pas de sieges reserves dans le train commence a se masser aupres des grilles en attendant l annonce de l arrivee de l express. L’annonce du premier retard de 20 min est accueillie dans un concert de soupirs las. Remue-menage de nouveau un quart d heure lus tard, et la, l’annonce du nouvea retard passe deja moins bien…Au troisieme retard annonce, la colere gronde soudain, des cris, des trepigements, on secoue les grilles et laisse enfin sortir la colere retenue jusque la, face a l indifference absolue des employes qui trainent des pieds de l autre cote de la grille. Les chinois sont plutot calmes en general, mais quand ca exlose, ca rigole pas, et je me dis que les grilles ont interet a etre solides sinon les pauvres employes finiront en charpie!
Quand le train enfin arrive a quai c’est une melee inouie de corps, de ballots et de valises a roulettes, mais dans une ambiance de fete…
Alleluiah, le train est arrive!
Ce n est que le lendemain vers midi que je me deciderai a aller me renseigner sur l heure d arrivee a Canton, histoire de ne pas nourrir de faux espoirs. Malgre nos arrets multiples en rase campagne, nous arrivons a Canon a 15h. Plus le temps de dire au revoir a la Chine, je grimpe dans le bus pour l aeroport et passe mes dernieres heures en Chine dans ce pseudo-shopping centers d’une redoutable modernite a regarder les JO et m’etonner de l’insularite extreme de cet enorme aeroport international ou l’on ne trouve pas le moindre livre en anglais, ni meme le mindre journal et ou seules quelques glaces servies par un minuscule Mac café et un pauvre hamburger perdu au milieu des soupes de nouilles du fast-food local offrent au voyageur occidental l’opportunite d echapper a la sinitude ambiante. Je songe qu en France le moindre bureau de tabac dans la moindre gare de 10 eme categorie a son assortiment de presse etrangere, et je me dis que decidemment la Chine n est pas encore ausi ouverte qu on l imagine a la mondialisation.
Encore un petit detail inattendu, encore ces petits riens qui surprennent; la Chine toujours la ou on ne l attend pas.
Mercredi 20 Aout.
Singapour, enfin Singapour, le troisieme jour vers midi apres une nuit en transit a l aeroport low-cost de Kuala Lumpur, affalee entre mon sac a dos et un mechant siege plastique, sous la clim siberienne, a la sortie du hall d’arrivee, seul lieu ou je peux passer la nuit en zone protegee, sous le regard des vigiles.
Experience interressante pour qui s’est jamais demande ce que ca fait d’etre SDF et de dormir dans la rue.
Singapour, qui des l approche et la descente vers l aeroport m apparait comme un jouet, une mini-maquette bien ordonee avec ses zones residentielles, au carre, et ses zones de parcs et de jungle, au carre, et ses zones industrielles, au carre…
Singapour qui soudain me semble si petit, minuscule semblant de capitale avec ses avenues pas si larges, ses immeubles pas si hauts, et tout cet espace, tout ce vide.. ou sont les gens? Meme les fameux arbres tropicaux qui ont toujours fait mon bonheur ici, ne me semblent plus geants du tout…presque petits eux aussi. Apres avoir traverse ces immenses forets et montagnes chinoises, difficile s’extasier sur quelques arbres, aussi beaux soit-t-ils, meme si Singapour evidemment, apparait immediatement eminement plus agreable a vivre que toutes les villes chinoises reunies.
Singapour et ses affables Singapouriens qui se precipitent pour vous aider avec le sourire des que vous semblez chercher un renseignement ou une rue.
Singapour qui soudain me semble si peu chinois…tant d’occidentaux dans les rues, tant de malais et d’indiens!!! Non, decidemment, pas grand chose a voir avec la Chine!
Le chauffeur de taxi met bien 90 secondes a engager la conversation, et je me demande si je suis bien a Singapour! Mais ca vient , et bien vite je ne peux plus l arreter…
- La Chine! Hum. Chinese from China no good. From Taiwan, ok can,from Hongkong, ok can. From China, no good. Cannot lah. 
Le communisme a detruit la culture millenaire chinoise, et maitenant les chinois sont devenus des gens tres mauvais, tres tres mauvais. Ils ne pensent qu a l argent, ils sont sournois et on ne peut pas leur faire confiance. Ce ne sont jamais vos amis et ils detruisent tout. Ils detruisent toute la nature en Chine. Ils detruisent tout. No good.
Je pense en silence au spectacle effrayant entrappercu depuis l avion entre KL et Singapour, ces plantations affreuses de palmiers a l infini, des milliers d hectares de foret detruits, avales non-stop par les bulldozers pour faire place a la poule aux oeufs d or, le fameux palmier dont l huile s arrache a prix dor pour en faire des agro-carburants.
Et je me dis que pendant que tout le monde s’excite a accuser la Chine de tous les maux, ses petits voisins sud asiatiques font ce qu ils veulent en douce, loin des regards bien-pensants de l’Occident, abrites a l ombre du geant.
La Chine a bon dos.
- Les chinois, reprend mon chauffeur, ont tout perdu avec le communisme; ils n ont plus de sens moral, tout simplement. Moi je suis bouddhiste, attention, pas bouddhiste du Bouddhisme, mais bouddhiste du Bouddha. Je suis les enseignements du Bouddha, pas les moines. Les moines ca ne sert a rien qu a vous piquer votre argent pour soit-disant prier pour vous. Conneries tout ca, les religions c est de l arnaque, comme si le bouddha la haut il avait que ca a faire qu ecouter vos plaintes et vos prieres!!! Comme s’il fallait payer pour recevoir sa bonte!!! La bonne blague. Moi je suis les enseignements du Bouddha; je ne fais pas de mal aux autres et j accepte mon karma, c est tout. C est mon maitre qui m a guide sur la voie. Je suis les enseignements du Falun Gong.
Sa haine de la Chine prend evidemment une autre dimension…la secte du Falun Gong est pourchassee en Chine depuis plus de 10 ans par le regime communiste qui voit d un oeil mauvais l influene grandissante de ce mouvement sur une population effectivement en manque de reperes moraux ou spirituels.
Je ne peux pas en placer une, mais j ecoute avec plaisir mon chaufeur s exprimer et m offrir sa vision du monde, de la Chine et de la spiritualite. Ca fait plaisir d avoir enfin une longue conversation avec un chauffeur de taxi, sans etre empetree dans mon pauvre mandarin…
En fait je decouvrirai vite que Singour a ete saisi par la fievre olympique en mon absence, la fievre jaune, et que les vituperations anti chinois-de-chine ont brutalement laisse place a une grande fierete ethnique chez les sigaouriens chinois, comme si d un coup la Chine etait devenu le grand frere dont on peut etre fier, et non plus un ramassis de paysans arrieres et sans maniere, les pauvres cousins du bled.
Ces Jo auront peut-etre plus d influence sur l Asie en general que sur la Chine elle-meme, et pour la premiere fois de nouveau depuis 1905 l homme blanc, represente symboliquement par les USA , de nouveau est defait, sur le terrain non pas militaire mais des medailles, et ce n est pas rien.
Je retrouve un appartement qui m est devenu etranger en quelques semaines d  absence, et sous mes fenetres un tout nouveau paysage me ramene d un coup a Shanghai: les vieux immeubles bas en face de chez moi on ete rases pendant mon voyage, et ce n est plus qu un champ de gravats sur lequel s elevera bientot un enieme condo.
Je me refugie bien vite a la bibliotheque, ou je choisis quelques livres de recits de voyages en Chine pour poursuivre la route depuis ma petite ile.
Bingo! Le premier que j attaque, China Road, de Rob Gifford, m aggrippe des les premieres pages. C est le livre le plus intelligent et perspicace que je lis sur la Chine depuis longtemps. Il n est helas pas traduit en francais (mais que font les editeurs!!! ???), mais si vous maitrisez a peu pres l anglais, faites vous plaisir et embarquez avec lui sur la route 312 qui raverse toute la Chine de shanghai a Urumqi.
L auteur vit depuis 20 ans en Chine ou il est devenu journaliste et connait parfaitement son sujet, mais il n ecrit pas seulement avec son cerveau; il nous livre d’abord ses emotions brutes, ses coups de coeur et de desespoir, dans ce pays qui vous balotte sans cesse entre les uns et les autres.
“How foreigners see China often has as much to do with their own character and their own prejudices as it has to do with the reality on the ground” ecrit-il ”For every fact that is true about China, the opposite is almost always true as well, somewhere in the country.”
C est pour cela qu il est si dificile d ecrire sur la Chine.
Ce que j ai vu tout au long de mon voyage, c est la relative prosperite qui gagne doucement du terain sur la misere, meme dans les campagnes, ce sont les infrastructures etonnantes, les nouvelles routes sans cesse construites, la liberte nouvelle dont jouissent les chinois de vivre leur vie a peu pres comme ils l entendent, sans que l etat vienne sans cesse fourrer son nez dans leurs affaires, en tout cas beaucoup beacoup moins qu avant. Tant que vous ne cherchez pas critiquer ouvertement le parti, on vous laisse en paix, et il n’y a plus de chef d unite de travail pour vous dire comment vivre votre vie.
Et j ai vu un teritoire si vaste qu il defie tout espoir d etre organise et ordonne, et qui pourtant vaille que vaille fonctionne, tres loin du chaos indien.
C est ce qui m a frappe tant j avais lu de reportages sur la misere noire des campagnes et leur enclavement, les persecutions diverses contre les opposants et les groupes religieux menacants, l omnipresence du Parti et la corruption monstrueuse des officiers locaux qui est certainement la plus vaste menace qui pese aujourd hui sur la Chine, son plus redoutable ennemi.
Ces deux visions de la Chine sont parfaitement justes, reelles et concommitentes, simplement on a plus tendance a nous servir dans les medias la Chine a la sauce noire et menacante, parce que bien sur, la peur fait vendre le papier!
Je vous invite vraiment a continuer le voyage avec Rob Gifford, qui vous en racontera bien plus que moi sur ce pays et tous ceux qu il croise sur la route 312, et si vous voulez vous poser quelquepart en chemin, et paresser autour d un hotpot dans une petite ville du Sechuan , suivez les aventures de Peter Hessler au bord du Yangtse au cours des deux annees passes la bas au debut des annees 90, et qu il raconte si bien dans son livre “River Town” (Re: que font les editeurs francais!!!???). Le temps a passe, la Chine s est developpee, enrichie et complexifiee depuis… mais la gentillesse, l hospitalite et l energie optimiste de ses hotes n ont pas pris une ride.
Voila, je vous laisse poursuivre le voyage en leur compagnie, en esperant que certains parmi vous iront un jour voir par eux meme, et decouvrir quelle est leur Chine…
Merci de m avoir suivie tout au long du chemin, grace a vous je n ai jamais vraiment ete seule, pas meme dans mon minibus au milieu des Dongs en descendant des terrasses de rizieres; vous etiez la, tout pres, a mes cotes.
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Publié à 04:03, le 24/08/2008, Singapour Mots clefs :
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Un recit plus litteraire qu'image de mon periple a travers la Chine en 2008...une vision personnelle de ce pays fantastique, des magnifiques rencontres faites sur la route, et quelques reflexions sur le voyage...Reste a corriger orthographe et fautes de frappes...patience!
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